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tier, ne peuvent pas être assujettis auxmêmes obligations ; ce font autant desociétés particulières au milieu de la so-ciété générale ; ce n’est plus une mèmesociété, mais plusieurs, liées seulementpar une confédération , dans laquellechacun trouve son intérêt à rester, maisqu’elle préféré & qu'elle fait toujoursvaloir au préjudice de celui de tous.Aussi voit-on ces corps & ces provinceschercher fans cesse à s’affranchir deschartes publiques aux dépens des au-tres , & rejeter fur eux, fans scrupule ,ce qu’ils supportent de moins, en necontribuant pas dans la même propor-tion que tous les citoyens.
L’impôt territorial exclnd toutes cesdistinctions & tous ces privilèges , auísiinjustes que décourageans pour ceux quin’en jouissent point. Loin que ce soit làun obstacle pour son établissement, c’estun avantage de plus, qui n’en fait quemieux sentir la nécessité. La chose publi-que ta meilleure , dit Anacharsis , estcelle OÙ tout étant égal d’ailleurs entreleshabitans, la prééminence fe mesure àla vertu, & le rebut au vice.
Cette prééminence est la seule dont ilconvienne à la noblesse d’être jalouse;c’est en faisant le bien & par son utilitéqu’elle se distingue des autres, & nonpas en les surchargeant des besoinsqu’elle même occasionne, fans vouloir ycontribuer. II faut , suivant le comtede Boulainvilliers qu’011 ne soupçonnerapas d’avoir voulu affoiblir ses droits,qu’elle les fonde fur d’autres principesque la violence, la fierté, & l’exemp-tìon des tailles.
A Sparte, les rois & les magistrats sup-portaient les charges publiques en com-munauté avec tous les citoyens, & n’enétaient que plus respectés. II en est demême à Venise , où les nobles & le dogemême y font sujets. Amelot de la Houf-saye qui a écrit l'hjstoirc du gouverne-ment de cette ville , observe que les peu-ples en sont plus affectionnés à l'adminis-tration L à la noblesse ; ils ne refusentpoint de se soumettre à ce qu’ordonnentles chefs, parcs que ce qn’ils ordonnentest pour eux-mêmes comme pour les au-tres. Ils ne voyent point, ajoute cet his-torien , leurs tyrans dans ceux qui gou-vernent.
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Quoique la liberté & l'austcrité desmœurs fussent perdues à Rome sous lesempereurs, personne n’étoit dispensé destributs, les terres même du prince y con-tribuoient, & Dioclétien fe moque d’unfavori qui lui en demandoit l’exemp-tion.
Du tems de la république, la répartitionen étoit encore plus iêvere. La part descharges publiques étoit fixée à proportionde celle qu’011 avoit dans le gouverne-ment ; il arrivoit de-là, dit Montesquieu,qu’on souffroit la grandeur du tribut ícause de la grandeur du crédit, & qu’onse confoloit de l’obfeurité par la petitessedu tribut. Les pauvres ne payoient rien ,selon Tite-Live ; on croyoit qu’ils four-nissoient asseq à t’état en élevant leurs fa-milles. Si l’on calcule en effet ce qui doitleur en coûter de peines & de travauxpour amener leurs enfans jufqu’à l’âge oàils peuvent pourvoir eux-mêmes à leurfublittance , on trouvera qu’ils ont sup-porté une terrible contribution, lors-qu’ils sont parvenus au point de donnerà la société des citoyens utiles qui lapeuplent & qui l’enricbjssent par leurstravaux. Dans le rapport de leurs situa-tions , les plus riches ont bien moinsfourni à l’état, quelque fortes qu’aientété les charges qu’ils ont acquittées.
L’équité étoit dans k république R<hwaine ; le contraire est dans les gouver-nemens modernes, où les charges lonfcsupportées en raison inverse de la partqu’on y a, du crédit & des richesses qu’ony possede.
Mais le privilège d’exemption des tri-buts qu’avoit autrefois la noblesse dansces gouvernemens , ne sobfiste plus,parce que la cause en est détruite , &qu’il n’y reste aucun prétexte.
Cette exemption , qui même n’en étoitpas nne , n’avoìt lieu que parce que lesnobles étaient chargés de tout le servicede l’état ; ils le défendoient, le gouver-noient, & ádministroient la justice àleurs frais. II étoit juste alors qu’ils sus-sent dispensés des tributs que suppor-taient en échange ceux qui l’étoient detoutes ces charges.
II ne le seroit plus aujourd’hui que lanoblesse n’est tenue à aucune de ces obli-gations ; qu’au lieu de mener des troupesà la guerre, de les nourrir, de les entre-