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Tome premier. A - AKR.
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tine Fois moins large & deux Fois moinsprofond, convexe en dessous, applattien dessus, où il est marqué de deux fil-ions, par lesquels il s’ouvre de lui-mêmeen une loge à deux battans inégaux,épaischacun de cinq à six lignes, charnus ,rouges de cerise, recouverts d’une pelli-cule fous laquelle ils font velus. Cesdeux battans, en s’ouvrant, laissenttomber un noyau ovoïde, lisse , luisant,brun ou marron , long de deux pouces ,deux à trois fois moins large , très-dur’,à une loge qui ne s’ouvre point à moinsqu’on ne le casse, & qui contient uneamande blanche ovoïde, de même for-me , composée de deux cotylédons orbi-culaires, roulés l’un fur l’antre en spira-le , le côté droit de l’un embrassant le cô-té gauche de l’antre, la radicule étantJogée dans une petite crenelure prati-quée à leur extrémité supérieure, demaniéré que l’embryon est soutenu pen-dant par cette radicule dans le fruit.

Qualités. L'adamaram est insipide &fans odeur dans toutes ses parties, ex-cepté dans ses feuilles qui font amères,& son fruit qui répand une odeur assezagréable, lorsqu’on l’ouvre récemmentcueilli.

Usages. Ses amandes fe mangentcrues, & fe servent sur toutes les meil-leures tables dans toute l’Inde , où lesEuropéens les estiment plus que cellesdu Nanari, pour faire des gâteaux d'a-mandes, quoiqu’elles ne soient pas auffihuileuses,& même Rumphe assure qu’onn’en peut pas tirer d’huile ; néanmoinsRheede dit qu'on en tire par expressionune huile semblable à celle del’olive,mais qui a la bonne qualité de ne rancirjamais. On en fait auffi des émussions,comme avec nos amandes.Suivant Rhee-de , les Indiens font avec ses feuilles depetits gâteaux qu’ils mangent auffi. Ilsles emploient encore dans plusieurs ma-ladies , par exemple, ils en boivent lesuc tiré par expression , & mêlé avecl’eau de riz, ou ['infusion de riz ,

f iour modérer la colique , l'ardeur dea bile, & les migraines qui ont pourcause de mauvaises digestions. Les mê-mes feuilles frottées d’huilede palmierRappliquent en topique fur les tumeursde la gorge ; & avec les plus tendresunies au lait de 1a noix d’Inde, c’ell-à-

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dire du 'coco, on prépare un onguentsouverain contre la galle, la lepre &semblables maladies de la peau.

Culture. L’adamaram croît naturelle-ment dans les forêts du Malabar , sur-tout dans les terreins sablonneux ; maisFutilité que les Indiens tirent de sonamande & de son vaste ombrage , & sirbelle forme, font qu’ils lecultivent dansleurs jardins & autour de leurs habita-tions, où ils le plantent avec syra-métrie & par allées pour jouir de sonombrage.11s placent au dessous des bancs& des liegés, où ils vantse reposer &prendre le frais. Cet arbre croît auffi àBanda, à Java, â Baleya , & dans quel-ques autres ifles adjacentes des Molu-ques, mais non pas à Amboine , où il aété transporté de l’iíle Baleya, où lesrois en ont ordonné de tout temps desplantations régulières comparables à cel-les de nos jardins de l’Europe. II lètirtient lieu de nos amandes & de nos noi-settes, car il porte du fruit trois fois l'an,& à chaque fois qu’il fleurit, il poussede nouvelles feuilles; dès que celles-cifont développées, il quitte les vieillesqui alors sont d’un rouge très-agréable àla vue. II fleurit dès U troisième année ,& continueainsi communément pendantgo ans.

Remarques. II seroit important pourles Botanistes , & nous désirerions sa-voir, pour les progrès de l’Histoire natu-relle, fous quelle autorité M. Linné aavancé que V adaniaram a des fleurs mâ-les , fans ovaires quelconques , mêléesavec des fleurs hermaphrodites,qui l’onfcdéterminé à placer cet arbre dans la zz.classe de la: polygamie moncecie entrel’érable, l’arroche & la pariétaire, aveclesquels il n’a pas plus de rapport quel’éléphant n’en a avec l’aï, ou le pares-seux & le tatou. Ce n’est certainementpas ce qu’en disent Rheede & Rumphe,les seuls auteurs qu’il cite & qu’il sem-ble avoir suivis ; car de ce que n ombrede fleurs avortent, il ne s’ensuit pas né-cessairement que ces fleurs soient desfleurs mâles, & qu’elles n’aient que desétamines fans ovaires, puisqu’iln’y apresque pas d’arbres à Fruits un peu grosqui ne perdent ainsi le plus grand nom-bre de leurs fleurs , quoiqu’hermaphto-dites bien complettes.