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de vivre ou d’Stre un animal ? Alors lefouis bat , la circulation du sang s’ exécute,toutes les f onctions anìmalesfe font, maisl'bomme ne sent nìluì-même, ni Us autresêtres: qu’est-ce alors que l'homme } Sidans cet état, il est toujours un animal ,qui nous a dit qu’il n’y cn « pas de cette es-se ce, fur le pajsage du végétal te plus par-fait à l'animal le plus stupide ? Qià nousa ilit que ce pajsage n’étoit pas rempli d'ê-tres plus ou moins léthargiques , plus oumoins profondément ajfonpis ; m forte quela feule différence qu’il y auroìt entre cetteclajse & la clajse des autres animaux , telsque nous , est qu'ils dorment U que nousveillons , que nous sommes des animauxqui sentent , Séf qu’ils font des animaux quine’sentent pas? jQu'est-ce donc que l'ani-mi! ?
Ecoutons M. de Buffon s’expliquerplus au long là - dessus. Le «lot animal,dit-il, Hifl. nat. tome II, page 160 ,dans l’acception où nous le prenons ordi-nairement , représente une idée générale,formée des idées particulières qu’on s’estfaites de quelques animaux particuliers.Toutes les idées générales renfermentdes idées différentes, qui approchent oudiffèrent plus ou moins les unes des au-tres ; & par conséquent aucune idée gé-jiérale ne peut être exacte ni précise. L’i-dée générale que nous nous sommesformée de X animal, fera, si vous vou-iez , prise principalement de l’idée par-ticulière du chien , du cheval , & d’autresfêtes qui nous paroiífent avoir de l’intel-ligence L de la volonté, qui semklei.it semouvoir & se déterminer suivant cettevolonté, qui sont composées de chair &de sang, qui cherchent & prennent leurnourriture , & qui ont des sens, des. se- :xes, & la faculté de se reproduire. Nousjoignons donc ensemble une grandequantité d'idées particulières, lcrsquenous nous formons "idée générale. quenous exprimons par le mot animal; Scl’on doit observer que dans le grand nom-bre dc ccs idées particulières , il n’y cna pas une qui constitue l’essence de l’idéegénérale, Carilya, de l’aveu de toutle monde, des animaux qui paroiífentn’avoir aucune intelligence , aucune vo-lonté , aucun mouvement progressif, i!y en a qui n’oiit ni chair ni sang , & quine paroiffentètre q u’une glaise congelée ;il y en a qui ne peuvent chercher leur
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nourriture , & qui ne la reqoivent que. del’élément qu’ils habitent: enfin il y cila qui n'ont point de sens , pas même ce-lui du toucher, an moins à un degré quinous soit sensible: il y a en qui n’ontpoint de sexes , d’autres qui les ont tonsdeux ; & il ne reste de générai à Vanimalque ee qui .lui est commun avec le végé-tal, c’est-à-dire , la faculté de se repro-duire. C’est donc du tout ensemble qu’estcomposée l'idée générale : & ce toutétant composé de parties différentes, il ya nécessairement entre ces parties des de-grés & des nuances. Un insecte , dansce sens, est quelque chose de moins ani-mal qu’un chien ; une huître est encoremoins animal qu’un insecte ; une ortie demer, ou un polype d’tnu douce, i’est en-core moins qn’ttne huître , & comme lanature va par nuances insensibles, nousdevons trouver des animaux qui font en-core moins animaux qu’une ortie de merou un polype. Nos idées générales nefont que des méthodes artificielles, quenous nous sommes formées pour rassem-bler une grande quantité it’ohj ts dans lemême point de vue ; & elles ont, commeles méthodes artificielles, le défaut de nepouvoir jamais tout comprendre : ellesfont de même opposées à la marche de lanature, qui le fait uniformément, in-sensiblement & toujours particu’iére-rnent; en forte que c'est pour vouloircomprendre un trop grand nombre d'i-dées particulières dans un seul mot, quenous n'avons plus une idée claire de ceque ce mot signifie; parce que ce motétant reçu , on s’imagìne que ce mot estune ligne qu’on peut tirer entre les pro-ductions de la nature , que tout ce qui estau dessus de cette ligne est en effxt ani-mal, & que tout ce qui est aii-deífuis nepeut être que végétal , autre motaulli gé-néral que le premier , qu’on emploie demême , comme une ligne de séparationentre les corps organisés & les corpsbrut'. Mais ces lignes de séparatioiin’existent point dans la nature: il y ades êtres .qui ne font ni,animaux , ui vé,gétaux , ni minéraux, & qu’on teoteroiïvainement de. .rapporter aux ras & auxautres. Par exemple , lorsque M. Ti em»bley, cet auteur célébré de la découver-te dés animaux qui le multiplient parchacune de leurs parties détachées . cou-pées, ou séparées, observa pour la pre-miers