ANA
sons; nous allons rapporter un fait histo-rique pour les autres. “ Au mois de jan-vier quatre cents soixante & quatorze , iladvint, disent les chroniques de LouisXI, page 249 , édit, de 1620, que ungfranc arehier de AJendon près Paris,estoitprisonnier ès prisons de Chastclet pouroccasion de plusieurs larrecins qu il avoitfaits en divers lieux , & mesmement enJ’église dudit Meudon j & pour lesdjtscas & comme sacrilège , fut çondempnéà estre pendu Sz estranglé au gibet de Pa-ris nommé MontfwAcon , dont il appellaen la cour de parlement, où il fut menépour discuter de son appel , par laquellecour & par son arrest Fut ledit franc ar-chier déclaré avoir ma} appellé, & bienjugé par le prevost de Paris , par deverslequel fut renvoyé pour exécuter fa sen-tence ; & ce même jour fut remonftré auroi par les médecins & chirurgiens de la-dicte ville, que plusieurs & diverses per-sonnes étoient fort travaillez & molestezde la pierre , colicque passion, A maladiedu cédé, dont pareillement avoit été fortmolesté ledit franc arehier ; & auflì desdictes maladies estoit lors fort maladeMonsieur du Boccaige; & qu’il seroit fortrequis de veoir les lieux ou les dictes ma-ladies sontconcréées dedens les corps hu-mains, laquelle chose ne pouvoit mieuxestre sceuê que inciser le corps d’uughomme vivant, ce qui pouvoit bien estrefait en la personne d’icellui franc arehier,que auffi bien étoit preft de souffrir mort;laquelle ouverture & incision fut Faite aucorps du dist srar.c arehier, & dedensjçellui pris & regardé les lieux des dictesmaladies : & après qu’ils eurent été vûs,fut recousu , & ses entrailles remises de-dens : & fut par l’ordonnanpe du roi faittrès-bien penser, & tellement que dedensquinze jours après , il fut bien guéri, &eut rémission de ses cas fans delpens, & silui fut donné avecques ce argent.,, Dira-t on qu’alors on étoit moins-superstitieux& plus hljmain qu'aujourd’bui ? Ce futpour la premiers fois , depuis Celle ,qu’on tenta l’opératisn de la taille, quiasauvé dans la fuite la vie à tant d'hommes.
Mais pour en revenir aux avantagesde Vftmpomie pour l’pxereice de la méde-cine , il paroît que dans cette questionchacun a pris le parti qui convenoit àses lumières anatomiques : ceux qui ìj’é-toient J)i grands anatomistes , ;ji pur gan-Tome J j. J’art JJ,
ANA 513
séquent grands physiologistes , ont imagi-né qu'011 pouvoit très-bien se passer dgces deux titres, fans se départir de celuid’habile médecin. Stahl chymistç, paroîtavoir été de ce nombre : les autres qucontraire ont prétendu qne ceux qui n’a-voient pas suivi Vanatomie dans ses laby-rinthes , n’étoient pas dignes d'entrerdans le sanctuaire dg la médecine; & c’é-toit le sentiment d’Hoffman auteur de lamédecine systématique raisonnée; e'étoihauffi, à ce qu’ii semble, celui de Ffeindjmais il ne vouloit ni systèmes ni hypo-thèses, dans les autres s’entend ; car pouxlui , il u c renonçoit point an droit d’ejjfaire. Cet exemple prouve beaucoup çtpfaveur des empyriqucs,qui prétendaientcomme nous l’avons fait voir ci-deffus ,que les connoissances anatomiques en-traîneroient nécessairement dans des hy-pothèses : mais il n’ôte rien à la certitudedes propositions qui suivent,
Premiere proposttion. Le corps humainestime machine sujette aux loix de la mé-chanique, dp la statique, defhydrauli-que Sc de l’optique ; donc celui qui con*noîtra le mieux la machine humaine, Hqui ajoutera à cette counoissance çeljpdes loix de !a méchanique , sera plus çaétat de s'affurer par la pratique & les ex-périences , de la maniéré dont ces loix s’yexécutent, & des moyens de les y réta-blir quand elles s’y dérangent ! donc l’q-natomie est abfojument nécessaire au mé-decin.
Seconde proposition. Le corps humaisest une machine sujette à des dérange-mens qu’on ne peut quelquefois arrête*:qu’en divisant le tissu, & qu’enretran-chant des parties. II n’y a presqu’ancuuendroit où cette division ne devienne né-cessaire : on ampute les piés . les mains,les bras, les jambes, les cuisses, Ôfc. 8 çdans presque tontes les opérations, il ya des parties qu’il faut ménager, & qu’onne peut offenser fans exposer le maladeà péri r. Donc Vanatomie est indispensableau chirurgien.
Troisième proposition. Le corps est vmçpartie de nous-ménies très-importante 4si cette partie languit, l’autre s’en res-sent. Le corps humain est une des plu*siellcs machines qui fpieat sorties i\esmains d u Créateur. La connoissance d$foi-même suppose la connoissance d c fortcorps; & la ccsnoiilance du ccrps fiip-