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Tome second. AL - AOU.
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pelle par des fous doux à l’oreille , & cequi est riant pour Pâme , nous est peintpar des couleurs douces aux yeux. II enest de même dc tous les caractères des ob-jets sensibles j le tour , le nombre, Phar-monie , le coloris du style peut en appro-cher plus ou moins; mais cette ressem-blance est vague, & par-là peut-être pinsau gré de l’ame qu’une imitation fidelle ;car elle lui laisse plus de liberté de sepeindre à elie-méme ce que l’expreísionlui rappelle : exercice doux & facilequ’elle se plaît à se donner.

L’ analogie d’habitude est celle que desimpesiions répétés ont établie entre leslignes de nos idées, & nos idées eiles-mêmes.

C’est, comme nous Pavons dit, la pre-mière réglé dé l’art de parler & d’écrire ,que l’expression réponde à la pensée.Mais observons que cette liaison qui leplus souvent est commune à toute unefiliation d’i.lées & de mots, est quelque-fois aulfi particulière & lans fuite, sur-tout dans le langage métaphorique. Ondit la vertu des plantes, on ne dit pas desplantes vertueuses. On dit que le travailest nuit, & on ne dit point la rmlejse dutravail. On dit •voler à fleur d’eau , & onne dit pas que Peau est fleurie. On dit le•mystère pour le secret, & on ne dira point(comme a fait le traducteur des poésiesde Utz , poète lyrique allemand) les■myrthes mystérieux, pour dire quisont l'a-syle du mystère. Quelquefois même unsimple déplacqment des mêmes motschange le sens : achever de se feindre ,& s'achever dépeindre, ne lignifient pointla même chose, {.'analogie des mots entreeux n’est donc pas nne raison de les appli-quer à des idées analogues entr’elles :Lissage n’est pas conséquent.

Observons aulfi que la liaison établieentre les mots & les idées. est plus oumoins étroite, selon le degré d’habitude;&que rie là dépend fur-tout la vivacité,la force , l’énergie de l’expreffion.

Toutes les fois qu'oii veut dépouillerline idée d’un certain alliage qu’elle acontracté, dans fou expression commune,ens’associantavec des idées basses, ridi-cules & choquantes , ou fait bien d’évi-ter le mot propre , c’est - à - dire, le motd'habitude. De même lorsque par desidées accessoires on veut relever , enno-blir une idée commune, au lieu de son I

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expression simple & habituelle , on araison d’y employer Partisice de la méta-phore ou de la circonlocution.

Lorsqu’ Egiste parlant à Merope , veutlui donner dc sa naissance l’idée noblequ’il en a lui-méme, il ne lui dit pas , monfere est un honnête villageois", il lui dit :Sous ces rustiques toits , mon fere vertueuxFait le bien , fuit les loix , U ne craintque les dieux,

Lorsque Don Sanche d’Arragon, aveeplus de hauteur & plus de fierté veut re-connoître fans détour Pobseuríté de sonorigine, il dit avec franchise : <

Je fuis fils Sun pêcheur.

Ces deux exemples Font assez sentirdans quelles circonstances il est avanta-geux d’employer le mot propre , & dansquelle autre la métaphore ou la circon-locution.

Mais où le mot propre a Pavantage &ne peut être suppléé, c’est dans les chosesde sentiment, à can se de Ion énergie ,c’est-à-dire, à cause de la promptitude &de la force avec laquelle iî réveille l’im-preffion de son objet. Voyez cette excla-mation de Bossuet, qui fit une fi forteimpression sur son auditoire dansl'oiai-son funebre d’Henriette : madame semeurt , madame est morte !

Comme les lieux qui nous ont vu naî-tre, & que nous avons habités dans Pa-ge de l’innocence &de la sensibilité nousrappellent de vives émotions , & occa-sionnent des retours intéressans surnous-mêmes, ainsi, & par la même raison, no-tre premiare langue réveille en nous àtous momens des affections personnellesdont l’iutérêt se réfléchit. Ce qu’on nousa dit dès nos plus jeunes ans , ce quenous avons dit nous-mêmes d'affecttieux& de sensible , nous touche bien plus vi-vement, lorsque nous l’entcndons rediredans les mêmes termes , L dans des cir-constances à peu près semblables : ahmottpere ! ah mon fils ! sont mill» Fois pluspathétiques pour moi qui fuis François ,que heu pater! heufili! & l'exprelfions’af-foibiit encore fi l’on traduit les noms defils & de fere par ceux de nate & de geni-tor, dont le son n’est plus ressemblant,L’abbé Dubos explique Paffoiblisse»ment de la pensée ou du sentiment ex-primé dans une langue étrangère , parnrie elpece de traduction qui se fait, dit-il, daus Peso rit, comme lorsou’uu Fraa»Hha