H'€ó BON
Mœurs.'Le bongon eit commun dans lamer d’Amboine autour des rochers.
Remarque. Ce poisson, par le nom-bre & la position de ses nageoires, & parla Forme tronquée de fa queue, fait sen-siblement un genre particulier dans lafamille des remores ou fucets. (Jll.Adanson.)
BOX-HENRI, Bonus-Henricus , f. m.Hift. nat. Bot. , plante qui doit se rap-porter an genre appelle patte à'oie. Voy.Patted’oie.
Le bonus-benricus , ou la tota-bona , ala racine épaisse, jaunâtre, garnie dequelques fibres, âere, & amere; les tigesnombreuses, cannelées, creuses, en par-tie droites, en partie couchées fur la ter-ne, légèrement velues , longues d’un piécu d’une coudée ; les feuilles triangu-laires , comme celles de l’arroche ou dupié-de-veau , & quelquefois assez sem-blables, lisses en dessus, couvertes d’unefìnefarineen dessous, portées fur de lon-gues queues, & posées alternativementJur des tiges , d’une saveur un peu ni-treuse : les fleurs an sommet des tiges,ramassées en épi, petites, fans pétales,composées de plusieurs étamines jaunesqui s’élevent d'un calice découpé en plu-sieurs partiesjle pistil dégénérant en unepetite graine arrondie, applatie, appro-chant de la forme de rein, noire dans famaturité , renfermée dans une capsulequi a la figure d’une étoile , & qui étoitie calice de la fleur.
La plante entiere est d’usage : on latrouve dans les lieux incultes St les ma-sures , le long des chemins , des vieillesmurailles & des haies des champs, oumême on la cultive dans les potagers.
La plante entiere, graine & racine,distillée à la cornue, donne une liqueurlimpide, d’nne couleur & d’une faveurd’herbe ; une autre liqueur limpjde , de]a même odeur & faveur , mais plus ma-nifeste & fort acide; une liqueur roussâ-tre, empyreumatique, fort acide, un peusalée & un peu austere ; une liqueurrousse , empyreumatique, imprégnée debeaucoup de sel volatil urineux , unehuile épaisse comme du sirop.
La masse noire de la cornue calcinée,a donné des cendres dont on a tiré parlixiviation un sel fixe purement alkali.
Ainsi cette plante contient un sel
BON
essentiel, nitreux, ammoniacal, lnêlííebeaucoup d’huiie, & délayé dans beau-coup de pblegmejd’où il résulte que c'estun composé visqueux, & unpeu mucila-gineux.
Cette plante relâche le ventre, & estémolîiente ; sa feuille pelée & hachésréunit les plaies récentes, déterge lesulcérés sordides & vieux, &tue les versqui y surviennent. Elle est encore di-gestive , résolutive,. & calmante. Le ca-taplasme de la plante entiere soulagedans îa goutte.
EONHEURff. m. Morale, fe prend icipour nn état, une situation telle qu'onen desircroit la durée fans changement ;& en cela le bonheur est différent du plai-sir, qui n’est qn’un sentiment agréable,mais court & passager, & qui ne peut ja-mais être un état. La douleur auroit bieaplutôt le privilège d'en pouvoir être un.
Tous les hommes fe réunissent dans ledésir d’être heureux. La nature nous xfait à tous une loi de notre propre bon-heur. Toutce quin’est point bonheur nousest étranger : lui seul a un pouvoir mar-qué fur notre cœur; nous y sommes tousentraînés par une pente rapide , par uncharme puissant, par un attrait vain-queur ; c’est une impression ineffaça-ble de la nature qui l’a gravé dans noscœurs, il en est le charme & la perfec-tion.
Les hommes fe réunissent encore fur lanature dn bonheur. Ils conviennent tou-squ’ilestle même que le plaisir, ou dumoins qu’il doit au plaisir ce qu’il a deplus piquant & de plus délicieux.Un bon-heur que le plaisir n’anime point par in-tervalles, & fur lequel il ne verse pas fesfaveurs, est moins n n vrai bonheur qu’unétat & une situation tranquille ; c’est nntriste bonheur que celui-là. Si l’on nouslaisse dans une indolence paresseuse , oùnotre activité n’aitrien à saisir, nous 11epouvons être heureux. Pour remplirnosdésirs,il faut nous tirer de cet assoupisse-ment où nous languissons ; il faut fairecouler la joie jnfqu’au plus intime denotre cœur, ranimer? par des fentimensagréables, ('agiter par de douces secous-ses, lui imprimer des mouvemens déli-cieux, l’enivrer des transports d’nne vor-luptcpure, que rien ne puisse altérer.Mais la condition humaine ne comporte