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Tome troisieme. APA - ATZ.
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Tes pieds de? nvlìiers de soldats , quitous briquent Plionneur de mourir à sesyeux. Honteux de survivre à cette milicecourageuse , il se précipite au milieud’une cohorte , où il trouve une mort di-gne d’un fils d’Amilcar & d’un Frered’Annibal. Lc barbare Claudius désho- ;noraut fa victoire , lui fit couper la tête, jqui fut jetée quelques jours après dans lc jcamp de son frere Annibal. Le héros Car- ;thaginois saisi d’horrcnr & de pitié, nelut dans l’avenir qu’un enchaînementd’évcnetnens Funestes, & il présagea dèsce moment quel ferait le destin de Car-thage. (T-11.)

Asdbubal, général des Carthaginoisdans la derniere guerre punique , n’étoitpoint de la famille Barcine , mais il pa-roi t avoir eu pour le nom Romain l’aver-sion dont ceux de cette maison furentanimés contre ces tyrans des nations. Do-miné par l'on caractère turbulent & .fa-rouche , il accéléra la ruine de fa patrieparles efforts même qu’il fit pour la re-lever de fa chute. Le peuple séduit parle faste d’un ze!c poussé jusqu’à l’enthou-íìafme républicain , s’abandonna è tou-tes les impulsions de son génie inquiet &fongueux. Ce factieux citoyen , devenuchef des tumultes populaires, introdui-sit dans l'étatla confusion de l’anarchie ;quarante des principaux citoyens furentcondamnés à l’exîl par l’abus qu’il fit deson pouvoir , & ce tyran domestique fitjurer au peuple que jamais ii ne parleroitde leur rappel : les grands & le sénat gé-mirent dans l’opprelíìon , & les plaintesfurent punies comme le cri de la révolte.Ces illustres bannis se réfugièrent auprèsde Maffinissa , roi de Numidie, qui s’in-téressa pour leur retour. Le refus insul-tant qu’il essuya Fut le prétexte d’uneguerre où plus de cinquante mille Car-thaginois périrent dans une feule batail-le. Ce coup violent dont Carthage chan-celante Fut Frappée , épuisa ses forceslanguissantes ; elle accepta la paix à desconditions humiliantes , dont la nécessité& fa faiblesse lui déguisèrent l'Ignominie.

Les Carthaginois , par leur derniertraité avec les Romains, s’étoient soumisâ ne jamais prendre les armes fans l’aveupréalable du sénat; ils avaient violé leursengagemens en portant la guerre en Nu-midie : les Romains firent valoir cetteinfraction pour abattre entièrement eeì-

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te ancienne rivale de leur puissance. Cefut pour calmer leur ressentiment , quele sénat de Carthage déclara Asdrubal cri-minel d’état, comme auteur d’une guer-re où Maffinissa avoir été véritablementPaggresseur. Cette condescendance auxvolontés d’un ennemi qu’on cherchoit àdésarmer , ne fut pas un sacrifice assezgran ! pour arrêter son ambition ; les ri-chesses de Ctrthage étonnt seules capa-bles d’assouvir Pavarice de ces avides op-presseurs des nations ; ils proposèrentdes conditions 11 dures que les Car.hagi-nois aimèrent mieux «'exposer à toutsouffrir , que de souscrire à leur dégra-dation. Cette république comme v ça»te11e forma plus qu’un peuple de soldats;des bourgeois pacifiques se revêtirent dela cuirasse & du bouclier ; l .s temples ,les palais & les places publiques furentdes atteliers , où les femmes les plusfaibles & les vieillards débiles travail-loient confondus avec les artisans infati-gables , à fabriquer des dards , des épées,des cuirasses & des boucliers : tout re-tentissoit du bruit des marteaux & desenclumes. Asdrubal ingnominieusementbanni de sa patrie , y sut rappelle avecgloire , pour l’oppofer à Penne:i au-quel une politique timide Pavait sacrifié;011 le mita la tête de six mille hommes,pour commander au dehors ; mais bien-tôt resserré par les Romains, il s’cnfer-ma dans Nephese , qui fut assiégée &prise ,Passant: soixante mille hommesturent ensevelies fous ses ruines. Asdru -bul ne fut point enveloppé dans ce car-nage , il rassembla une nouvelle armée ,& continua de harceler les Romains. IIeût mieux aimé commander dans la villeque hors ses murailles , mais son carae,tere farouche le faisoit redouter des ci-toyens , qui aimaient mieux obéir à unautfë Asdrubal à qui ils avaient confié lecommándeípent. Le premier accusa sonconcurrent de trahsson ; celui-ci ne s’a-baissa point à se justifier; son silence futregardé comme l’aveu de son crime , & ilfut massacré par la multitude indignée.Asdrubal lui fut substitué dans le com-mandement de la ville , dont il eûtpirretarder la chute , s’il eût pu tempérerPimpétuofité, de son courage 81 maîtriserla violence de son caractère. Le premiersuccès des Romains ne fit qn’aigrir la fé-rocité 'de ce général ; il s’abandonna àRr 3