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La nature marâtre en ces affreux cli-mats ,
Au lieu d'or ne produit que iu fer , dessoldats.
Quelle que soit la pompe de ces deuxuers, on peut dite qu’ils affaiblissent- lapensée du roi Scythe. Atbeas met le fer& le courage a u-dessus de l’or, & esttien loin de donner à son pays des épi-thètes désagréables, telles que marâtre& affreux. Quoi qu’il en soit, Philippeconqut le dessein de se venger de cetteréponse ; mais comme il n’étoit pas leplus fort, il voulut user d'artifice. IIenvoya de nouveaux ambassadeurs luidemander l’entrée dans ses états, fousprétexte de vouloir ériger, à l'embou-chure du Danube , une statue en l’hon-neur d’Hercule. Atheas lui répondit, avecce laconisme ordinaire aux Scythes :“ Qu’il vienne , dìt-il, niais seul & fansarmée II ne fut pas possible à Philip-pe de retenir plus long-temps son ressen-timent, il déclara la guerre aux Scythes.Atheas n’ayant employé que de la valeurcontre un prince artificieux , périt dansun combat, vers l’an 340 avant notreere. II étoit âgé de 90 ans. C'étoit unprince tempérant & sobre, aimant laguerre & détestant le repos. On dit quependant la guerre de Macédoine , sesofficiers lui ayant présenté un musicienfameux qui avoit été fait prisonnier , illui ordonna de chanter} mais que nepouvant supporter sa voix efféminée , ille lit taire aussi-tôt. “ Que j'aime bienmieux entendre , disoit-il , les hennisse-mens de mon cheval, que la musique decet homme-là „. Ce trait suffit pour ca-ractériser Atheas. II eut Carcasiìs pourson successeur. Justin , Z. IX, c. ij.Front. I-, 11 , c.jv- Oros. &alii.(_T-nfATHEES, s. vn.pl. Métaph. On ap-pelle athées, ceux qui nient l’existenced'un Dieu auteur du monde. On peut îesdiviser en trois classes : les uus nient qu’ily ait un Dieu : les autres affectent depasser pour incrédules 011 sceptiques furcet article; les autres enfin, peudifférensdes premiers, nient les principaux attri-buts de la nature divine, & .supposentque Dieu est un être sans intelligence,qui agit purement par nécessité j c’est-à-dire , un être qui, à parler proprement,■ p’agit pointjdu tout, mais qui est tou-jeurs passif. L’erreur da, athées vient
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nécessairement de quelqu'une de ces troissources.
EUe vient 1°. de l’ignorance & de lastupidité. II y a plusieurs personnes quin'ont jamais rien examiné avec attention,qui n’ont jamais fait un bon usage deleurs lumières naturelles, pas même pouracquérir la connoissauce des vérités lesplus claires & les plus faciles à trouver :elles passent leur vie dans une oisivetéd’esprit qui les abaisse & les avilit à lacondition des bêtes. Quelques personnescroyent qu’il y ait eu des peuples assezgrossiers & assez sauvages , pour n’avoiraucune teinture de religion. Strabon rap-porte qu’il y avoit des nations en Espagne& en Afrique qui vivoient fans dieux, &chez lesquelles on 11e découvroit aucunetrace de religion. Si cela étoit, il eu Fau-drait conclure qu’eUes avoient toujouríété slítòíjcar il ne paroît nullement poffi-hle qn’nn peuple entier passe de la religionà l’athéisme. La religion est une chosequi, une fois établie dans un pays , doity durer éternellement: on s’y attache pardes motifs d’intérêt, par l’espérance d’u-ne félicité'temporelle, ou d’une félicitééternelle. On attend des dieux la fertilitéde la terre, le boa succès des entreprises:on cráint qu’ils n’cnvoyent la stérilité , lapeste , les tempêtes, & plusieurs autrescalamités} & par conséquent ou observeles cultes publies de religion autant parcrainte que par espérance. L’on est fortsoigneux de commencer par cet endroit-là l’éducations des snfansj on leur recom-mande la religion comme une chose de laderniere importance , L comme la sourcedu bonheur & du malheur, selon qu’onsera diligent ou négligent à rendre auxdieux les honneurs qui leur appartien-nent} de telssentimens, qu’on suce avecle lait , ne s'effacent point del’efprit d'u-ne nation ; ils peuvent se modifier en plu-sieurs maniérés , je veux dire , que l’onpeut changer de cérémonies ou de dog-mes, lòit par vénération pour un nouveaudocteur , fait par les menaces d’un con-quérant ; mais ils ne sauroient disparoîtretout-à-fait} d’ailleurs les personnes quiveulent contraindre les peuples en matiè-re de religion, ne le font jamais pour lesporter à l’athéisme} tout se réduit à sub-st, tue t aux formulaires de culte & decréance qui leur déplaisent, d’autres for-mulaires, L’abíervation que bous venons