Band 
Tome IV. AU - BHA.
Seite
572
JPEG-Download
 

57r BAT

de M- Linné, c’est d’avoir regard é com-me la même espece les trois especes sui-vantes dont Rumphe a figuré deux à laplanche XX du volume VI de son 11er-bnrium Amboinicum , & qui, comme l'onva le voir, diffèrent extrêmement: &ne sont pas plus que celle-ci du genfedes orties.

Leêiiííi est, comme l'on voit parlescaractères rapportés ci-dessus, une es-pece du genre du schorigenam du Ma-labar, ou du tragra de Plumier.

Deuxième espece. Sala.

Les habitants d’Amboine appellent dunom de sala une autre espece de battique Rumphe a très-bien figurée a» vol.VI. de son Herbarium Ambomicmn ,page 47 , plan. XX, fig. I, sous le nomde urtica decumttna. Les habitants deTernate rappellent Sosuru , & les Ma-lays daun gattnl besnar , en latin foliv.mf ruritûs magnum , c’est-à-dire grandefeuille à démanger.

Sa racine est longue, traçante liori-fontalement, ramifiée.

Sa tige est fimple, haute de trois àquatre pieds, ronde en bas, ligneuse,de six à sept lignes de diamètre , angu-leuse en haut où elle est divisée en deuxà trois branches, & rude au toucherpartout.

Ces feuilles font lâches, alternes, el-liptiques , pointues aux deux extrémi-tés , longues de neuf à douze pouces,une à deux fois moins larges , dente-lées finement aux bords, très-rudes ,hérissées de poils très-serrés, roides ,piquants, relevées en-dessous d'uns ner-vure à quatre paires de côtes alternes ,blanchâtres , & portées arquées eu anglede quarante cinq degrés fur un pédiculecylindrique, une à deux fais plus courtqu’elles.

De faisselle des feuilles supérieuresfort une panicule égale à leur longueur,droite , ouverte fous un angle de qua-rante cinq degrés, ramifiée dans fa moitié isupérieure en cinq à sept branches al-ternes , portant chacune dans leur partie iinférieure dix à douze fleurs femelles -lâches , presque sessiles, & à leur ex- <trêmitó autant de fleur? mâles en épi 1

BAT

. sort ferré , & plus petites ; ces fleura. ressemblent à celle du batti , exceptéi que le pistil est jaunâtre ainsi que l’o~. vaire.

i Culture. La sala croît communément

I au bord des forêts & fous les buissons ;on la semé dans les jardins pour en faireusage.

Qualités. Ses feuilles piquent d’abordmoins facilement que celles de sortiede lEuro^pe ; meis lorsqu’une fois leurspoils ou piquants ont pénétré la peau ,ils y causent une espece de vésicule brû-lante suivie de démangeaison , comme ilarrive aux piquûres de la punaise.

Usages. Les Indiens font un usage jour-nalier de ces feuilles pour se faire desscarifications toutes les Fois qu’ils se sen-tent comme assoupis ou appesantis parla pléthore ou par un sang épais quicircule difficilement. Dans ce cas ils s’enfrottent le corps, hommes & femmeségalement, en y appliquant rudementleur face supérieure qui est la plus hé-rissée , & plus on frotte rudement &hardiment , moins on souffre ; il fautavoir attention de ne pas les retournerni les prendre trop légèrement, pourne pas se blesser le dessus des mains.Les parties ainsi frottées rougissent d’a-bord , & font couvertes d'une grandequantité de vésicules, excepté aux piedsdont la peau est plus lèche & plus ten-due ; ces vésicules ne font ni doulou-reuses , ni enflammées , elles donnent.feulement la sensation d’une déman-geaison semblable à celle que l’on res-sent lorsque quelque chose de rude tou-che la peau.

Pour faire disparoître ces vésiculesau bout d’une demi-heure , on les frotteauffi-tót après la friction avec une goutted’huile étendue fur la paume de la main,

& quand mêtpe il resteroit après cettedouche une espece de rudesse à la peau,peu importe , elle ne fait que procurerdu soulagement ; car après ces scarifica-tions & ces douches le corps se sentune agilité , une légèreté surprenan-tes.

Les Indiens se préservent par leurmoyen de nombre de maladies qui lesappesantissent ; celles de leurs femmesqui s’écoutent & qui s’aiment un peu ,font fl accoutumées à ce remede inno-