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Cent, qu’elles se croiroient malaises , fielles ne se faisoient donuer ces Frictions«ne à deux fois par semaine. Rumphcnousassure que, quoiqn'il n’eíit pas puse persuader d’abord que le corps délicatdes Européens eùt pu soutenir des Fric-tions aussi rudes en apparence, il s’estconvaincu par fa propre expérience quec’estune opération beaucoup plus facileà soutenir qu’o ne se le perl'uaderoit (sa-bord , & même fi salutaire qu'on ne sau-roit trop , à son avis, en faire usagetontes les fois qu’on se ressent quelquesdispositions à une maladie. Ce savantmédecin ajoute même qu’il a vu des Eu-ropéens si robustes qu’ils supportaientces frictions, fans qu’il y parût à leurpeau, fans qu’il s’y élevât aucune vési-cule.
C’est pour cet usage si familier aux In-diens que l’on vend dans les marchés desiles Moluques des paquets de ces feuil-les liées en faisceaux, & que l’on cultivela sala qui est blanche, plus tendre,moins irritante & moins échauffante que ile carnadu qui est rouge; ces paquets feconservent dans des caveaux ou antreslieux souterrains ou frais: on peut auffiles transporter sur mer enveloppées dansdes feuilles de bananier.
Ces frictions font très-falntaires pourceux qui font un usagehabituel des fruitschauds,comme font la mange, 1e durian,l’ananas. On a des indications certainesdti lieu où les humeurs se font amassées,lorfqu’on y voit de petits boutons, cequi ne se voit point fur la peau des gensqui jouissent d’une bonne santé.
II est hon de faire remarquer que,quoique lcsMalays, habitans des Molu-ques , aient chez eux notre ortie moyen-ne, ou au moins une efpece très-appro-chante, qu’ils appellent duu» gaffai hu-it , c’est-à-dire , ortie de porc , parce qneles porcs la mangent avec plaisir, quequoique les habitans de Ternate la man-gent cuite parmi leurs herbages , & danstoutes les maladies où les astringens leurfont nécessaires, néanmoins ils se don-nent bien de garde de l’employer dansleurs frictions , ses piquùres étant beau-coup moins bénignes , plus douloureu-ses , plus souvent inflammatoires; c’est íce qui leur fait dire que le grand serpent |
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a répandu son venin sur les feuilles decette ortie, que depuis ce temps elle estdevenue venimeuse, & le serpent au con-traire innocent : auffi quand les feuillesde la sala, qui font blanches leur man-quent, ils préfèrent fe servir de celles<îu carnadu qui sont rouges , quoiquebeaucoup plus piquantes, par préférenceà sortie vraie qu’ils regardent commedangereuse , quoiqu’elle ne soit pas réel-lement un poison comme semble syndi-quer leur fable.
Troisième efpece. Camadu.
Les Javanois donnent le nom de catm-du à une autre efpece de sala dont lesfeuilles fout plus étroites, quoique demême longueur, c’est-à-dire trois à qua-tre fois plus longues que larges, plusrudes, plus chargées de piquants & mê-me en dessous. On la reconnoît au pre-mier abord,parce qu’en total elle est plusridée, piquante par- tout, & brune à sestiges, aux calices des fruits & aux ner-vures des feuilles.
Usages. On ne se sert point de ses feuil-les pour faire des frictions , parce qn’elleest trop rude , trop piquante, à moinsqu’on ne manque de celles de la sala ; audéfaut de eeiles-ci, on leur donne la pré-férence fur celles de sortie dont la fric-tion passe pour dangereuse.;
Quatrième efpece. Matti. 1
Le matti que ses Malays appellent en-core daun gaffai mufti, quia été renduen latin par le nom d ’urtica mortaa ouurteca molucca mortua , par Rumphe, quien a donné une bonne figure, quoiqu’in-complette, au •vol. VI de son HerbarimnAmhoinicum, page 49, planche XX, figu-re s , est nommé par les habitans deTernate , foforu hobuta , c’est-à-dire,ortie blanche.
Sur une racine ligneuse, composéed’un faisceau hémisphérique de fibres,s’éleve une tige haute de trois pieds &demi, fans aucunes branches cylindri-ques , ligneuse , verd-pâle, lisse en bas 'L dépourvue des feuilles qui fout toai-