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pas. J’appnyerai feulement du’ témoi-gnage de Bradley cette méthode aussisimple que facile , qui a réussi fous mesyeux: “ pour éviter, dit-il, !a dépensede sarcler les plantations, on eh a faitl’essai fur des glands qui avoient été se-més ; & les herbes, loin de faire aucunmal, ont défendu les jeunes chênes con-tre les grandes sécheresses, les grandesgelées, &c. „ Je citerai encore Ellis ,autre auteur anglois plus moderne, quiassure qu’il ne faut pas sarcler une plan-tation ou un semi de chênes. Ces au-teurs auroient pu dire déplus , que non-seulement on diminue la dépense par-là ,mais même que l’on accéléré f accroisse-ment , sur-tout dans les terrains dontnous venons de parler.
A tous égards, l'automne est la saisonla plus propre à semer le gland , mêmeauffi-tôtqti’i! est mûr; mais si [’onavoitdes raisons pour attendre le printemps,il faudrnit lui faire passer f hiver dans irhconservatoire rie ìa faqon qu'on l’a expli-que a u mot Châtaigne? ; & ensuite le se-mer aussi tôt que la saison pourra le per-mettre, sans attendre qu’il soit trop ger-mé ; ce qui seroit un grand inconvé-nient.
Le chêne peut aussi se multiplier debranches couchées qui ne font pas de sibeaux arbres que ceux venus de gland ;& par la greffé , fur les arbres de son e(-pece ; mais on ue se sert giiere de cesmoyens que polir se procurer des espe-ces curieuses & étrangères.
Transplantation. II y a quelques obser-vations à faire fur la transplantation decet arbre . qui ne gagne jamais à cetteopération; il y résiste mieux à deux ansqu’à tout autre âge , par rapport au longpivot qu'il a toujours, & qui ’,e prive or-dinairement de racines latérales: d’où ilfuit que quand on se propose d’eraployerle chêne e» avenues ou autres usagessemblables, il faut.avoir la précautionde la transplanter plusieurs fois aupara-vant, atin qu’il soit bien enraciné. Onne doit jamais l’ététer en le transplan-tant, c'eft tout ce qu’il craint le plus ,mais feulement retrancher ses principa-les branches : on ne doit même s’attendreensuite qu’à de petits progrès, & rare-ment à avoir de beaux arbres.
Usa£* du bois. Nul bois n’est d’un usage
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si génpral que celui du chêne; il est leplus recherché & le plus excellent pourla charpente des bâtimens, la construc-tion des navires; pour la structure desmoulins, des preffoirs ; pour la menui-serie , le charronage, le merrain ; pourdes treillages, des échalas, des cercles;pour du bardeau, des édifies, des lat-tes, & pour tous les ouvrages où il fautde la solidité, de la force, du volume,& de la durée; avantages particuliers aubois de chêne , qui l’cmporte à ces égardsfur tous les autres bois que nous avonsen Europe. Sa solidité répond de celle. de toutes les constructions dont il formele corps principal ; fa force le rend ca-pable de soutenir de pesans fardeauxdont la moitié feroit fléchir la plupartdes autres bois; son volume ne le cedeà nu! autre arbre, & sa durée va jusqu'àsix cents ans, fans altération, lorsqu’il està couvert des injures de l’air: la feulecondition que ce bois exige, est d’ètre. employé bien sec & foisonné, pour >'em-pêcher de se fendre , de se tourmenter,& de se décomposer ; précaution qui n’eftplus nécessaire , quand on veut le faireservir sons terre & dans l’eau en pilotis,où on estime qu’il dure quinze cents ans,& où il se pétrifie plus ordinairementqu’aucun autre bois. Quand on est forcécependant d'employer à l’air du boi*verd , fans avoir le temps de le faire rai-sonner , on peut y suppléer en faisanttremper ce bois dans de l’eau pendantquelque temsé Ellis en a vu une épreuvequ’il rapporte : " Un plancher qui avoitété fait de planches de chêne, qu’on avoitfait tremper dans l’eau d’un étang, setrouva fort sain au bout de quatorze ans,tandis qu’un autre plancher tout voifin ,fait de mêmes planches, mais qui ifa-voient pas été mises dans l’eau, étoitpourri aux cotés & aux extrémités desplanches. „ C’est aussi l’un des meilleursbois à brûler & à faire du charbon. Lesjeunes chênes brûlent L chauffentmieux , & font un charbon ardent & deduré; les vieux chênes noírciffentaufeu; &le charbon quis'en va par écail-les , rend peu de chaleur, & s’éteintbientôt : & les chênes pelards, c'est-à-dire, dont on a enlevé l’écorce fur pié,brûlent affez bien, mais rendent peu dechaleur.