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Tome V. BI - CALZ.
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Tandis que Louis XI & Charles VIIItassembloient ainsi le plus de livres qu'illeur étoit possible, les deux princes de lamaison d’Orléans, Charles, L Jean com-te d’Angouiême, son frère,revenus d’Au-gleterre après plus d- r; ans de prison ,jetterent, le premier à Blois,& le secondà Angoulême, les fondemens de deux bi-bliothèques, qui devinrent bientôt roya-les , & qui tirent oublier la perte qu’onavilit faite par la dispersion des livres dela tolirdu Louvre , dont on croit que luplus grande partie avoit été enlevée parle duc de BetFort. Charles en racheta enAngleterre environ soixante volumes ,qui furent apportés aii château de Blois,& réunis à ceux qui y étoient déja enalì'ez grand nombre.

Louis XII, fils de Charles , duc d’Or-léans , étant parvenu à la couronne , yréunit 1 & bibliothèque de Blois, an milieude laquelle il avoit été , pour ainsi dire ,élevé; & c’est peut-être par cette consi-dération qu'il ne voulut pas qu'ellechangeât de lieu. II y lit transporter leslivres de ses deux prédécesseurs Louis XI& Charles VIII, & pendant tout le coursde Ion règne il s’appliqua à augmentesce trésor , qui devint encore bien pinsconsidérable loríqn’ìl y eut fait entrer labibliothèque que les Vilcomti & les 8for-ce ,^ducs de Milan , avoient établie à Ba-ttis , & en outre les livres qui avoient ap-partenu au célébré Pétrarque. Ricnn’estâu-dessus des éloges que les écrivains dece teins - là font de la bibliothèque deBlois; elle étoit ('admiration non-feule-nient de la France,mais er.corcde l’Itaíie.

François premier, ap’ès avoir aug-mente la bibliothèque de Blois , la réuniten 1454a celle qu’il avoit commencé d’é-tàblirao château de Fontainebleau plu-sieurs années auparavant : une augmen-tation fi considérable donna un grandlustre à ta bibliothèque de Fontainebleau,qui étoit déja par eile-même assez riche.François premier avoit fait acheter enItalie beaucoup de manuscrits grecs pafJerótne Fmidule , homme de lettres , engrande réputation dans ce tenips-là; ilvn fit encore acheter depuis par ses am-bassadeurs à Rome & à Venise. Ces mi-jiistres.s’acqiiitterent de leur commiffionavec beaucoup de foin & d'inteliigence;cependant ces différentes acquisitions neTome T. Tartìe I,

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formoient pas au-delà de 400 volumes,avec une quarantaine de manuscritsorientaux. On peut juger delà combienles livres étoient encore peu communsalors , puifqu’un prince qui les recher-choít avec tant d’emprefiément, qui n’é-pargnoit aucune dépense , & qui cru-,ployoit les plus habiles gens pour efitamasser, n’en avoit cependantqVu rassem-bler qn’un fi petit nombre, en comparai-son de ce qui s’en est répandu cn Francsdans la fuite.

La pulsion de François premier pouíles manuscrits grecs, lui fit négliger leslatins & les ouvrages en langues vulgai-res étrangères. A l’égard des livres Fr an-»çois qu’il fit mettre dans fa bibliothèque ,on en peut raire cinq classes différentes ;ceux qui ont été écrits avant son régné ;ceux qui lui ont été dédiés; les ìivtesqui ont été faits pour l’on usage on quilni ont été donnés par les auteurs ; lezlivres de Lotiife de Savoie fa mere ; Síenfin ceux de Marguerite de Valois fasœur : ce qui ne fait qu’à peu-près yovolumes.

Jufqu’alors il n'y avoit eu pour pren-dre foin de la bibliothèque royale , qu’uiisimple garde en titre, François premiefcréa la charge de bibliothécaire en chef,qu’oii appelia long-tems, & qui d.tf<; Í’esíprovisions s’appelle encore maître de lalibrairie du roi.

Guillaume Budé fut Pourvu le pre-mier de cet emploi, & ce choix fit égale-ment honneur au prince & n l'homme d Slettres. Pierre du Chaste! ou Chatellaiului succéda ; c’étoit un homme fort versédans les langues grecque & latine. 11mourut cil 1552 j & fa place fut remplie,fous Henri II par Pierre de Montdoré ,conseiller au grand conseil, homme très—lavant,fur-.tout dans les mathématiques-La bibliothèque de Fontainebleau parnîên'avoir reçu qtie de médiocres accroisse-mens sons les reçues destroîs fils dc Hen-ri II, à cause, fans doute, des troubles &des divisions que le prétexte de là reli-gion excita alors dans le royaume.Mont-doré , ce savant homme , soupçonné Waccusé de donner dans les opinions nou-velles en matière de religion , s'e»fuitde Paris en 1567, frso retira à Sancerrs'en Berry , où i! mourut de chagrin trois?ans après. Jaçques Amyot, qui avoit étí