Band 
Tome septieme. CHA - CHR.
Seite
634
JPEG-Download
 

634 C H E

Ja terre, ébmême dans l’eau, où on necompte fa durée que par un nombre desiécles. Le chêne , par rapport à la masse,au volume , à la Force, & à la durée deson bois r tient donc le premier rang par-mi les arbres forestiers: c’eft en esset lameilleure essence de bois qu’on puisseemployer pour des plantations de taillis& de futaie. Dans un terrain gras ilprend trois pies de tour en trente ans ; ilcroît plus vite alors, & il fait ses plus,grands progrès jusqu’à quarante ans.Comme i’exposition & la qualité du ter-rain décident principalement du succèsdes plantations, voici fur ce point essen-tiel des observations à l'égard du chêne.

Exposition. Tentiìn: Presque toutesles expositions,' tous les terrains con-viennent au chêne ; le fond des vallées,la pente des collines, la crête des monta-gnes , le terrain sec ou humide, la glaise,le limon, le sable , il s’établitpar-tout,mais il en résulte de grandes différen-ces dans son accroissement & dans laqualité de son bois. II se plaît & ilréussit le mieux dans les terres douces,limouneufes, profondes, & fertiles ; foubois alors est d’une belle venue, bienfranc , & plus traitable pour la fente& la menuiserie : il profite très - biendans les terres dures & fortes, qui ontdu fond , & même dans la glaise ; il ycroît lentement, à la vérité, mais lebois en est meilleur, bien plus solide& plus fort: il s’accommode aussi desterrains sablonneux, crétacés: ou grave-leux, pourvu qu’il y ait assez de pro-fondeur : il y croît beaucoup plus viteqne dans la glaise , & fou bois est pluscompacte & plus dur; mais il n’y devientni si gros ni fi grand. II ne craint point,les terres grasses & humides , où il croîtmême très-promptement ; mais c’est audésavantage du bois, qui étant trop ten-dre & cassant , n’a ni la force, ni la so-lidité requise pour la charpente ; il serompt par son propre poids lorsqu’il y estemployé. Si le chêne se trouve au con-traire fur les crêtes des montagnes, dansdes terres maigres, sèches ou pierreuse?,où i! croît lentement, s’éleve peu , &veut être coupé souvent; son buis alor?étant dur, pesant, noueux, on ne peut£uere remployer qu’en charpente, & à

C H E

d’autres ouvrages grossiers. Enfin cet ar-bre fe refuse rarement, & tout au plu?dans la glaise trop dure, dans les terresbasses & noyées d'eau, & dans les ter-rains si secs & si légers, fi pauvres &sisuperficiels, que les arbrisseaux les plusbas n’y peuvent croître; c’est même lameilleure indication fur laquelle onpuisse fe régler lorfqu’ou veut faite desplantations de chêne : en voici la direc-tion.

Plantations. Si nous en croyons lesmeilleurs auteurs anglois qui aient traitécette matière , Evelyn , Hougton, Lau-rence , Mortimer, & sur-tout M. Millerqui est entré dans un grand détail furce point, il faudra de grandes précau-tions, beaucoup de culture & bien dela dépense pour faire des plantations dechênes. Cependant, comme les Angloisfe font occupés avant nous de cettepartie de l’agriculture, parce qn’ils cn ontplutôt senti le besoin, & que M. Millera rassemblé dans la fìxicme édition deson dictionnaire, tout ce qui paroît yavoir du rapport, j’cn vais donner unprécis. Après avoir conseillé de bienenclorre le terrain par des haies pouren défendre l’entrée aux bestiaux, auxlievres & aux lapins, qui font les plusgrands destructeurs des jeunes planta-tions , fauteur anglois recommande depréparer la terre par trois ou quatrelabours, de la bien herser à chaquefois, & d’en ôter toutes les racines desmauvaises herbes; il dit que si le ter-rain était inculte , il seroit à proposd'y faire une récolte de légumes, avantque d’y semer le gland: qu’iì faut pré-férer celui qui a été recueilli sur les ar-bres les plus grands & les plus vigoureux,fur le fondement que les plants qui enproviennent profitent mieux , & qu’ondoit rejetter le gland qui a été pris fur lesarbres dontla tête estfort étendue, quoi quece soit celui quilevele mieux. On pour-ra semer le gland en automne ou au prin-temps, suivant notre auteur; le meil-leur parti sera de le semer auísi-tôt qu’ilsera mûr, pour éviter l’inconvénient derompre les germes en le mettant en terreau printemps, après savoir conservé dansdu fable. Pour les grandes plantations onfera avec la charrue des sillons de quatrepies de distance, dans lesquels on place-