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Tome premier. A - AKR.
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individu, ou physique , ou métaphysi-que. Ainsi Vadjectif n’étant réellementque le substantif même considéré avecla qualification que VadjeBif énonce ,ils doivent avoir l’un & l’autre les mê-mes signes de vues particulières fouslesquelles l’esprit considéré la chose qua-lifiée.' Farle-t-Gn d’un objet singulier >VadjeBif doit avoir la terminaison des-tinée à marquer le singulier. Le subs-tantif esi-il de la classe des noms qu’onappelle masculin ? VadjeBif doit avoirle signe destiné à marquer les noms decette classe. Enfin ya-t-il dans une lan-gue une maniéré établie pour marquerles rapports ou points de vue qu'onappelle cas ? VadjeBif doit encore seconformer ici au substantif : en un motil doit énoncer les mêmes rapports, &se présenter sous les mêmes faces quele substantif, parce qu’il n’est qu’unavec lui. C’est ce que les Grammairiensappellent la concordance de VadjeBifavec le substantif , qui n’est fondée quefur l’identité physique de VadjeBif avecle substantif.

2°. A l’égard de la position de Vadjec-tif, c’est-à-dire, s’il faut le placer avantou après le substantif, s’il doit être aucommencement ou à la fin de la phrase ,s’il peut être séparé du substantif pard’autres mots ? je réponds que dans leslangues qui ont des cas, c’est-à-dire, quimarquent par des terminaisons les rap-ports que les mots ont entr’eux. la posi-tion n’est d’aucun usage pour faire con-naître l’identité de VadjeBif avec sonsubstantif : c’est l’ouvrage, ou plutôt ladestination de la terminaison, elle seulea ce privilège. Et dans ces langues onconsulte seulement l’oreille pour la posi-tion de VadjeBif , qui même peut êtreséparé de son substantif par d’autresmots.

Mais dans les langues qui n’ont pointde cas, comme le François, VadjeBif n'ekpas séparé de son substantif. La positionsupplée en défaut des cas.

Parve , nec invideo ,Jine me , Liber ,ibis in urbem.

Ovid. I. Trist. j. I.

Mon petit livre, dit Ovide, tu iras doncà Rome fans moi ? Remarquez qu’enFrançois l 'adjectif e& joint au substantif,

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mon petit Uvre ; au lieu qu’en Latinparve qui est VadjeBif de liber , en estséparé, même par plusieurs mots : maisparve a. la terminaison convenable pourfaire connoítre qu’il est le qualificatifde liber.

Au reste , il ne Faut pas croire quedans les langues qui ont des cas, il toitnécessaire de séparer VadjeBif du subs-tantif; car d’un côté les terminaisonsles rapprochent toujours l’un de l’au-tre, & les présentent à l’cfprit, selonla syntaxe des vues de l’esprit qui nepeut jamais les séparer. D’ailleurs fil'harmonie ou le jeu de l’imaginationles sépare quelquefois, souvent aussi elleles rapproche. Ovide, qui dans l’exem-ple ci-dessus sépare parve de liber, jointailleurs ce même adjeBif avec son subs-tantif.

Tuque caiis , patriâ , parve Learche,manu.

Ovid. IV. Fast. v. 490.

En François VadjeBif n’est séparé dusubstantif que lorsque VadjeBif e& attri-but ; comme Louis est juste , Phebus estsourd , Pégase est rétif : & encore avecrendre , devenir , parvenir , &c.

Un vers étoit trop faible , vous le

rendez dur.

J'évite d'être long, & je deviens obs-cur.

Despréaux, Art Poét. c. j.

Dans les phrases , telles que celle quifuit, les adjeBif s qui paroissent isolés,forment seuls par ellipse une propositionparticulière.

Heureux , qui peut voir du rivage

Le terrible Océan par les vents agité.

II y a là deux propositions grammati-cales : celui ( qui peut voir du rivage leterrible Océan par les vents agité j estheureux, où vous vovez que heureux estl’attribut de la proposition principale.

II n’est pas indifférent en François, se-lon la syntaxe élégante & d’usage, d’é-noncer "le substantif avant VadjeBif ou,VadjeBif avant le substantif. II est vraique pour faire entendre le sens, il est égalde dire bonnet blanc ou blanc bonnet s