Band 
Tome troisieme. APA - ATZ.
Seite
723
JPEG-Download
 

A S T

de lumière & d’obscurité , sur laquelleporle !a distinction frappante du jour &de ia nuit. Pour appercevoir les effets dela lumière fur l'homine & fur les ani-maux, qu’un physicien porte des vetixattentifs fur tout ce qui fuit les loix de lasimple nature dans ces chaumières rusti-ques , où l’art n’est point encore venu lamaîtriser & la plier à ses caprices ; ilverra lorsquele jourafaitplace à la nuit,tous les travaux interrompus, le rama-ge des oiseaux suspendu , les vents ap-paries, tout en un mot annoncer & prépa-rer un sommeil tranquille & restaurant,encore attiré par un travail pénible ,bien différent & bien ail - desisus de Cetteombre de sommeil qui vient languiffam-ment sur les pas de la mollesse & de l’in-dolence , que la lumière du jour àuqùelon l’a différé , interromps & trouble , &qui ne peut être profond que lorsquel’obseurité la plus parfaite peut en quel-que sac,on ressembler à la nuit. Mais lors-que l’aurore naissante ramené la lumière,& annonce le retour prochain du soleil,Voyez tous les oiseaux témoigner parleurs chants l’imprelfion qu’ils en ressen-tent ; le coq bat des ailes & leve ses crisperqans jusqu’aux cieux ; le sommeil sedissipe , le jour paroît , & le régné dutravail commence. V. Jour, Nuit 0 °Lumière.

Le médecin apperqoit dans les person-nes que quelques maladies rendent plussensibles , des preuves évidentes de fac-tion de la lumière ; les maniaques, parexemple, les phrénétîques, les typhoma-Siaques, ceux qui font dans quelqu'aC-cès d’hydrophobie , & ceux enfin qui ontmal aux yeux , font pnur f ordinaire bles-sés par la lumière ; les ténèbres leur foutinfiniment plus favorables ; la lumièrefend les délires plus fougueux, l'obfcu-rité les appaife ; c’est pourquoi il est très-important cfy placer ceux qui font atta-qués de ces maladies , précaution que re-commandoient spécialement les méthodi-ques. Bâillon raconte que madame de Va-fades étant malade , tomba dans une syn-cope violente dans sinisant de f immer-sion du soleil dans une éclipse, & qu’elleen revint naturellement lors de lié mer.lion, que le soleil recouvra sa lumière.11 n'est personne qui n’ait éprouvé en écri-vant, cncomposant, combien la lumière& les ténèbres influent diversement sur

A S T 723

les idées & fur la maniéré de les énoncer.Nous voyons enfin dans bien des mala-dies , la mort survenir, ou quelque chan-gement considérable se Faire au lever &aï, coucher du soleil. Ramazzini dit avoirobservé des fièvres épidémiques qui re-, doubioient vivement fur le soir vers lecoucher du soleil, de faqon que les mala-des étoient extrêmement abattus, pres-que mourans ; ils passoient dans eet étattoute la nuit, mais iìs en sortoient promp-tement dès que le soleil paroiffoit surf horizon , & ils pouvoient se lever & sepromener. Conflit, épiiem. ann. 1691. V.Lumière, Soleil, £fc.

Les effets du soleil , comme principede la chaleur, sont beaucoup plus grands,plus étendus, & mieux constatés ; c’estavec raison qu’on Rappelle la source dela vie , de toutes les productions de laterre ; e’est iur-toUt pareileque les plan-tes vivent, végètent; les animaux mê-mes ne peuvent s’en passer ; une priva-tion trop prompte & trop sensible pro-duit beaucoup d’incommodiîés. P’oyixFroid. Lorsqu’elle est aussi poussée àf excès contraire. elle entraîne de grandsinconvéniens. Voyez CHALEUR , FEU.Les effets de la chaleur fur les corps nefont jamais plus marqués & plus mauvaisque lorsqu’on s’expofe en repos auxrayons directs du soleil, & siír-tout ayantla tête découverte ; d’abnrd là peau de-vient ércfipélateuse , ensuite noire ; unmal de tête affreux survient, on tombedans le délire , ou dans un assoupisse-ment mortel ; c’est ce qu’on appelle coupiesoleil. Voyez ce mot à Varticle Soleil.La chaleur que nous éprouvons du soleilvarie beaucoup , suivant qu’elle est di-recte ou réfléchie, suivant les distances,fobliqiiité des rayons , la quantité & ladirection des points qui réfléchissent ; de-là naissent les différences de chaleur, àsombre 011 au soleil, dans les plaines,dans les vallées, ou fur les hautes mon-tagnes; de là aussi les distinctions des sai-sons : dans la position où nous sommes ,les plus grandes chaleurs se font ressentirdans le temps où le soleil est le plus éloi-gné , mais où l’obliquité de ses rayons estmoins grande. Voyez Saisons , Eté,Automne , Hiver £# Printemps.Tout le monde fait par expérience l’in-fluence des faisons fur l’homme ; les ma-ladies qui en dépendent font exactement