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Tome premier. A - AKR.
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gouverneur des Gaules, Pnn des plusgrands capitaines de son temps, fut Jefléau d’Attila, qui, lui-même, fe faisaitappcllerle fléau de Dieu & des hommes,étoit fils de Gaudentius, un des plusdistingués de cette portion de la Scy-thic, qui étoit tombée fous la domina-tion des Romains. Sa m'ere, née dansritalie, étoit issue d’une famille opu-lente & illustrée par les plus noblesemplois, ce qui fraya le chemin deshonneurs à son fils qní, au sortir de l’en-fance, servit dans les troupes de la gar-de tlu prince, où il annonça ce qu’iì de-voit être un jour. II fut donné pour^ota-ge an roi Alarie, & ensuite aux Hunsdont il étudia les mœurs & la disciplinemilitaire. Ce fut l’an quatre cent vingt-cinq qn’il obtint le gouvernement desGaules dévastées par les Yisigoths. Lcbruit de fou arrivée releva les couragesabattus. Arles assiégée allait par fa des-tinée décider de celle de toutes les pro-vinces. Aêtius fe met en mouvementponr la délivrer, les Vifigoths levent leiiege, & font attaqués dans leur retrai-te par un général actif, qu’ils croyoientencore éloigné. Le carnage qu’il fit desBarbares les mit dans l’impuiffance dé-tendre leurs conquêtes. Les Gaules en-rôlent été bientôt pacifiées si Aêtius n’eûtété chargé de chasser les Juthunges dela Norique, & de faire rentrer les habi-tans de cette province dans l’obéiífencedont ils s’étoient écartés. Cette expédi-tion eut tout le succès qu’on devoit at-tendre de ia sagesse d’un général expéri-menté. Aêtius , aprèsavoirfaitdel’Espa-gne le théâtre de sa gloire, délivra Metz& Toul, de l’oppreffion des Bourgui-gnons qui vouloicnts’en rendre maîtres.On ignore s’il employai les armes ou la né-gociât'on.

L'an quatre cent vingt-huit, les Francsfe répandirent dans les Gaules, où ilspretendoient vivre libres & indépendanscomme dans leur pays, mais Aêtius lesobligea de repasser le Rhin. Ses servi-ces furent récompensés par la chargede maître de la milice , qui mettoïttoutes kg forces de f empire dans lesmains cle celui qui en étoit revêtu. Safortune suscita l’envie ; ilfe forma unecoiifniratinn contre fa vie, & il en fitassassiner les autres. Cet abus d’autoritén’eút pas relié impuni, si f éclat de son

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{j mérite ne lui eût point acquis autantS de partisans. PJacidie , qui gouvernaitJl’empire, aima mieux fermer les yeuxf fur l’on attentat , que de s’expofer aaj-danger de le punir. Leur réconciliationne fut qu’extédcure. Aêtius , devenucoupable par ambition, íema les trou-bles dans tout l’empire, en acculantBo-niface de vouloir envahir f Afrique. Laperfidie de fa délation fut découverte ,& il fut dépouillé de la dignité de maî-tre de la milice, qui fut conférée à Bo-ni face.

Aêtius , au lieu de souscrire à fa dé-gradation, aima mieux être rebelle. Onnégocia un accommodement, & il fntstipulé qu’il fe retireroit fur fes terres,pour y mener une vie privée. 11 y fnt in-formé qu’on avoit formé des desseins con-tre fa vie. Alarmé du péril, il fut cher-cher une retraite chez les Huns qui lechérissaient, parce qu’il avoit été nourridans leur camp ; & ce fut fous le prétextede lc venger qu’ils fondirent sursitaire,privée alors de fes plus braves défen-seurs. L’empire, menacé d’une guerresanglante, prévint sa chute par une paixhumiliante. Aêtius fut nommé patrice ,dignité qui lui donnoit le droit de com-mander par-tout où l’cmpereur & le con-sul n’ctoient pas. 11 signala son retourdans les Gaules par la défaite des Bour-guignons, & après leur avoir accordéune paix simulée, il les fit exterminerpar les Huns. Après qu’il eut vaincu lestVísigots & réprimé la rébellion des Ar-moriques, il fe rendit à la cour de Va-lentinicn, où l’on devoit discuter les in-térêts de ces deux peuples. Pendant sonabsence les Scythes auxiliaires, quiser-voient dans son armée, excitèrent destroubles qui ne furent appariés que parlaréductíon d’Orléans. Sa politique étoitde diviser ses ennemis ; iî arma les Alainscontre les Armoriques, qui s’affoiblirentégalement par leurs victoires & leurs dé-faites. Ce fut dans ce temps que Clodiontraversa les Ardennes, se rendit maîtrede Tournai, de Cambrai, & de tout lepays qui est entre ces villes & la Somme.Les garnisons Romaines furent passéesau fil de l’épée. Aêtius fe mit en mouve-ment pour l’arrêter dans fes conquêtes.Le combat qu’il livra près du vieux Hef-din, fans être décisif, réduisit les Fran-çois à quitter les bords de la Somme