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Tome V. BI - CALZ.
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sens physique , cette piece de terre est àma bienséance, quand ion acquisition ar-rondit un domaine -, embellit un jardin.

Dans ('imitation poétique , les conve-nances & les bienséances ne font pas pré-cisément la même choie: les convenan-ces lont relatives aux personnages ; lesbienséances font plus particulièrement re-latives aux spectateurs. Les unes regar-dent les usages , les mœurs dit temps &du lien de faction; les autres regardenti’opinion & les mœurs du pays & du sié-cle où faction est représentée. Lorsqu’nna fait parier & agir un personnage, com-me il auroit agi & parlé dans son temps,on a observé les convenances ; mais siles mœurs de ee temps-!à étoient cho-quantes pour le nôtre , en les peignantlans les adoucir, on aura manqué auxbienséances-, & si une imitation trop sideleblesse non.feulement la délicatesse, maisla pudeur, on aura manqué à Indécence.Ainsi , pour mieux observer la décence& les bienséances actuelles , on est sou-vent obligé de s’éloigner des convenan-ces, en altérant la vérité. Celle-ci esttoujours la méme , & les convenances.font invariables comme elle ; mais lesbienséances varient selon les lieux & lestemps: on en voit la preuve frappantedans ('histoire de notre théâtre.

11 fut un temps où , fur la feene Fran-çoise, les amantes & les princesses mê-mes déclaraient leur passion avec uneliberté & même une licence qui révolte-loient aujourd’hui tout le monde.

Cc n’eftdoiicpasle progrèsdes mœurs,mais le progrès du goût, de la culture del’efprit, de la politesse d’un peuple, quidécide des bienséances. C’est à mesure q neles idées de noblesse, de dignité , d’hon-néteté se raffinent, & que la morale théo-rique se perfectionne,qu’on devient plusfévere & plus délicat;

Chastes font les oreilles ,'Encore que le cœur soit frisson ,

dit'laFontaine. On vá pius loin ; &onprétend qne plus le cœur est corrompu ,K plus les oreilles sont chastes ; jmais cen'est q u’une façon ingénieuse de fairedasatyre des siécles polis. L’innocence , íiest vrai, n entend malice à rien, à sesyeux .rien n’a besoin de voile » mais le

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monde'ne peut pas toujours être nins-cent & naïf, comme dans son enfance ;& les siécles , comme les personnes,peu-vent en s’éclairant devenir à la fois , Siplus décents dans le langage , & plus sé-veres dans les mœurs.

Qpoi qti’iì en soit, ce ne fut qu'à î'é-poqne du Cid qu’on parut devenir déli-cat fur les bienséances, lorsau’on fit uncrime à Corneille, d’avoir tait paroítreRodrigue dans la maison de Chimcneaprès la mort du comte ,*& (savoir faitdominer ('amour dans la conduite qu’eUetient. Ce furent les yeux de l'envie, qnlles premiers s’ouvrircnt fur Cette faute ,si c’en est une ; ainsi l’on dut peut - être'alors à ('envieuse malignité la réformede notre théâtre fur 1',article des bien-séances , & cette sévérité de goût qnl de-puis en a si fort épuré les mœurs. ( M.Jllarmontel. )

BIENSEANCE , f. m. terme d'Archi*teélure. On se sert de ce nom d'aprèsVitruve, pour exprimer l’aipect d’unédifice dont la décoration est approuvée,& l’ordonnance fondée fur quelque au-torité : c’cst ce que nous appelions con-venance. Voy. Convenance; voyezaussi Aspect. (P)

BIENTENANT , [terme de Palais fsynonyme à poste feur oil détenteur. Voy -l’un est l’autre. (H)

BIENVEILLANCE , s. k. Morale.-La bienveillance est un- sentiment que'Dieu imprime dans tous les cœurs, parlequel nous sommes portés à nous vou-loir du bien les uns aux autres. La socié-té lui doit ses liens les plus doux & lesplus forts. Le principal moyen dont s’estservi l’Auteur de la nature pour établir &conserver la société du genre humain , aiété derendre communs entre les hommesleurs biens & leurs maux, toutes les foisque leur intérêt particulier n’y met pointobstacle. I! est des hommes en qui l’inté-rét,!’ambition,l’orgueil,empêchent qu’iLnes’éleve de ces manvemens de bienveil-lance. Mais il n’en est point qui n’cn por-tent dans le cœur les semences prêtes àéclorre en faveur de ['humanité & de la:vertu,dès qu’nn sentiment supérieur n’y'fait point d’obftaele.Et s’il étoit quelquehomme q.ui n’eût point reçu de la nature