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ni douleur , ni diminution, en leur don-nant l’exillence, comme un flambeau neperd pas fa lumière & ne souffre aucuneviolence,lorsqu’on s’en sert pour en allu-mer un autre qui étoit éteint, ou qui n’a ■jamais éclairé. Cette comparaison n’estpas tout-à-fait juste; car le flambeauqu’on allume , subsiste indépendammentde celui qui lui a communiqué sa lumiè-re : mais l’intention de ceux qui fontimaginée étoit seulement de prouverque Dieu ne souffre aucune altérationpar l’émanation de ses perfections, &qu’elles subsistent toujours dans soneísence.
L'ensoph, qu’on met au delfus de l'a»bre séphirotique ou des splendeurs divi-nes,est l’infini. Ou l’appelle tantôt Yètre,& tantôt le non-ètre. C’est un être, puis-que toutes choses tirent de lui leur exis-tence : c’est le non-ètre , parce qu’il estimpossible à l’homme de pénétrer son es.fence & sa nature. II s’enveloppe d’unelumière inaccessible , il est caché dansune majesté impénétrable; d’ailleurs iln’yadansla nature aucun objet qu’onpuisse lili comparer, & qui le représentetel qu’il est. C’est en ce sens que Denysl’Aréopagite a osé dire que Dieu n’étoitlien , ou que c’étoit le néant. On fait en-tendre par-là que Dieu est une essenceinfinie, qu’on ne peut ni la sonder ni lacounoître; qu’il poífede toutes chosesd’une maniéré plus noble & plus parfai-te que les créatures ; & que c’eft de luiqu’elles tirent toutes leur existence &leurs qualités par le moyen de ses per-fections , qui sont comme autant de ca-naux , par lesquels l’être souverain com-munique ses faveurs.
Les trois premières splendeurs fontbeaucoup plus excellentes que les autres.Lescabalistes les distinguent: ils les ap-prochent beaucoup plus près de l’infini,au'qiiel elles font étroitement unies; &la plupart eu font le chariot d’Ezéchielou le mercava , qu’on ne doit expliquerqn’aux initiés. Les Chrétiens ( Kirch.Œdif. Egypt. Gyrnn. llyerog. cials. 4.tz. 2.) profitent de cet avantage, & sou-tiennent qu’on a indiqué par-là les troispersonnes de la Trinité dans une feule &même essence"qni est infinie. Ils se plai-gnent même de l'ignorance & de l’aveu-glcment des cabalistes modernes» qui
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regardent ces trois splendeurs comméautant d’attribnts de la divinité; maisces cabalistes font les plus sages. En ef-fet , on a beau citer les cabalistes qui di-sent que celui qui est un afait émaner leslumières ; qu'il a fait trois ordres d'éma~nations , U que ces nombres prouvent littrinité dit roi pendant toute l’éternité »ces expressions vagues d’Isaehor Beer(Ifaoch Beer , fil. Jilojis , Pcsahc lib.imve Berìahf sont expliquées un mo-ment après : tout le mystère consiste dansVémanation de quatre inondes ; l’Arcbeti-pe, l'Angélique , celui des Etoiles & l'E -lémentaire .Cependant ces quatre mondesn’ontriende commun avec la Trinité:c’est ainsi que Siméon Jochaïdes trou voitdans le nom de Jéhovah, le Pere, leFils, la fille & la mere : avec un peude subtilité,on trouveroit le Saint-Espritdans la Fille de la Voix, & la Mere pour*roit être regardée comme l’effence divi-ne ou l’église chrétienne. Cependant onvoit bien que een’étoit point l’intentionde ce cabaliste. Lefod , disoit-i! , est lePere; l’L,ou la seconde lettre d u nomineffable, est la Mere; l’a est le Fils;la derniere,/;, est la Fillequ’en-tend-il par-là ? Vesprit , le verbe, litvoix, & Vouvrage. On cite Maimonides,qui dit que “ la couronne est i’efprìt ori—„ ginaldes deux vivans; que la sagesse„ est l’esprit de l’Esprit, & que l'intclli-„ gence est Peau qui coule de l’esprit;„ que s’il y a quelque distinction entre„ les effets de la sagesse, de l’intelli-„ gence &de la science,cependant íln’y„ a aucune différence entr’elies ; car I»„ fin est liée avec le commencement, Si„ le commencement avec la fin. “Maisil s’explique lui-même, en comparantcela au feu 01: à la flamme qui jette andehors plusieurs couleurs différentes,comme autant d’émanations qui ont tou-tes leur principe & leur racine dans iefeu. On ne conquit pas les personnes dela Trinité, comme le bleu, le violet & leblanc qu'on voit dans la flamine ; cepen-dant les cabalistes soutiennent que lessplendeurs émanent de la Divinité, com-me les couleurs sortent de la flamme, onplutôt du feu. II ne faut donc pas s’ar-rêter aux éloges que les docteurs fontdes trois premiers séphirots, comme fìe’étoiqnt les personnes de la Trinité,