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Tome second. AL - AOU.
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Quetqups écrivains Allemands ontprétendu que leur gouvernement étoitpopulaire , & qu'eux seuls jouîssoientdli liroit de citoyen , qui consiste à êtreadmis d?ns les délibérations, & à don-ner fa voix dans les affaires publiques.II faut en conclure que les états fontles seuls citoyens qui tous en général& en particulier, décident de l’admî-nistration publique. La constitution po-litique d ’Allemagne, n’a aucun trait deconformité avec les républiques popu-laires de l’anciennc Grece ; on est foretd’avouer que ce gouvernement qui n’eitformé fur aucun modèle, n'en servirajamais à d’autres. C’est un corps mon-strueux qu’on ne peut résonner fans ledétruire ; ses membres font trop inégauxpour en faire un tout régulier; .c’est uneconfédération dépeuples libres, sembla-ble à celle qui étoit entre les Romains& les Latins. Les Allemands fous leurempereur, ressemblent aux Grecs quise réunissent fous Agamemnon , pourvenger contre Troie l’injure de Ménelas.

On peut juger des forces de 1 'Allema-gne , par le nombre de ses villes , de sesbourgs & de ses villages , ou l’on voitpar-tout briller l’industrie commerqante.Une noblesse riche & magnifique y ré-pand l’abondance : les guerres dont ellea toujours été agitée , ont enlevé beau-coup de cultivateurs à la terre. Le goûtdécidé des Allemands pour les arts mé-chaniques, les éloigne des travaux cham-pêtres , & dès qu’ils font assez fortunéspour apprendre un métier, ils quittentleurs villages & se retirent dans les vil-les, dont la mollesse énerve leur .vigueurnaturelle : on compte dans les dix cer-cles dix-n eu f cents cinquante-sept villes& bourgs, fans y comprendre la Bohême,où l’on trouve deux cents deux villes,trois cents huit bourgs & trente milletrois cents soixante & trois villages.Quoi-que VAllemagne s’étcnde depuis le paysde Liege juiqu’aux frontières de la Po-logne , & depuis le Holstein jiifqn’auxextrémités de la Hongrie , il n’y a pointde contrée qui ne fournisse des subsistan-ces suffisantes à ses habitans. L’eXporta-tion de ses denrées excede ['importation.C’est l’introduéHon du luxe qui leur afait un besoin des vins de France & d’Ef-pagne, des draps étrangers dont ils ont lamatière premier?. Les bords du Rbinfont

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couverts de mûriers, qui donnent la fa-cilité de nourrir des vers à foie. Plusieursvilles situées fur le Mein & la mer Bal-tique, favorisent les importations, dontles progrès font arrêtés par des imposi-tions accablantes. C’est de-là que plu-sieurs nations tirent le Fer travaillé, leplomb, le vif argent, du bled, de lalaine, des draps grossiers, des serges,des toiles de lin, des chevaux &des mou-tons. La puissance de l 'Allemagne est touterenfermée en ells-même ; elle n’a point,comme les autres royaumes , des posses-sions dans des terres étrangères ; c’est cequi donne des entraves à Ion commerce,& ce qui rend l’argent plus rare ; cettedisette d'especes est encore occasionnéepar le goût de la jeunesse allemande pourles voyages ; ils vivent pauvres chezeux pour figurer avec éclat chez l’étran-ger, où ils perdent la simplicité inno-cente de leurs mœurs. Dans les autresroyaumes, les capitales engloutissenttout l’or des provinces ; en Allemagne ily a plus d’écono.nie dans la distributiondes richesses, & cette égalité qui luidonne moins d’éclat, est ce qui entre-tient son embonpoint.

La puissance d’un état est relative àcelle de ses voisins ; l' Allemagne conti-guë à la Turquie d’Europe, a pour rem-parts laStirie, la Hongrie & la Croatie.Les Ottomans, considérables par leurnombre, ne sont point des ennemis dan-gereux ; peu aguerris & mal disciplinés,ils n'ont que l’impétuositê de couragequi s’éteint à mesure qu’ils pénètrentdans les pays froids. La stérilité de la Ser-vie & de la Bulgarie, leur refuse les sub-sistances nécessaires à de nombreuses ar-mées. S’ils ont eu quelques succès dansplusieurs guerres, on doit les attribuerau mépris qu’ils inspiroient : \' Allemagnene leur a jamais opposé que le quart deses forces, & c’étoient des troupes de re-but mal payées & mal disciplinées. Lzterreur qu’inspiroit le nom Turc, étoit uneffet de la politique autrichienne, quiexagéroit leurs forces pour tirer de plusfortes contributions : la religion a encorecontribué à nourrir ce préjugé; les prê-tres 8i les moines ont tonné dans la tri-bune sacrée, pour armer l’Europe contreccs peuples infidèles.

L’ Allemagne n’a rien à redouter del’Italie gouvernée par diffèrent prin-