48a ANA
lieu à quelques astrologues de s’imaginerque les enfans qui naiiì’oient fous cetteconstellation étoient «f humeur martiale ;c’est une erreur.
On fait en physique des raii’onnemenstrès-solides par analogie. Ce lont ceux quifont fondés fur l'uuiformité connue,qu’on observe dans les opérations de la na-turels c'est par cette analogie que l’on dé-truit les erreurs populaires furie phénix,le rémora, iapierre philosophait 1 & antres.
Les préjugés dont on est imbu dans l’en-fance, nous donnent souvent lieu de fairede fort mau vais raisonneinenspar«»a/ogí>.
Les railonnemens par analogie peuventservir à expliquer & à éclaircir certaineschoses, mais non pas à les démontrer.Cependant une grande partie de notrephilosophie n’a point d'autre fondementque Yunalogie. Son utilité consiste en ceqn’elie nous épargne mille discussionsinutiles , que nous serions obligés de ré-péter fur chaque corps en particulier. IIsuffit que nous sachions que tout est gou-verné par des foix générales & constantes,pour être fondés à croire que les corpsqui nous paroiflent semblables , ont lesmêmes propriétés, que les fruits d'unmême arbre ont le même goût, U c.
Une analogie tirée de la ressemblanceextérieure des objets, pour en conclureleur ressemblance intérieure , n'est pastine réglé infaillible : elle n’est pas iinhveríellement vraie , elle ne l'est que utflnrimbn ; ainsi l'on en tire moins unepleine certitude, qu’une grande proba-bilité, On volt bien en général qu'il est dela sagesse & de la bonté de Dieu de distin-guer par des caractères extérieurs leschoses intérieurement différentes. Cesapparences font destinées à nous servird’étiquette pour suppléer à la foiblesse denos feus, qui ne pénétrent pas jusqu’àl’intérieur des objets : mais quelquefoisnous nous méprenons à ces étiquettes. 11y a des plantes venimeuses qui ressem-blent à des plantes très-salutaires. Quel-quefois nous sommes surpris de l’effetimorévu d’une cause , d’où nous nous at-tendions à voir naître nn effet tout oppo-sé : c’est qu’aîors d’auîres causes imper-ceptibles s’ctant jointes avec cette pre-miers à notre infu , en changent la déter-minarion. í! arrive auffi que ie fond desobjets n’est pas toujours diversifié à pro- |portion de la dissemblance extérieure. La I
ANA
réglé de Vanalogie n’est donc pas une ré-glé de certitude , puisqu’elle a fes excep-tions. II suffit au dessein du Créateur,quelle - forme nue grande probabilité,quefes exceptions soient rares , & d’une in-fluence peu étendue.Comme nous ne pou-vons pénétrer par nos sens jusqu’à l’inté-rieur des objets , Yunalogie est pour nousce qu’est le témoignage des autres, quandlis nous parlent d’objets qucnousn'avonsni vus ni entendus. Ce fout - ià deuxmoyens que 1c Créateur nous a laisséspour étendre nos connaissances. Dé trui-lcz;la force du témoignage,, combien dechoses que ia bonté de Dieu nous a accor-dées , dont nous ne pourrions tirer aucu-ne utilité ! Les seuls feus ne nous suffi-sent pas: car quel est l'homme du mondequi puisse examiner par lui-mème toutes,les choses qui font nécessaires à Ia vie?Par conséquent dans un nombre infinid’occaitons, nous avons besoin de nousinstruire les uns les antres, & de nous cnrapporter à nos observations mutuelles.Ce qui prouve en passant, que le témoi-gnage, quand il est revêtu de certainesconditions, est le pins souvent une mar-que de la vérité ; ainsi que Y analogie tirée«ie ia ressemblance extérieure des objets,pour en conclure leur ressemblance in-térieure , eu est le plus souvent une réglé.,certaine. Voyez í article CONNOISSAN-CE, où ces réflexions font plus étendues.
En matière de foi on ne doit point rai-sonner par analogie ; on doit se tenir pré-cisément à ce q ni est révélé , & regardertout le reste comme des effets naturels dumécbanifme universel dont nous ne con-,noiífons pas la manœuvre. Par exemple,de se q u’il V a eu des démoniaques, je nedois pas m'imaginer qn'un furieux queje vois soit possédé du démon ; comme jene dois pas croire que ce qu’on me dit deLéda, de Sémélé, de Rhéa-Sylvia , soitarrivé autrement que selon l’ordre de lanature. En un mot, Dieu comme auteurde la nature , agit d’une maniéré unifor-me. Ce qui arrive dans certaines circon-stances , arrivera toujours de la mêmemaniéré quand les circonstances lérontles mêmes j & lorsque je ne vois quel’ef-fetfans que je puisse découvrir la cause,je dois reconnaître ou que je fuis igno-rant, ou que je fuis trompé , plutôt quedt me tirer de l’ordre naturel, II n’y aque Pat!Write spéciale de ia divine révé-lation