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Le b®. 17, que quelques-uns ne regar-«lent que comme une variété , paroît êtrenéanmoins une véritable espece:ses feuil-les ressemblent à celles du houx.
La dix-huitieme est le chêne verd, furlequel on recueille le kermès ou graind’écarlate, qui n’est autre chose qu’nninsecte qui attaque cet arbre, qui est ha-bitant de la Provence &du Languedoc,où il est nommé avaux. II 11e s’éleve gue-re qu’à douze ou quatorze piés.
L’efpece 19. est un des végétauxque produisent la Caroline & la Virgi-nie ; elle s’éleve dans son pays natal à lahauteur de quarante piés ; fes feuilies ,d’un verd-obscur & d’une consistanceépaisse, sont entieres, ovales & termi-nées en lance: elles conservent leur ver-deur toute Tannée. Ses glands minces &alongés ont de petites csupes , ils fonttrès-doux. Les habitans les amassentpour les manger l’hiver : on en tire unehuile peu inférieure à celle d’amandesdouces ; le bois en est dur, grossier & ra-boteux.
La derniere espece est le liege : on enconnoît plusieurs variétés. Une à feuilleslarges, & une à feuilles étroites qui neperdent point leurs feuilles : il y en adeux autres variétés qui se dépouillenten automne. La premiere est la plus com-mune. Les feuilles demeurent fur l’ar-bre jufqu’att milieu de mai, alors ellestombent toutes, & l’arbre est presque nupendant quelque temps. Ses glands res-semblent beaucoup à ceux du chêne com-mun.
L’écorce extérieure de cette especede chêne est le liege. On l’enleve tousles huit ou dix ans, mais il reste uneécorce intérieure qui sustente le corpsligneux : tant s’en faut que l’écorce-jnentsoit nuisible à ces arbres , que ceuxqu’on n’y soumet pas , ne passent guerecinquante ou soixante airs, tandis queceux qui subissent cette opération, vi-vent cent cinquante ans & plus, sains& vigoureux. Le liege des jeunes ar-bres est poreux, L n’est pas de grandeutilité. Cependant il est nécessaire deï'enlever, lorfqu’ils font âgés de douzecu quinze ans. Au bout de huit ou dixans, il faut l’enlever de nouveau. Cetteseconde dépouille n’est pas encore de
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grand usage ; la troisième fois elle ferabonne , & deviendra toujours meilleureà mesure que l’arbre vieillira. Cet écor-cement se fait en juillet entre les deuxseves, avec un instrument semblable àcelui dont on fe sert pour écorcer lesormes.
Le chêne est le premier, le plus ap-parent , L le plus beau de tous les végé-taux qui croissent en Europe. Cet arbrenaturellement si renommé dans la hauteantiquité , si chéri des nations greque Siromaine chez lesquelles il étoit consa-cré au pere des dieux, si célébré par lessacrifices de plusieurs peuples, cet arbrequi a fait des prodiges, qui a rendu desoracles, qui a reçu tous les honneurs desmystères fabuleux , fut aussi le frivoleobjet de la vénération de nosperes, quifaussement dirigés par des druides trom-peurs, ne rendoient aucun culte que fousles auspices d» gui sacré: mais cs mêmearbre , considéré fous des vues plus fai-nes, ne fera plus à nos yeux qu'un sim-ple objet d’utilité ; il méritera à cet égardquelques éloges bien moins relevés, ilest vrai , mais beaucoup mieux fondés.
En effet, le chêne est le plus grand,le plus durable & le plus utile de tousles arbre* qui fe trouvent dans lesbois; il est généralement répandu dansles climats tempérés, ou il fait le fon-dement & la meilleure essence des plusbelles forêts. Cet arbre est fi universel-lement connu, qu’il n’a pas besoin dessecours équivoques de la botaniquemoderne pour fe faire distinguer; ils’annonce dans un âge fait, par unelongue tige, droite, & d’une grosseurproportionnée à fa hauteur, qui surpasseordinairement celle de tous les autresarbres. Sa feuille fe fait remarquer sur-tout par sa configuration particuiiere ;elle est oblongue, plus large à l'on ex-trémité , & découpée dans ses bords pardes sinuosités arrondies en-dehors & en-dedans , qui ne font constantes ni dansleur nombre , ni dans leur grandeur,ni dans leur position. Comme cet arbreest un peu lent à croître , il vit aussifort long-temps , & son bois est leplus durable de tous , lorfqu’il est em-ployé , fait à l’air, soit à l’abri, dans