Band 
Tome V. BI - CALZ.
Seite
651
JPEG-Download
 

CAB

cahalistes qui découvent tant de mystè-res en transposant des lettres ; cettelumière qui fort du crâne du grandLopin; la flamme bleue que les brack-vtauesíe cherchent au bout du nez; lalumière du Tabord que les ombilicauxcroyoient voir à leur nombril ; toutesces visions font à peu près fur la mêmeligne ; & après avoir lu cet article & plu-sieurs autres , on pourra dire ce vers desPlaideurs :

jQite de fous ! je ne fus jamais à tellefête. (O)

Cabale, f. f. Polie. SpeBacles. Onappelle ainsi une efyece de milice, queles amis ou les ennemis d'un poète , quidonne une picce de théâtre, vont leverdans les carrefours St dans les cafés dePal is, quelquefois même dans le monde,pour fe répandre dans le parterre & dansles loges, & pour blâmer ou applaudir,migré de celui qui Passemble. On peutjuger des lumières d’un siécle, par leplus ou le moins d’afcendant que la caba-le , amie ou ennemie, a pris fur l’opi-nion publique,par f espace de teins qu’el-îe a soutenu de mauvais ouvrages, o»qu’elle en a déprimé de bons.

Le chef d’une cabale amie est com-munément un connoisseur , un amateur,qui veut être important, & n’eit sou-vent que ridicule. Le chef de la ca-lais ennemie est presque toujours unenvieux, lâche & bas, mais ardent, &douéd’une éloquence populaire; il par-le avec facilité ; il prononce; il déci-de ; il tranche ; il annonce avec impu-dence qu’il connoît ce qu’il n’a pointvu ; ou s’il ne peut médire de Pouvra-ge , il déclame contre fauteur, l’accused’orgueil, d’insolence , St le peint quel-quefois des plus noires couleurs, afinde le rendre odieux. J’ai oui parler dansma jeunesse d’une scene qui peut don-ner l’idée de cette espece de liqueurs.Dans vn café que les gens de lettresfréquentoient alors , un de ces chefsde cabale se déchaínoit contre le jeunepoète dont on alloit jouer la piece :l'un <le ceux qui l’écoutoient lui deman-da s’il connoissoit ce jeune homme: as-surément , dit-il, je le commis, &jeBfintércssois à lui; mais fa présomption

CAB 65 t

opiniâtre me l’a fait abandonner : lapiece qu’il donne aujourd'hui, il mefa lue : ie lui ea ai montré les dé-fauts; mais il est si plein de lui-même,qu’il n’a rien voulu corriger : j'ai eutort, lui dit le jeune homme anquel ilrépondait : mais , Monsieur . ce » estpas assez de connoître les gens, il fautiesreconnoître.

Du reste, dans n n ficelé dont le goûtest formé , ces cabales si effrayantespour de jeunes poètes , ne leur Pontdu mal qu’un moment; jamais un houOuvrage n’y a succombe , & c'eís ceque doivent savoir ceux qui entrentdans la carrière, pour n'ctre pas décou-ragés.

La cabale en faveur des talens médio-cres ne leur est guere plus utile; el'eles soutient quelques jours, mais ils re-tombent avec elle ; & à la longue rienne peut empêcher f opinion publiqued’êtrc juste & de marquer à chaque cho-se le degré d’admiration , d'est!me ou demépris qui lui est dû. ( AI. Marmon-tel. )

CABALIG, Géogrnpkie, ville d’Asiedans le Turqucstan. Longitude 103. la-titud. 44.

CABALISTE , terme de Corum. usitéà Toulouse cíf dans tout le Languedoc.O'est un marchand qui ne fait pas le com-merce fous son nom , mais qui est inté-ressé dans le négoce d’un marchand enchef. (G)

CABALISTES . f. m. pi. Hflob-e,secte des Juifs qui fuit & pratique lacabale , qui interprète PEcriture selonles réglés de la cabale prise au secondsens que nous avons expliqué. VoyezCabale.

Les Juifs font partagés en deux sectesgénérales; lesKarsïtes , qui 11eveulentpas recevoir les traditions, ni le thal-uni d , mais le seul texte de PEcriture( Voyez K A E A I T E S ) ; & les Rabbi-nistes ou Thalmudistes, qui outre celareqoivent encore les traditions , & sui-vent le Thaimud. Voyez Rabbinxs-T E S.

Ceux-ci sont encore divisés en deuxpartis ; savoir, Rabbinijlessimples , quiexpliquent PEcriture selon le sens na-turel , par la grammaire , Histoire ,ou la tradition j & en çabiúìjles, qui