NOUVELLISTE. Art. XXXVII. ZZx
„ me laissai persuader d’aller hier entendre un des„ Prêcheurs les plus estimés parmi vous. Le su-„ jet qu’il traita fut la nécessité de bien vivre ,„ sondée sur l’attente d’un Etat à venir. J’écou-„ tai avec beaucoup d’attention. Mais l’homme„ ne me parut parler sérieusement. Malgré ses„ Censures, il lut son Discours avec tant de non-,, chalance, & d’un air qui montroit si peu de,, conviction, qui je crus Quelquefois qu’il alloic„ s’endormir, à l’exemple d’un grand nombre de,, ses Auditeurs que je remarquai dans cette po-„ sture. Je revins chez moi mal édifié , & trou-„ blé en mon esprit. J’ouvris la Bible, & tom-„ bai fur le Livre des Lamentations de Jeremie, Sc„ passant de là au XXXIV. Chapitre d'Ezechiel,„ j’y trouvai les paroles suivantes , (a) Malheur„ fur les Pasteurs d’Israël qui se sont repus eux - mê-,, mes ! Les Pasteurs ne paissent fis pas le Troupeau?,, Vous en mangez la graisse, & vous vous vêtez de,, la Laine. Vous tuez ce qui est gras , vous ne pais„ fez point le Troupeau. Vous ri 1 avez point renforcé„ les langoureuses , é‘ ri 1 avez point meiìcinè celle qui„ étoit malade , & n’avez point bandé la jambe de„ celle qui Pavoit rompues <$* r?avez point ramené celle„ qui étoit dechajsée , & iPavez point cherché celle qui,, étoit perdue ; mais vous les avez maîtrisées avec du-re-
liée entre elle par une Société'visible & connue. Le Prin-cipe en est d’examiner perpétuellement ce qu’il y a de bonou de meilleur dans toutes les autres, afin de s’y tenir daquelque part qu’il vienne. Qjiand on donne de mauvaisefoi dans ce Principe on voit où cela doit aller,
(a) Versets a, 3, & 4, j’aí suivi la Version de Geneve.
Tome IL X