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LE PHILOSOPHE
„ Monsieur,
„ Comme je vois que les gens profiteit de,, vos Avis & de vos Censures, je vous ei de-„ mande pour notre Ministre. Quand il pnche,„ il ouvre si horriblement la bouche, que route
la Jeunesse en est effrayée, & quand ilssitsim.„ plement les Prières de la Liturgie , il se dan-„ dine avec tant de nonchalance, dans sa Chaire„ qu’il ne se peut rien de plus indécent. Outre„ le scandale qu’en prennent ses Paroissiens, ce-,, ci leur colite aussi beaucoup, parce qu’ils sont„ tous obligés d'envoyer leurs Enfans aux Eco-„ les de Danse, pour prévenir l’impreffion que,, pourroient faire sor eux des Contenances ù vi-„ cieuses. D’ailleurs ce Pasteur a encore un dé-„ faut dont je souhaiterois qu’il se guérît. On„ le volt tous les jours sor Semaine , assidu au„ Boulingrin y fans mettre jamais le pied dans l’E-„ glise, où son Substitut officie pour lui le Ma-,, tin & le Soir. Quand il sait beau il passe„ son tems à faire des visites. Quand il fait froid,„ ou quand il pleut, il garde le lit ou la cham-„ bre , quoiqu’il ne demeure qu’à cent pas du„ lieu des saints Exercices. J’aurois bien d’au-„ tres plaintes à vous en faire. Je n'en touche-,, rai pourtant que deux Articles. Tous les Di-„ manches, après midi , pendant le Sermon de„ l’Adjoint, la figure qu’il fait à PEgliíè, est de,, se pancher négligemment sur un large Coussin,,, & d'y dormir à son aise. Sur-tout il est si„ sort sur le qui-vive, que lorsqu’il va voir les„ Malades, il n'y retournera point, qu’ils ne lui„ ayent rendu íà première Visite. La