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Tome troisieme. APA - ATZ.
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même : it équippe une flotte puissante &met à la voile pour la Sardaigne , où ilétoit appelle par les vœux de tous les ha-bitons , fatigués de la domination des Ro-manis. Dès qu’il Fut débarqué il renvoyases vaisseaux en Afrique, pour marqueraux insulaires qn’il mettait cil eux toutefa confiance. Les Sardes fe rangent enfoule to us ses enseignes. Manlius quicommandait dans cette isle , rassembleune année & livre un combat. Afdrubalqui touchoit an moment de la victoire ,est lâchement abandonné par ces perfidesinsulaires dont il défendoit les droits &la liberté. II trouve à peine le moyen deretourner en Espagne , où toutes les pro-vim e ■ pendant son absence s’étoientdéclarées pour les Romains. Son géniefécond crée une nouvelle armée dansun pays où Carthage n'a plus ni alliés nisujets. 11 y balance la fortune des Ro-mains} il livre deux combats, & quoi-que toujours vaincu , il soutient la répu-tation de grand capitaine, paree que danslés malheurs il u'eut point de Fautes à sereprocher.

Annibal n’en imposant plus dans l’Ita-lie par i'écîat de ses victoires, se vit aban-donné de tous ses alliés ; la fortune parutalors fe lasser de servir les Carthaginoisdans tous les lieux où ils portèrent laguerre ; le jeune Scipion fe signala en Es-pagne parla prise de Carthagene. C’étoitlà que les richesses des Afriquains étoientaccumulées : cette ville étoit l’arsonal oùétoient déposées leurs armes & toutesleurs munitions & leurs machines deguerre. C’étoit saper la puissance de Car-thage dans ses fondemem : il falloitimAfdrubal pour en retarder la chute ; it semaintint avec gloire jusqu'au moment oùEdesco, prince Espagnol, fort accrédi-té parmi sa nation , embrassa le parti desRomains. Son exemple entraîna plusieursautres chefs, qui aimèrent mieux com-battre fous les enseignes d’un peuple bel-liqueux, que fous les drapeaux de répu-blicains commerçant. Afdrubal voyantque son armée s’affoiblissoit chaque jourpar de nouvelles désertions, comprit qu’illui falloit remporter des victoires pourrétablir la réputation de ses armes. Lescirconstances ne lui permettoient pointd’attendre l’arrìvée de Magon & d’uuautre Afdrubal , qui lui avalent été asso-ciés dans le commandement. Le mal étoit

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urgent, i! ne prit conseil que de la néces-sité. I! se lassa de la lenteur de ses collè-gues , Sí choisissant une position où 11avoit droit de se croire invincible, il en-gagea nue action , on les historiens assu-rent qu’il fut battu. Mais il ne faut pasque sa perte fût considérable , puisquece revers ne l’empéoha point de faire fajonction avec les collègues , ce qu’il n’a-voit pu exécuter avant le combat. De plusils firent le partage des provinces, cequi suppose qu’ils en étoient encore lesmaîtres. Afdrubal fut chargé de conduireune armée en Italie pour y favoriser lesopérations de son frcre Annibal. II tra-verse les Gaules,précédé de ses éléphans,& dans tous les lieux de son passage illaisse des monumens de lâ générosité. Onlui permet par-tout de faire des recrues ,& les Gaulons séduits par la magnificen-ce s’empressent à marcher fous ses or-dres. Les Liguriens le reçurent com-me le libérateur de leur pays. Sa mar-che fut si rapide que Plaisance étoit as-siégée, avant que les Romains & Auni-bal même soupçonnassent l'on entrée enItalie. II fut contraint d’en lever lesiège pour hâter fa jonction avec son frè-re. Les lettres écrites pour établir leursrelations , furent interceptées. Les con-suls instruits de leur dessein réunirentleurs armées , & pour le prévenir , ilss'app ocherent de son camp pour mieuxobserver tous ses mouvemens. Afdrubal ,trop solide pour résister à leurs forcesréunies, prit la résolution de faire fa re-traite, & d’éviter une action avec desforces trop inégales. II étoit dans un paysdont il ignorait les routes , il fut dansla nécessité de se confier à des guides in-fidèles qui abusèrent de sa confiance. IIerra quelques jours fans pouvoir tenirune route certaine ; les Romains ie joi-gnirent sor le fleuve Metaro, dont il neconnoissoit ni les profondeurs ni les is-sues; mais toujours soutenu par son in-trépidité naturelle , il affecta la mêmeconfiance que fi le danger n’eût menacéque ses propres ennemis. Ses disposi-tions savantes annonçoient un généralconsommé : l’avantage de fa position , &la sagesse de son ordre de bataille-sup-pléoient à la supériorité du nombre. IIdonne le signal du combat, & l'exemplede la plus grande intrépidité. Déterminéà vaincre ou à mourir , il voit tomber à