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former t;ne îáée plus nette de la maniérédant cette essence agit, il faut distinguerses attributs ; considérer fa justice , famiséricorde, fa sagesse. II semble que lescabalistes n’aientpas d’autre vue que deconduire leurs disciples à la connaissan-ce des perfections divines , & de leurfaire voir que c'est de ('assemblage deces perfections que dépendent la créa-tion & la conduite de l’univers : qu’el-les ont une liaison inséparable; quel’une tempere l'autre: c’est pourquoiils imaginent des canaux par lesquelsles influences d’nne splendeur le com-muniquent aux autres. “ Le monde ,„ disoit Siméon Jochaïde (in Jezirab,„ cunt not. Bictangel,pa/r.l85. fis 186.)„ ne poifvoit être conduit par la mifé-,, rícorde feule & par la colonne de la„ grâce ; c’est pourquoi Dieu a été obii-M gé d’y ajouter la colonne de la forceM ou de la sévérité, qui fait le jugement.„ II étoit encore nécessaire de concilier„ les deux colonnes , & de mettre tou-jj tes choses dans une proportion & dans„ nn ordre naturel ; c’est pourquoi on3 , met au milieu la colonne de la beau-,, té , qui accorde la justice avec la mi-„ féricorde, L met l’ordre fans lequelj, il est impossible que l’univers fublìste.„ De la miséricorde qui pardonne les5, péchés, fort un canal qui va à la vic-,, toire ou à l’éteruité ; „ parce quec’est par le moyen de cette vertu qu’onparvient air triomphe ou à l’éternité. ;Enfin les canaux qui sortent de la misé-ricorde & de la force, & qui vont abou-tir à la beauté, sont chargés d’iin grandnombre d’anges. II y en a trente-cinqfur le canal de la miséricorde,qui récom-pensent & qui couronnent la vertu desîaints;& on en compte un pareil nombrefur lc canal de la force, qui châtient lespécheurs : & ce nombre de soixante &dix anges, auxquels on donne des nomsdifférons, est tí ré d u Lv/. chap. del’E-tcode.
II y a là une vérité assez sensible; c’estque la miséricorde est celle qui récom-pense les fidèles, & que la justice puaitles impénitens.
II me semble que la clef du mystèreConsiste en ceci : les cabalistes regar-dairíQieu comme une essence infinie qui«c peut être pénétrée , & qui ne peut se
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communiquer immédiatement à la créa-ture , ont imaginé qu’elle se faisoit con-noître & qu’elle agiílbit par les perfec-tions qui émanoient de lui, comme lesperfections de l’ame & son essence semanifestent & se font connoître par lesactes déraisons & de vertu qu’elle pro-duit, & fans lesquels ces perfections se-rment cachées.
Ils appellent ces attributs les habits deDieu, parce qu’il se rend plus sensiblepar leur.moyen. 11 semble à la vérité queDieu sc cache par-ià , au lieu de se révé-ler , comme un homme qui s’enveiopped’un manteau ne veut pas être vu ; maisla différence est grande,parce que l’hom-me est fini &. borné, au lieu que l’essen-ce de la divinité est imperceptibleí’ans lesecours de quelque opération : ainsi onne peut voir le soleil,parce que son éclatnous éblouit : mais on le regarde der-rière un nuage , ou au travers de quel-que corps diaphane.
Ils disent aussi que c'étoient les instru-mens dont le souverain architecte sc ser-vait ; mais de peur qu’on 11e s’y trompe,ils ont ajouté. (Abrahams patriarches li.ber Jezirab , cap. j. fiel. z. p. 17;.) queces nombres font sortis de l’essence deDieu même; & que l’on les considérécomme des inftrumens, ce lêroit pour-tant une erreur grossière que de croireque Dieu peut les quitter & les repren-dre selon les besoins qu'il en a, commel’artifanquittelcs outils lorsque l’ouvra-ge est fini ou qu’il veut se reposer, & lesreprend lorsqu’il recommence son tra-vail. Cela ne se peut, car leS instrumentne font pas attachés à la main Au charpen .tier ; mais les nombres, les lumières res*plendijsantessortent de i’ejence ie l’infini,& luisant toujours unies, comme la fiant*me au charbon. En esset, comme le char-bon découvre par la flamme sa force & savertu qui étoit cachée auparavant, Dieurelève sa grandeur & sa puissance par leslumières resplendissantes dont nous par-lons.
Enfin les cabalistes disent que ce nesont pas là feulement des nombres,com-me Morusl’a cru , niais des émanationsqui sortent de I'eslénce divine, commeles rayons sortent du soleil, & comme lachaleur naît par le feu sans en être sépa-rée. La divinité n’a souffert ni trouble,