2ífa LE PHILOSOPHE
„ let. Le Valet se défend, & le Cocher ne pcfu-„ voit les séparer. Heureusement Molière & Baron ,,, qui étoient à leur Fenêtre , apperçurent les„ combattans. Ils crurent que les Domestiques„ de Chapelle l’affommoient, & ils accoururent„ au plus vite. Baron , comme le plus ingam-„ bé , arriva le premier & fit ceiTer les coups.,, Mais il fallut Molière pour terminer le diffèrent.,, Ah! Molière, dit Chapelle, puisque vous voilà ,,» jugez ft j'ai tort. Ce coquin de Godemer f est lan-„ cé dans mon Carojfe, comme fi rfétoit à un Valet„ de figurer avec moi. Vous ne savez ce que vous„ dites, répondit Godemer, Monsieur fait que je„ fuis en pojfejfion du devant de votre Carojfe depuis„ plus de trente ans- Pourquoi voulez vous me l’ò-„ ter aujourd’hui fins raison '{ Vous ètes un insolent ,,, qui perdez le rejpeSi , répliqua Chapelle. Si j’aij, voulu vous permettre de monter dans mon Carojfe ,„ je ne le veux plus, je fuis le Maître & vous irezj, derriere ou à pied. T a-t-il de la jufiice à cela ,,, dit Godemer ? Me faire aller à pied présentement„ que je fuis vieux , que je vous ai fi bien servi„ pendant fi long tems! Il falloit m’y faire aller pen~„ dant que j’ètois jeune , j’avois des jambes alors ;w mais à présent je- ne puis plus marcher. En un mot ,„ comme m cent , ajouta ce Valet , vous m’avez„ accoutumé au Carojfe , je ne puis plus m’en pajfer y,, (fi je ferois déshonoré , fi l’on me voyoit aujourd’hui,, derriere. Jugez nous, Molière, je vous en prie ,„ dit Chapelle , j’en passerai par tout ce que vous,, voudrez. Eh bien , puisque vous vous en rappor-„ tez à moi , dit Molière, je vai tacher de mettreyi d’accord deux fi honnêtes gens , Vous avez tort,
,, à