Band 
Tome V. BI - CALZ.
Seite
704
JPEG-Download
 

C A D

704 C A D

césures, &c. ce qui varie félonies dif-férentes elpeces de vers : & dans les lan-gues vivantes , la cadence résulte dunombre de syllabes qu’admet chaquevers, de la richesse, de la variété &de la disposition .des rimes. Foy. Har-monie.

,, Dans l'ancienne poésie , il y a,„ dit M. Rollin , deux sortes de ca-,, dences : l’une simple, commune, or-„ dinaire , qui rend les vers doux &„ coulons , qui écarte avec foin tout„ ce qui pourroit blesser l’oreille par„ un son rude & choquant ; & qui par55 le mélange de différons nombres & de,, différentes mesures, forme cette har-3, munie si agréable, qui régné univer-3, fellement dans tout le corps d’un33 poème.

„ Outre cela , continue-t-il, il y a deJ5 certaines cadences particulières, plus33 marquées, plus frappantes , & qui fe,, font plus sentir ; ces fortes de ca-3, dences forment une grande beauté3, dans la versification , & y répandent,3 beaucoup d’agrément, pourvu qu’el-33 les soient employées avec ménage-,3 ment & avec prudence, & qu’elles„ ne fe rencontrent pas trop souvent.„ Elles sauvent l’ennui que des caden-33 ces uniformes, & des chûtes réglées3, fur une même mesure ne manqueroit

3, pas de causer.Ainsi la poésie la-

„ tine a une liberté entiere de couper„ ses vers où elle veut, de varier ses„ césures & ses cadences à son choix , &33 tîe dérober attx oreilles délicates les3, chûtes uniformes produites par le dac-,3 tyle & le spondée, qui terminent les33 vers héroïques. „

licite ensuite un grand nombre d’e-xemples tous tirés de Virgile ; nous enrapporterons quelques-uns.

1°. Les grands mots placés 3 proposForment une cadence pleine & nombreu-se, fnr-tout quand il entre beaucoup despondées dans les vers:

LuBantes ventos pmpestatefquesenti-ras

hnperio premìt. iEneid. t.

Ainsi le vers fpondaïque a beaucoup degravité;

Confiitit , atque oculis Pbrygia ngitthiècircumspexit.

Un monosyllabe àlafin-du vers lui donnede la force :

H dr et pes peie denfufque vira uir.iEneid. x,

II y a des cadences suspendues propresà peindre les objets , telles que celle-ci :

Et frustra retinacula teniens ,Fertur equis auriga. Georg. i.

d'autres coupées , d’autres où les élì-fions font un très-bel effet. Les spon-dées multipliés sont propres à peindre 13tristesse :

ExtinBum nymphœ cruAcli funerè-Daphnim

Fichant. Eclog.

des dactyles att contraire, à marquer 19joie, le plaisir :

Sultanes satyrosimitabitur AlphejìhmiuEclog. v.

Pour exprimer la douceur, on choisit deamots où il n’enfcre presque que des voyel-les avec des consonnes douces & coulan-tes :

Devenere loc os lœtos U enuena ‘vires»Fortunatorum nemorum sedcfque bea*tus. iEneid VI.

La durée fe peint par des r r, ou d'au-tres consonnes dures redoublées :

Ergo aigri rastris terrain rìmuntiif ,Georg. ïll.

la légèreté par des dactyles :

Ergo ítbi clara deditfonittim tuba, fini*bus s mnes ,

Haïti mora , prostluertsuisíferìt œthe*ra tslamor.

iEneid. v.

t Si la pesanteur par des spondées ;

Mi