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Tome troisieme. APA - ATZ.
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de Faire a paru fi vraie à quelques au-teurs , qu’ils ri’ont pas hésité de regarderl’idér d'un Dieu comme une idée innée &naturelle à s hom me : & de-là ils con-cluent qu’il n’y a jamais eu de nation,quelque féroce & quelque sauvage qu’onla suppose, qui n'ait reconnu un Dieu.Ainsi , selon eux , Strabon ne mérite au-cune créance; & les relations de quelquesvoyageurs modernes, qui rapportent qu’ily a dans le nouveau monde des nationsqu‘ n’ont aucune teinture de religion,doivent êtres tenues, pour suspectes, &mêmes pour Fausses, En effet, les voya-geurs touchent eii passant une côte , ils ytrouvent des peuples inconnus : s’ilsleurvoyent faire quelques cérémonies , ilsleur donnent une interprétation arbitrai-re; & si au contraire ils ne voyent aucunecérémonie , ils concluent qu’ils n’ontpoint de religion. Mais comment pont-on savoir les sentimens de, gens dont onne voitpas la pratique , ct dont on n’en-tend point la langue ? Si l’on en croit lesvoyageurs, les peuples de la Floride nereconnoiffoient point de Dieu , & yi-voient fans religion ; cependant un au-teur Anglois qui a vécu dix áns parmieux, assure qu’il n’y a que la religionrévélée qui ait efficé D beauté de leursprincipes ; que les Sacrâtes & les Platonsrouuiroient de se voir surpasser par despeuples bailleurs si ignorans. II est vraiqu’ils n'ont ni idoles, ni temples, niaucun, culte extérieur ; mais ils font vi-vement persuadés d’une vie à venir ,d’un bonheur futur pour récompenser lavertu ,„ L des souffrances éternelles pourpunir le crime. Que savons-nous, ajoti-te-t-il, si les Hottentots & tels autrespeuples qu’on nous représente commeathées , sont tel'qn’ils nous paraissent ?S’il n’est pas certain que ce? derniers re-conn.oissent uh Dieu, du moins est-il sûrpar leur conduite qn’ils reconnoisseritune équité, ct qu’ils en font pénétrés.La Defcviption du cap tic Bmnc-Esperancepar M. Kolbe, prouve bien que les Hot-tentots les plus barbares n’agissent pasfans raison , qu’ils suivent le droit desgens & de la nature. Ainsi, pour jugers’il y a eu des nations sauvages, fans au-cune teinture de divinité & de religion ,attendons à en être mieux informés queparles relations de quelques voyageurs.La seconde source d’athéifme c’est la

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débauche ct la corruption des mœurs. Ontrouve des gens qui à force de vices &de dérèglemens ont presqu'éteint leurslumières naturelles & corrompu lenr rai-son : au lieu de s’appliquer à la recherchede la vérité d’une maniéré impartiale , Stde s’informer avec foin des règles ou desdevoirs que la nature prescrit, ils 's'ac-çoutument à enfanter des objections con-tre la,religion, à leur prêter pins de forcequ’elles n’eu ont , & à les soutenir opi-niâtrement. Ils ne font pas persuadésqu’il n’y a point de Dieu, mais ils viventcomme s’ils l’étoient, ct tâchent d’effacerde leur esprit toutes les notions qui ten-dent à leur prouver une divinité. L’exi-stence d’un Dieu les incommode dans lajouissance de leurs plaisirs criminels; e’estpourquoi ils voudraient croire qu’il n’y apoint de Dieu , & ils s’effûrcent d’y par-venir. En effet, il peut arriver quelque-fois qu’ils réussissent às'étourdir & à en-dormir leur conscience; mais elle fe ré-'veille de tems en tems, & ils ne peuventarracher entierement le trait qui les dé-chire.

II y a divers degrés d’athéisme prati-que , ct il faut être extrêmement circon-spect fur ce sujet. Tout homme qui com-met des crimes contraires à l’idée d’unDieu, & qui persévère même quelquetemps, ne sauroit être déclaré auisi-tôtaisée de pratique. David, par exemple,en joignant le meurtre à (.'adultéré, sem-bla oublier Dieu, mais on ne sauroit pourcela le ranger au nombre des athées depratique ; ce caractère ne convient qu’àceux qui vivent dans J’habitude du cri-me, ct dont toute la conduiteiie paraîttendre qu’à nier l’exîftence de Dieu.

L’athéisme du cœur a conduit le plussouvent à celui de l’esprit. A force dedésirer qii’une chose soit vraie, on vientenfin.à sèpersuader qu’elle est telle; l’ef-prit devient la dupe du cœur, les véritésles plus évidentes ont toujours uncoté obscur & ténébreux par où l’onpeut les attaquer. Il suffit qu’une vériténous incommode & qu’elle contrarie nospassions; l’esprit agissant alors de con-cert avec le cœur,, découvrira bientôt desendroits Foibles auxquels il s’attache : ons’accoutume insensiblement à regardercomme faux ce qui avant la dépravationdu cœur, brilloit à l’esprit de la plus vi-ve lumière : il né faut pas moins que la