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n’ont-ils pas Fait difparoître une infinitéd’originaux ? Des auteurs ont cru quequelques-uns iles livres saints de Tan-don Testament n'étoient que des abrégésdes livres de Gad , A'Iàda , de Nathan ,des mémoires de Salomon, de la chro-nique des rois de Juda , &c. Les juris-consultes se plaignent qu’on a perdu par«et artifice plus de deux mille volumesdes premiers écrivains dans leur genre ,tels que Fapinien , les trois Scevoles ,Labéon, Ulpien, Modeflin , & plusieursautres dont les noms font connus. On alaissé périr de même un grand nombredes ouvrages des peres Grecs depuisOrigine ou T. Irénée , même jnsqu’auschisme, temps auquel on a vu toutesces chaînes chanteurs anonymes fur di-vers livres de TEcritnre. Les extraitsque Constantin Porphyrogenete fit fairedes excellons historiens Grecs & Latinssprl’histoire, la politique, la morale,quoique «Tailleurs très - louables , ontoccasionné la perte de T histoire univer-selle de Nicolas de Damas , d'une bonnepartie des livres de Potybe , de Diodorede Sicile , de Denys d’Halicarnajfe, &c.On ne doute plus que Jullin ne nousait fait perdre le Trogue Pompée entierpar Vabrégé qu’il en a fait ; & ainsi danspresque tous les autres genres de lit-térature.
II faut pourtant dire en faveur des«imegé/,qu’ils font incommodes pour cer-taines personnes qui n’ont ni le loisir deconsulter les originaux, ni les facilitésde fe les procurer, ni le talent de lesapprofondir, ou d'y démêler ce qu’uncompilateur habile & exact leur présentetout digéré. D’ailleurs, comme Ta re-marqué Saumaise , les plus excellaisouvrages des Grecs & des Romains au-roient infailliblement & entièrement pé-ri dans les siécles de barbarie, fans l’in-dustrie de ces faiseurs à'abrégés qui nousent ail moins sauvé quelqnes planches dunaufrage: ils n’empêriient point qu’onne consulte les originaux quund ils exis-tent. Baillet, Jtigem. des Savant , tomeJ. page 240 U Jliiv. (G)
Ils font utiles : i°. à ceux qui ont déjavu les choses au long.
Quand ils font faits de façon qu’ilsdonnent la connoissance entiere de lachose dont ils parient, & qu’ils font ce
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qu’est un portrait en miniature par rap-port à un portrait en grand. On peutdonner une idée générale d’une grandehistoire, ou de qufelqu’autre matière;mais on ne doit point entamer un détailqu’on ne .peut pas éclaircir, & dont onne donne qu'une idée confuse qui n’ap-prend rien , & qui ne réveille aucuneidée déja acquise. Je vais éclaircir mapensée par ces exemples. Si je dis queRome fut d’abord gouvernée par desrois, dont l’autorité duroit autant queleur vie, ensuite par deux consuls an-nuels ; que cet usage fut interrompupendant quelques années; que Ton élutdes décemvirs qui avoient la suprêmeautorité , mais qu’on reprit bientôt l’an-cien usage d’élire des consuls : qu’enfinJules César, & après lui, Auguste,s’emparerent de la souveraine autorité ;qu’eux L leurs successeurs furent nom-més Empereurs : il me semble que cetteidée générale s’entend en ce qu’elle esten elie-même : mais nous avons des abré-gés qui ne nous donnent qu'nne idéeconfuse qui ne laisse rien de précis. Uncélébré abrévisteur s’est contenté de direque Joseph fut vendu par ses freres , ca-lomnié par la femme de Pntiphar, & de-vint le surintendant de TEgypte. E11parlant des décemvirs , il dit qu’ils fu-rent chassés à cause de la lubricité d’Ap-pius ; ce qui 11e laisse dans l’cEprit rienqui le fixe & qui l’éelaire. On n’entendce que Tabrcviateur a voulu dire, quelorsque l’on fait en détail l'histoire deJoseph & celle d’Appius. Je ne fais cetteremarque que parce qu’on met ordinai-rement entre les mains des jeunes gensdes abrégés dont ils 11e tirent aucun fruit,& qui ne fervent qu’à leur inspirer dudégoût. Leur curiosité n’est excitée qued'une maniéré qui 11e leur Fait pas venirle désir de la satisfaire. Les jeunes gensn’ayant point encore assez d’idées acqui-ses , ont besoin de détail ; & tout ce quisuppose des idées acquises, ne sert qu’àles étonner , à les décourager, & à lesrebuter.
En abrégé, façon de parler adverbiale,summatim. Les jeunes gens devroientrecueillir en abrégé ce qu’ils observentdans les livres , & ce que leurs maîtresleur apprennent de plus utile & de plusintéressant. (F)