Band 
Tome second. AL - AOU.
Seite
601
JPEG-Download
 

A N C.

excepta l’épine du dos , qui est fort me-nue. On sale les anchois , après leuravoir ôté la tête & les entrailles. Ronde-let. Voyez Poisson. (/)

¥ -La pêche la plus abondante des an-chois se fait en hiver sur les côtes de Ca-talogne & de Provence., depuis le com-mencement de décembre julqu’à la mi-,mars ; on en prend encore en mai, juin ,juillet, temps où ils paíïent le détroit deGibraltar pour se retirer dans la Méditer-ranée. On en trouve auífi à l’ouelt d’An-gleterre & du paye des Galles. Ils ont ce-la du commun avec les sardines, qu'ils'nagent en troupe , fort serrés, & que lalumière est un attrait pour eux. Aussiles pêcheurs ne manquent pas de leurprésenter cet appât. Ils allument desflambeaux dans leurs nacelles ou chalou-pes pendant la nuit ; les anchois accourentà l’înstant, & fe jettent en nombre pro-digieux dans les filets qui leur font ten-dus. Quand une pêche est finie, on leurcoupe la tête , on leur ôte le fil & lesboyaux,on les sale,L on les met en baril*.

Les anchois frais peuvent se mangerfrits ou rôtis , maïs ils font meilleurs &d’un plus grand usage salés. Comme ilsn’ont point d’autres arêtes que l’épiuedudos, qui est mince & délice , elle neblesse point , & n’empêche pas qu’on neles mange entiers.

Cette excellente sauce que les Grecs& les Latins nommoient garum, Si à la-quelle ils donnoient l’épithete de très-précieufe , n’étoit antre chose que des an-chois confits, fondus, & liquéfiés dansleur saumure, après en avoir ôté la queue,les nageoires & les arêtes. Cela fe sa i soi tordinairement en exposant au soleil levaisseau qui les contenort; ou bien quandils en vouloient avoir plus promptement, 'ils mfttoient dans un plat des anchoisfans les laver, avec du vinaigre & du per-sil , & expofoient ensuite le plat sur labraise bien allumée, remoient le toutjusqu’à ce qne les anchois fussent fondus;& ils nommoient cette lance acetogctrnrn.On fe fervoit du gamin St de Vucetoga-rwn poxir assaisonner d’autres poissons ,& quelquefois même la viande. !

La chair des anchois , ou cette sauceqtlê l’on en fait , excite l’appetit, aide >adigestion, atténue le* humeurs crasses,& fortifie l’eftemac. Alrfrovamie prétendmême qu’elle est bonne pour' la fièvre;-

A N C for

mais un savant médecin de notre fiecle-dit qu’il enfant user sobrement, parcequ’elle échauffe , raréfié les humeurs , &les rend acres & picotantes.

ANCHORA , Géog. , nom d’une petiteville du Péloponnele, que lt s anciens ontnommée Ajïne & quelquefois Faneromi-ni. Elie etoit située près du golfe deModon ou de Coron. Strabon & Pto-lomée en font mention.

¥ ANCHUE , f. f. terme cn usage dansles maunfaElurcs en lainage d’Amiens.C’eít ce qu’on appelle dans les autres ma-nufactures la trame. Voy. Trame.

ANCHYLOSE , f. f., Chir. , on nom-me ainsi Punion de deux cs articulés &soudés ensemble par le suc osseux, ou uneautre matière , de façon qu’ils ne fassentplus qu’une piece. Cette soudure contrenature empêche le mouvement de lajonction ; la maladie qne nous venons dedéfinir se nomme anchylofe vraie, pourla distinguer d’une autre que l'on nommefaujse. Cette derniere peut être occasion-née parles tumeurs des jointures, legonflement des os , celui des ligamens,l’épanchement de la synovie , & autres'maladies, qui empêchent le mouvementdes articulations , & qui souvent dégénè-rent en vraies anckylofes , lorsque la sou-dure devient exacte , & qu’il n’y a plusaucun mouvement.

Les fractures dans les articles donnentlieu à cette maladie par l’épanchementdes sucs osseux nécessaires pour la forma-tion du cal. L’ anchylofe survient aux lu-xations non réduites par i’épailfissementde la synovie dans les cavités des articles,& aux fractures, lorsque dans les panse-mens on n’a pas foin de donner du mou-vement aux parties. Les contusions desos, des cartilages & des ligamens fontdes accidens assez communs dans les lu-xations ; ils occasionnent faeilement Van-chylofe , lorsqu’on ne rémedie pas au gon-flement de ccs parties par les saignées, lerégime convenable , & les fomentationsémollientes & résolutives.- les entorsespeuvent par les mêmes raisons être descauses de Vanchylofe.

Le prognostic est différent, suivant lesdifférences de la maladie: une anchylofequi vient d’une luxation non réduite estplus facile à guérir, lorsqu’on peut repla-cer l’os, qu'uns autre qui survient aprèsla réduction ; les- anchy lofes anciennes