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Tome second. AL - AOU.
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tion d’Hérophile, On l’accusa d’avoir dis-séqué des hommes vivans: II sema detrès-bonnes remarques , dans un vaste«image écrit dans lin goût barbare ; illit destiner quelques muscles ; il décritexactement bien des choses nouvelles ;il écouta la nature, & se permit d’y voirce que les livres disoient mal.

11 convint qu’il ne trouvoit dansThomme ni le réseau admirable à feu-trée de la carotide dans le crâne, ni lessept cellules de la matrice , ni le poredu nerf optique. II découvrit & injectales mamelons des reins, il sépara le pre-mier les deux cartilages arytsenoides :il observa que sous la seconde vertébrédes lombes, la moelle de l’épine n’est plusqu un paquet de nerfs. Tout anatomistedoit le dire ; il sait certainement époquedans son art. On trouve dans cet auteurun témoignage irréfragable d’un ancienrite, dont ou a rougi dans les dernierstemps, & q u'on a voulu traiter de Fable :c’est la vérification du sexe du pape nou-vellement élu , que faisoient des cardi-naux régulièrement du temps de Be-renger.

Bcrenger fut le précurseur de Vésale.Ce grand anatomiste s’appliqua avec uneardeur incroyable à son art. II donna àl’âge de dix-huit ans , un ouvrage su-périeur à tout ce qu’on avoit encore vu.Cet ouvrage n’est pas parfait : mais lesnjuscules les plus considérables y fonttraités supérieurement. Les grands osfont très - bien décrits. li'y a des expé-riences très - curieuses , Faites fur desajiiniaux vivans ; Vésale a connu cet art,avec lequel Winslo w a de nos joursrappelle la véritable situation & les liai-sons de chaque partie. Ses dessins, faitspar de très-bons artistes , & qu’on a at-tribués ail Titien , font admirables pourla force & pour le naturel des musclessupeificiels. Trop jeune quand il publiacet ouvrage , trop occupé après savoir,donné, Vésale ne put pas donner la mê-me perfection anx nerfs & aux vais-,seaux. II y copia Galien : il se servit-des animaux pour les parties les plusfines d.e 1 ’unatumie ; mais il osa s’élevercontre l’autorité dans mi siecle où ellepouvoit tout ; il découvrit plu sieurs deserreurs de Galien , & il mérita d’ètrecopié par presque tons les anatomistesde fan siecle & du siecle suivant. Lss

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anciens médecins le persécutèrent, par"ce qu’il avoit la hardiesse d’en croire 1®nature plus que les auteurs ; mais 1®postérité lui a rendu justice , & son nomira toujours de pair avec les plus grandsnoms.

Jacques Sylvius , précepteur de Vé-sale , réécrivit qu’après lui. Défenseurtrop zélé des anciens , il poussa cet at-tachement jusqu’à la superstition, & ilaima mieux soutenir que le corps humainavoit changé de proportion depuis Ga-lien , que de reccnnoître une erreur dansce célébré chef de secte. II racheta ce dé-faut par de très-bonnes observations,faites furie corps humain L fur ranimai.II connut les trois ligamens du colon > ilvit des valvules dans les veines , dans letemps que Vésale refusait de les admet-tre.; il commenqa à désigner les muscles-par des noms , ce qui rend fans doutei’anatainip beaucoup plus facile , que lesnombres avec lesquels Galien & Vésaleles désignaient.

Charles Etienne, contemporain de Vé-sale , fut le chef d’une famille savante.II accompagna de ses explications lesplanches anatomiques île Riviere, bieninférieures à celles de Vésale, mais ori-ginales ; ses nerfs font préférables à cel-les de ce grand homme , L Etienne aconnu, les cartilages articulaires de lamâchoire & du genou ; il a entrevu mê-me les glandes qui portent le nom deIlavers.

J. Philippe Ingrassias de Rachalbnte,en Sicilie , fut le premier médecin decette i$!e, & vécut avec autorité dansson,art. II donna un commentaire très-diffus & très - minutieux fur le livre desos de Galien , découvrit l’étrier à peuprès dans le même temps qucFallope ,& connut la nature nerveuse de la cordedu tympan. II poussa â une grande per-fection ie détail des petits vaisseaux quipassent par les canaux du crâne, & n’i-gnora.-point la véritable origine de l’artereophthalmique , manquée par Winslow.

L’infortuné Michel-Servet, dont onfait les erreurs & la fin tragique, avoitrétabli le sentiment de Galien , sur fu-stige de l’artere & de la veine du pou-mon , & avoit enseigné la véritable di-rection du sang qui passe par ce viscère ,sans avoir porté ses vues fur le reste ducorps humain.