zs6 LE PHILOSOPHE
,, eux-mêmes, (a) Un de nos Médecins, con-„ noissant au pouls de l’un de ses Patients, que„ le mai venoit originairement d 'Insomnie, ordon-„ na gravement qu’on portât le Malade à PE-„ glise, & promit qu’un Sermori lui rendroit le„ sommeil. Si l'on observoit dans la Chaire ,„ comme cela fe devroit, quelques-unes des Rè-,, gles qu’Horace a prescrites pour le Théâtre ,„ on n’auroit garde d’ordonner ainsi un Sermon„ comme une espèce de Soporifique. Personne,, n’ignore ce qu'a dit ce Poète,
(b) „ Si vis me flere, dolendum est
,, Frimum ipst tibi.
„ Un Homme doit paroître touche lui même„ de ce qu’il dit , s'il veut toucher les autres.,, Quelque grand , quelque important qtie soit„ le sujet que l'on traite, & quelle que soit la
„ force
(a) C’est un Conte, que l’on attribue à diverses person-
nes, & qui, à mon avis, vient originairement de Rabelais.Voici ce que dit cet Auteur Liv. I. Chap. 41. ” Gargan-
„ tua nc pouvoit dormir en quelque façon qu’il ft- mist.„ Dont lui dit le Moine; Je ne dors jamais ìi mon aise,,, sinon quand je suis au Sermon, ou quand je prie Dieu.„ Jc vou - supplie , commençons vous & moi les sept„ Pseaulmes pour veoir si tantôt ne ferez endormi. L’in-„ vention pleut très-bien à Gargantua, dfc commençans le„ premier Pseaulme, sur le point de Beati quorum , s’en-,, dormirent & l’un & l’autre. ’’ On fait que ce Conte estde tous les tems, & de tous les Pays.
(b) C’est-à-dire,si vous voulez que je pleure,montrez^moi le premier votre douleur.