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n'est pas d’accord fur la quantité, précisede rosette , de laiton & d’étain , dont ilferoit le plus avantageux de composerles pieces d 'artillerie , ni fur le degré deeoction qn’il conviendroit de lui donner(«). Lés changemens qui arrivent dansla direction de l’ame des pieces , par lachaleur qu’elles contractent & la fatiguequ’ellej essuient en tirant , changemensd’autant plus prompts & d’autant plusconsidérables, pour le dire en passant,que la piece est moins épaisse : les diffé-rentes densités des fers dont on coule lesmobiles : les différentes positions de leurcentre de gravité : le mouvement de ro-tation qu’ils acquièrent souvent de lamaniéré la moins favorable à l’effet ducoup : les bizarreries de la poudre dansses effets , bizarreries inséparables de fafabrication , qui ne permet pas de croireqn'il y ait deux grains dans un baril, oùles trois matières qui les composentsoient mêlées dans la proportion conve-nue ; les différentes températures de l'air,l’alsiette des plates-formes , la situationdes pieces fur leurs affûts , la posi-tion de leurs tourillons , leur encastre-ment dans les flasques, la maniéré decharger & de refouler, Uc. font autantd’obstasles à l’exactitude & à la perfec-tion cherchée : en forte de M. de Va-liere en conclut que de mille coups de ca-non , tirés avec la même piece, à la mêmecharge, au même degré, il n’y aura peut-être pas deux amplitudes exactementégal*s. “Ces irrégularités, dit cet habi-le militaire, peuvent venir de la part dela pondre , de la part de l’air, de la partde la vitesse de l’inflammation, de la partdu boulet, de la part de la piece , de sonaffût, de fa plate-forme, ou de la part dequelques-unes de ces causes séparémenten plusieurs maniérés, ou de toutes con-jointement. (b).
C'eft ainsi que s’expvimoit ce savantmilitaire fur la théorie d’un art qu’il avoittrouvée lui-rrême. Personne n’auroit étéplus en état que lui de rassurer fur ces in-certitudes , s’il avoit rendu compte de la
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multitude «factions où il fut employé*Y artillerie avec le plus grand succès , 1®modestie qui accompagne toujours le*vrais talens, ne lui permit pas d’entrcrdans de pareils détails, puisque le simplerécit d. s faits auroit été son éloge.' S*îV agardé le silence fur la partie purementméchanique de Yartillerie , citons quel-ques faits qui puiflent.au moins, donnerune idée de ses effets , encourager lesjeunes gens qui fe destinent à ce genre deservice, & persuader à ceux qui n’ont au-cune connoiflance de cette partie de l’ârtmilitaire, qu’il n’est pas impossible deparvenir aux effets qu’nn fe propose. Uncanonier & nn bombardier exercés ,comme ils le font presque tous , fans sa-voir ce que c’est que fluide élastique, di-latation , milieu , résistance , âpres quel-ques coups d’épreuve , connoîtront leurpoudre & leur piece, L frapperont leurbut avec prefqu’autant de justesse qu’uachasseur peut s’en promettre de son fusil.Nous avons vu un canonier pointer f»piece à un canon d’une place assiégée,du-quel il avoit été fort fatigué pendant laconstruction de fa batterie, L le frapperà la bouche avec tánt de justesse , que leboulet y feroit entré s’iln’avoit pas étéd’un trop grand calibre; un bombardierdiriger son mortier fur une piece de ca-non qui faifoit beaucoup de désordre , sestrois premières bombes tomberent fur leparapet & l’embrâsure , & la quatrièmesur la piece. Les mines nous fourniroienfcencore bien des exemples capables derassurer ceux qui croiroient, au píé de lslettre , qu’il n’y a qu’incertitude à atten-dre de la part de la poudre & del’èxécu-tion des bouches à feu ; mais nous crain-drions d’être trop longs. La théorie nousfait connoître les inconvéniens possibles ,& la pratique qu’elie éclaire , nous ap-prend à nous en garantir , à les prévenirou à les diminuer, & avec des précau-tions nous parvenons à un degré de préci-sion suffisant pour opérer , à très-oeu dechose près , tous les effets que les diffé-rentes circonstances exigent à la guerre î
(a) Si quelqu’un pouvoit fixer les incertitudes fur un objet aussi important, ceferoit sûrement M, Bérenger, commissaire des fontes de Yartillerie, à Douai. Noussaisissons avec plaisir cette occasion de rendre à fes talens L à son, intégrité toute lajustice qui leur est due ; mais on fait bien que ce ne font pas toujours les gens de•este trempe qui font consultés, écoutés & employés.
(b) Mémoire fur les char&es. Si les portées, fisse. page z. Imprimerie royale , 1741.
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