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Tome V. BI - CALZ.
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«droit à lai, puisque c’est le maître qu’ìiFaut suivre, & que le cabaliste s’égarectès le moment qu’il l’abandonne? LesJëphirots sont, comme les distinctions«des scholastiques, autant de remparts,ilerriere lesquels un homme qui raisonneijtiste , ne peut jamais percer un ignorantqui fait son jargon. Les écrivains sacrésor>t parié comme des hommes sages & ju-dicieux , qui voulant Faire comprendredes vérités sublimes , se servent de ter-mes clairs. Ils ont dû nécessairementfacr leur pensée & celle des lecteurs ,sr’ayant pas eu dessein de les jeterdans unembarras perpétuel & dans des erreursdangereuses. S’il est permis de faire dire«Dieu tout ce qu’il a pu dire, fans queni le terme qu’il a employé , ni la liai-son du discours déterminé à un sens pré-cis, on ne peut jamais convenir de rien.3Les systèmes de religion varieront à pro-portion de la fécondité de l’imagínation*le ceux qui liront récriture ; & pendantqtiql’un s'occupera à chercher lesévéne-criens futurs & le sort de régisse dansles expressions les plus simples, un autreyr trouvera fans peine les erreurs les plusgrossières.

Mais, nous dira-t-on , puisque lesJuifs font entêtés de cette science, neá'eroit-il pas avantageux de s’en servirpour les combattre plus facilement ?tjnel avantage ! quelle gloire pour noms,lorsqu’on trouve, par ia cabale , la Tri-aiité des personnes, qui est le grand épou-vantail iles Juifs , & le fantôme qui les«trouble ! quelle consolation , lorfqn'ondécouvre tous les mystères dans unescience qui semble n’ctre faite que pourles obscurcir !

Je réponds i°. que c’est agir de mau-vaise foi que de vouloir que le christ!a-wifme soit enfermé d^ns les féphîrots ;car ce n’étoit point l’intention de ceuxqui les ont inventés. Si on y découvrexios mystères, afin de faire sentir le ridi-cule & le fossile de cette méthode , à lalionne heure : mais Morus & les autresteabalistes chrétiens entrent dans le com-bat avee une bonne foi qui déconcerte ,}>arce qu’elle fait connoître qu’ils ontdeíiein de prouver ce qu’ils avancent, &qu'ils font convaincus que toute la reli-gion chrétienne se trouve dans la cabale;íJî iasuiîcct ceux qui s’en moquent « L

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prétendent qne c’eft l’ignorance quî en-fante ces souris méprisons. On peut em-ployer cette soisnee contre les rabbinsqui en lont entêtés, afin d’ébranler leurincrédulité par les argumens qne l’ontire de leur propre sein ; & l’nsage qn’onfait des armes qu’ils nons prêtent, peutêtre bon quand on les tourne contre eux.mêmes : mais il faut toujours garder sonbon feus au milieu du combat, & ne felaisser pas éblouir par l’éciat d’une vic-toire qu’un remporte facilement, ni lapousser trop loin. Il faut sentir la vanitédc ces principes,& n’en pas faire dépen-dre les vérités solides du christianisme;autrement on tombe dans deux fautessensibles.

En effet, le juif converti par desargumens cabalistiques, ne peut pasavoir une véritable foi. Elle chancelle-ra dès le moment que 1s raison luidécouvrira la vanité de cet art; & soitchristianisme , s’il n’est tiré que du fondde la cabale, tombera avec la bonneopinion qu’il avoit de fa science. Quandinéme l’illnfiou dorcroit jusqu’à la mort,en servit -on plus avancé? Gn Feroitentrer dans régisse chrétienne un hom-me dont la foi n’est appuyée que furdes roseaux. Une connoifl'ance si peusolide peut-elle produire de véritablesvertus? Mais, de plus , le prosélyte,dégagé des préjugés de sa nation, & del’autorité de les maîtres,& de leur scien-ce, perdra peu-à-peu l’estime qu’il avoitpour elle. 11 commencera à douter : onne le ramènera pas aisément, parce qu’ilse défiera de ses maîtres qui ont com-mencé par la fraude ; & s’il ne rentrepas dansle judaïsme par intérêt, il de-meurera chrétien sans religion & fanspiété. (6J

Voilà bien des chimères: mais l’hss-toire de la philosophie, c’est - à- diredes extravagances d’un grand nombrede favans, entre dans le plan de no-tre ouvrage ; & nous croyons que cepeut être pour les philosophes mêmeun spectacle assez curieux & assez in-téressant, que celui des rêveries deleurs semblables. On peut dire qu’iln’y a point de folies qui n’aîent passépar la tête des hommes, & même dessages ; & Dieu merci, nous ne-sommespas faus doute encore aa heut. Ces