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Tome V. BI - CALZ.
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ce , puisqu'elle laisse pour intervallecntr’ellc & lui toutes les vertus deprécepte. La générosité est un degré deperfection ajouté aux vertus par-dessuscelui que prescrit indispenlablement laloi. Faire pour ses semblables précisé-ment ce qu’ordonne la loi , ce n’estpas être généreux ; c'est simplementremplir son devoir.

Mais la charité , ou ce qui est lamême chose , cette affection généraleque nous devons à tous les hommes ,n’est pas une vertu de subrogation :vous 11e ferez que satisfaire à ce quel’humanité vous impose , si rencontrantun inconnu que des assassins ont blessé,vous vous en approchez pour panierses plaies : le besoin qu’il a de votresecours, est une loi qui vous oblige àle secourir. U11 indigent est pressé parJa Faim; vôns ne ferez que payer unedotte en appaifant fou besoin. Les pau-vres font à-la charge de la société; toutle superflu des riches est affecté de droità leur subsistance. Et ne plaignez pasmême le secours que vous leur donnez ,,quand il feroit le prix de vos sueurs& de pénibles travaux : quoi qu’il vouscoûte, il leur coûte encore pins : c’estl’achetcr bien cher que de le recevoirà titre d’aumône.

Voulez-vous apprendre en deux motsjufqu’où s’étendent les bons offices quevous devez à vos semblables ? en voicila mesure : Faites à autrui ce que vousvomiriez qu'on vous fit. (X)

■ Bonté , s. f., Èclìcs-Lettres , Philos.11 n’y a proprement dans la nature nidans les arts d’autre hontê qu’une bontérelative , de la cause à l’effet , & del’effet lui-même à une fin ultérieure ,qui est l'intention , futilité ou l’agré-ment d’un être doué de volonté, ou ca-pable de jouissance. (II ne s’agit pointici de la bonté prise pour faccompliffe-ment des devoirs prescrits par les loixde la morale).

Quand la bonté n’est relative qu’àl’in-tention, ce mot n’est pris que dans unsens impropre , & bon se trouve quel-quefois le synonyme de mauvais : c’estainsi qu’une politique pernicieuse, uneambition funeste, une éloquence cor-ruptrice employé de boqs moyens, c’est-à-dire , des moyens propres à réussir d^ns

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les desseins qn’elle se propose. Da même,par rapport a f agrément & à futilité,une chose est bonne ou mauvaise, selonles goûts, les intérêts , les fantaisies,les caprices ; & dans ce sens , presquetout est bon : les calamités méme & lesfléaux ont leur ia«íéparticiiliere ; & aucontraire ce qui est bon pour le plusgrand nombre , est presque toujoursmauvais pour quelqu’un : la disette estle bon temps de f usurier, dont les gre-niers font pleins ; la bonne année desmédecins est une année d’épidémie , £fvice versa.

La ûoïjíédans un sens plus étroit, estla faculté de produire un effet désirable ;& une cause est plus ou moins générale-ment bonne, à mesure que son effet estplus ou moins généralement à desirtr. Lemême vent qui est bon pour ceux qui vo-guent du levant au couchant, est mau-vais pour ceux qui voguent en; sens con-traire; mais un air pur & l’ain est bonpour tout le monde.

Un être n’est bon en lui-même , quedans ses rapports avec lui-même, &qu’autant qu’il est tel que son bonheurf exige ; ensorte que s’il n’a pas la fa-culté de s'appercevoir , & de jouir ou desouffrir de son existence, il n’est en lui-même ni bon ni mauvais. Par la mêmeraison , entre les parties d’nn tout, si lesunes fout douées cf intelligence & de sen-sibilité, & les autres non , celles-ci nefont bien ou mal que dans leur rapportavec cefes-là : il cn est ainsi des partiespurement matérielles de l’univers relati-vement à ses parties intelligentes & sen-sibles : ce qni réduit la question de l’opti-mifme à une grand simplicité. F. Opti-misme.

Dans les arts, on a souvent dit : toutce qui plaît est bon. Ceia est vrai dansun sens étendu , comme on vient de levoir ; & dans ce sens-là tous les vins fontbons, celui dont le manant s’enivre,comme celui que savoure l’homme vo-luptueux , le gourmet délicat. Mais dansun sens plus rigoureux cela seul est réel-lement bon, qui cause un plaisir salu-taire, ou du moins innocent, à f hommedont l’organe est doué d’une sensibilitéfine & juste : je dis un plaisir salutaire ouinnocent, car dans le physique ce qui eitbon pour f agrément, peut être mauvais