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Le philosophe nouvelliste / traduit de l'anglois de Mr. Steele, par A.D.L.C. suivant l'edition d'Amsterdam de 1735
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NOUVELLISTE. Art. XXXII. 257

sonnes qui ont méprisé mes Avis , & cela d’au-tant plus cju’il s’agit de deux Dames, Après toutàst leur faute. Voici une Lettre que j’écrivísVendiredi dernier à une Dame très-bien faite.

a , Madame,

,, Je fuis très-perfuadé qu'il n’y a rien de plus,, délicat que la Réputation du Beau - Sexe , &„ que la moindre tache ne s J en efface presque„ jamais. Vous ne sauriez donc douter que je„ n’aye beaucoup de déplaisir d’entendre dire ,„ par tout où je vais que vous ne montrez vos,, Cheveux que dans le dessein de paroitre belle,„ & que vous ne negligez de les poudrer que„ pour chagriner vos semblables. J’avouë que„ tout cela vous sied à merveille; mais je vous,, prie de considérer ce qu’il en coûte à Leomr,, pour vous imiter. Elle qui a déja la Tète,, toute grise , il lui faut payer bien cher une,, Chevelure blonde comme la vôtre, fans parler,, des frais qu’elle doit faire pour engager fa Fille„ de Chambre au secret. Permettez moi de vous,, avertir aussi que votre régné n’a plus que qua-„ tres mois, & quelques jours à durer. Je vous prie,, donc de friser un peu vos Cheveux. II est in-„ fultant d’ètre si belle fans Art, & vous devriez,, faire par compassion pour vos Voisines , ce„ qu’il faudra bien-tòt que vous fassiez par né-„ cessité pour vous même. Je fuis„ Madame,

„ Votre très-humble &<*,

„ Biquerjìaf.

R Cet.

Tome II.