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Tome V. BI - CALZ.
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BON

animés , qui doute qu’ii n’y én ait deplus parfaits ies uns que les autres? Ontliroit que la nature a ménagé, pour laperfection de cet univers, une efpecede gradation qui nous fait montera desêtres toujours plus parfaits, à mesurequ’on s’avance dans la fphere qui les com-prend tous. Ces nuances, il est vrai, cespassages imperceptibles n’ont plus lieu,quand il est question de passer d u mon-de matériel an monde spirituel. De l’unà l’autre le trajet est immense : maisquand nous sommes une fois parvenusau monde spirituel, qui pourroit expri-mer la distance qui sépare l’ame desbêtes , des sublimes intelligences cé-lestes ? Les nuances qui distinguent lesdifférentes efpeces d’efprits font imper-ceptibles, & cependant très - réelles.Kien n’est plus mince que la'barriere quisépare l’instinct d’avec la raison, & ce-pendant ils ne se confondent jamais.Voyez l'artids Esprit , où nous avonseu soin d’en caractériser les différentesefpeces, & rì’assiguer autant qú'il estpossible, les limites qui séparent lesunes des autres.

Tous les êtres qui entrent dans lâ com-position de ce grand tout qu’on appellel 'univers , ne sent donc pas égalementbons , il est même nécessaire qtî’ilsnelesoient pas. C’est de l’imperfection pluson moins grande des différons êtres, querésulte la perfection de cet univers. Onconquit qu’i! l’croit beaucoup moins par-fait, s’il ne comprenois dans fa totalitéqi;e des êtres de la même efpece , cesêtres fussent-ils les plus nobles de tousceux qui le composent. I.a trop grandeuniformité déplaît à la longue ; du moinselle ne tient pas lien de la variété , quicompense ce qui manque aux êtres finis.Croit-on qu’nn monde qui ne seroit for-mé que de purs esprits, fût plus parfaitqu’il ne Test aujourd’hui? qui 11 e voitque 1c inonde matériel laisserait par sonabsence un grand vuide dans cet uni-vers? On pourrait étendre cette réfle-xion jusqu’au mélange de vertus & devices , dont nous sommes ici-bas le spec-tacle & les spectateurs tout à la fois. Unmonde d’où feraient bannis tous les vi-ces , ne ferait certainement pas si par-fait qu’un monde qui les admet. La ver-tu prile eji elle-même, est fans doute

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préférable au vice, de même que l’espritest par sa nature plus noble que leTorps:mais quand on considéré les choses parrapport au grand tout, dont ils font par-tie ; on s’apperqoit aisément que pourune plus grande perfection , il étoit né-cessaire qu’il y eut des imperfectionsdans le monde physique & datis le mon-de moral.

Si mola sujlulerat , non erett illa bonus.

Voyez r article MANICHEISME, oùce raisonnement est développé dans tou-te fa force.

Rien n’est fans doute plus admirableque tous ces rapports, que la main duCréateur a ménagés entre les différensêtres. Us font plus ou moins immédiats ,suivant le plus ou moins de variété deces êtres. 11 en est d’enx comme des vé-rités , qui tiennent toutes les unes auxautres, moyennant les vérités intermé-diaires, qui fervent à les réunir. L»bonté cet univers consiste dans la gra-dation des différens êtres qui le compo-sent. Us ne sont séparés que par desnuances, comme nous l’avons déja re-marqué; il ue se trouve aucun vuidedans le passage du régné minéral au ré-gné végétal , ni dans le passage de celui-ci an régné animal ; autrement, pourme servir de la pensée de billustrePope,il y aurait un vuide dans la création, où,un degré étant ôté , la grande échelleseroit détruite. Qu’un chaînon soit rom-pu , la chaîne de la nature Lest , & Lest, également , soit au dixïeme , soit au dix-millieme chaînon. C’est alors qu’on ver-rait , pour continuer la pensée du poèVeAngíois, la terre perdre fou équilibre oìîle soleil courir sans réglé au travers descieux, un être s’abymer fur un autreêtre , un monde fur un autre monde ,tonte la masse des cieux s’ébranler jus-ques dans fou centre, la nature frémirjusqu’au trône de Dieu, en un mot touti’ordre de cet univers se détruire & seconfondre.

11 faudrait être stupide & insensible,pour ne pas appercevoir la dépendance& la subordination de tous les êtres quientrent dans la composition de ce toutadmirable : mais il faudrait être encorepis que tout cela pour l’atcribuer à un