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Tome second. AL - AOU.
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raisonnable n’existoit point avant la nais-sance ; c’étoit l’opinion de Platon & d’As-clépiade , de Protagoras & de plusieursstoïciens: Pensant, disoient-ils , requitPâme par infusion au moment de fa nais-sance & lorsqu’il commence à respirer.

Aristote a fixé Vanimation au quaran-tième jour pour les garqons ; ie vulgairela fixe au quatre-víngt-díxieme pour lesfilles. St. Augustin , & tous les théolo-giens, d’après St. Thomas, ont adopté lesentiment d’Aristote , qui a eu le plusgrand crédit dans Pécule jusqu’en 1640.II est certain que l'embryon adu mouve-ment dès les premiers jours de la con-ception. Aristote ne Pígnoroit pas ; maisil distinguoit la vie végétative & la rai-sonnable, qui selon lui, se succédaient;en sorte que le fœtus devoit d’abord êtreconsidéré comme plante, & ensuite com-me animal, avant de passer à la conditiond’homme. Toutes les universités, excep-té celle de Coimbre (ajoute le même M.Cangiamila) ont rejeté l’opinion d’Aris-tote sur cette succession d'ames.

Plusieurs réadmettent Vanimation qnequand les principaux membres font for-més. Zacchias croit qu’ellealieu au mo-ment même de la conception. St. Basilene vouloit pas qu’on admît de distinctionentre te fœtus animé L inanimé, parcequ’il penfoit que Pâme étoit créée au mo-ment de la conception. On a poussé enco-re plus loin le vague des prétentions &des conjectures ; les observations de Len-wenhoeck & d'Hartl’oeeker fur les ani-malcules spermatiques, ont fait imaginerque le moment de la conception n’étoìtpoint le terme de cette animation. Kaw-Boerbaave accorde la vie & toutes sesprérogatives, à ceini des animalcules quia le bonheur de s’infinner dans les ovai-res & de féconder un œuf,- il supposemême dans les animaux une diversité desexe , & en déduit la possibilité d'une fé-condation intérieure & primitive dansles animalcules femelles : il ose citer sé-riensement uï> fœtus femelle , dans lesovaires d u quel 011 trouva un fœtus bienformé. A Re^zgendorf, prè. Hambourg,en 1672, une terame mit au monde unefille ; son accouchement fut laborieux.Cette petite fille huit jours après fa naislance, jeta tout à epup de hauts cris, &parut agitee de convulsions extraordi- JTome II. Fart. II. >

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naires : on la débarrasse de ses langes,mais quelle fut la surprise des specta-teurs ! ils virent une petite fille qne cel-ce-ci venoit de mettre au monde, elleétoit de la grandeur du doigt du mi ieude la main. On trouva aussi l’arriere faix,

Nc. on la baptisa & le lendemain ellemourut avec sa petite mere. ( ’Bartholin ,Deufing.) C’est ici sans doute qu’on esteffrayé du honteux délire qu’enfantel’abfnrde crédulité des prétendus physi-ciens. Graves auteurs, qui abandonnezles faits pour vous livrer aux écarts dcl’imaginatiou qui a perdu nos ancêtres ,n’oubliez jamais ce que dit Bacon fur lesbornes de votre carrière ! Homo naturesmìnister U interpres , tantùm facit U in-telligit , quantum de oriine natures opérével mente obfervaverit , nec ampiius scitaut poteft. II est utile de présenter quel-quefois de pareils exemples ; ils font sen-tir l’extréme besoin ae cette philosophiequi fait apprécier. Bartholin & Deusin-gius crurent fermement, & leur témoi-gnage a entraîné ce servile troupeau decompilateurs qui jure fur les autorités.

Les profondes ténèbres qui envelop-pent encore le mystère de la génération,ne permettent pas d’assurer s’il existequelque chose de vivant dans le germedes hommes, avant le moment de la con-ception. Eft-ce par la fécondation d’un 1œuf préexistant & organisé, est-ce pardes formes ou substances plastiques, eft-ce enfin par une création nouvelle de latonte-puissance, que s’opere la généra-tion du nouvel être après le coït ? Seroit-ce par le concours & la réunion de diffé-rentes molécules organiques dé j a vivan-tes?.... Tontes ces suppositions, ton-tes ces possibilités se lient à la questionde Y animation. On conqoit que la forceintérieure & active qui développe, quimeut les parties du germe pour fi petitqu'ilfuit, est ía même force qui doit lemouvoir dans tous les tems. On est com-me forcé d'admettre l’existerice d’uneame dans l’embryon qui commence àvivre. II importe peu à l’état qui veutdes citoyens, à la religion qui veut des •fideles, que l’ame «ie l’embryon soit végé-'tative ou pensante : on sait qu’avec letems & le secours des développemens desparties, cette massa organique presquebrute deviendra, si rien ne s’y oppose.