ART
un pédoncule de même longueur, & hé-rissé de même, mais un peu plus mince ,portant à son extrémité une fleur pres-que deux fois plus grande, blanche, lui-sante , d’une feule piece en entonnoir,dont le pavillon entier est ouvert fous unangle de quarante-einq degrés , & auífilong que le tube qui est un cylindre égaldans toute fa longueur ; ce pavillon estondé , comme crépu fur ses bords , striéen long de dix à quinze nervures & seméde quelques poils. Le calice qui envelop-pe cette fleur est une fois plus court qu’el-le, composé de cinq feuilles vertes à baseblanche, triangulaires, pointues, assezinégales, ondées , trois à quatre fois pluslongues que larges , hérissées de poils :cinq étamines menues, droites, blanches,à anthères blanches , font attachées aubas du tube de la corolle, dont elles éga-lent feulement la moitié de la longueur,n’atteignant que le bas du pavillon quiforme l’entonnoir. Au centre de la fleurest un disque jaune , fort applati , surlequel porte un ovaire conique , qui faitcorps avee lui L qui est terminé par unstyle & un stigmate blanc sphéroïde , à lahauteur des étamines. L’ovaire, en mû-rissant devient une capsule sphéroïde dequatre lignes de diamètre , à quatre lo-ges , s’ouvrant en quatre battans, & con-tenant chacune une graine triangulaire àtrois faces, dont deux plates & une con-vexe, d’abord verte, ensuite brune, lé-gèrement velue.
Qualités. Varti n’a qu’une saveur &tine odeur sauvage : en quelqu’endroitqu’on le blesse, il rend une liqueur lai-teuse abondante.
Usages. 8es feuilles pilées avec le poi-vre Rappliquent fur les morsures deschiens enragés , dont elles attirent & im-bibent tout le venin : pilées avec le bau-me , & appliquées de même fur les tu-meurs , elles les font disparoître.
Remarques. L’arti est une plante fortdifférente de celle qu’Herman, & Dillenont figurée & décrite sons le nom de f estigridis ; celle-ci a les lobes des feuillesfendues jufqu’au pédicule , les fleurs ras-semblées en corymbe, le tube de la co-rolle beaucoup plus large, la graine jau-ne , & nombre d’autres différences. M.Linné a donc eu tort de les confondre.
( M. Adanfón. )
ARTICHAUT, f. m. , cinara , tlijl.
ART sk?
nat. bot. genre de plante qui porte desfleurs à fleurons découpés , portés cha-cun fur un embryon, & renfermés dansun calice écailleux & ordinairement épi-neux. L’embryon devient dans la fuiteune semence garnie d’aigrettes. Ajoutezaux caractères de ce genre le port de Var-tichaut , qui le fait distinguer si aisémentdes chardons. Tourn. Inst. rei herb. V.Plante. (T)
On distingue trois sortes A’artichauts ,les rouges , les blancs , & les violets.
Les rouges font les plus petits, & nefont bons qu’à manger à la poivrade; lesblancs font les plus ordinaires; & les vio-lets qui viennent les derniers, font lesmeilleurs , les plus gros, & ceux quel’on fait sécher pour l'hiver.
On en fait des œilletons qu’on détachedu pié, & qu’on replante tous lestrois ans à neuf ou dix pouces de distance.Us demandent à être souvent fumés,arrosés , & couverts pendant la gelée :on les butte seulement dans les terres lé-gères. Pour les faire avancer, plusieursjardiniers y répandent des cendres debois brûlé. (K)
* Dans l’analyse chymique de culs d’í»--tichauts tendres & frais , dépouillés desécailles & des semences, distillés à la cor-nue , il est sorti une liqueur limpide ,d’Hne odeur & d’une saveur d’herbe , in-sipide & obscurément acide; une liqueurd’abord limpide , manifestement acide,fort acide fur la fin, austère, rouflâtre ,empyreumatique; une liqueur empneu-matique rousse , d’abord fort acide, en-suite un peu salée, & imprégnée de beau-coup de sel alkali urineux ; une huileépaisse comme du sirop.
La masse noire calcinée pendant dixheures, a laissé des cendres dont on a tirépar lixiviation un sel fixe purement alka-li. Cette substance charnue a une saveurdouçâtre , austere & noircit la dissolutiondu vitriol ; elle contient donc un sel es-sentiel , tartareux , uni avec beaucoup deterre astringente & d’huile douçâtre. W
On mange les artichauts à la poivrade ,on les frit, on les fricasse & on les confit.
Pour les mettre à la-poivrade, prenez-les tendres ; coupez - les par quartiers ;ótez-en le foin & les petites feuilles ; pe-lez le dessus ; jettez-les dans l’eau frai*che , & les y laissez, de peur qu’ils ne fenoircissent & ne deviennent amers, jus-Kk ì