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Tome septieme. CHA - CHR.
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§78 C H E

cn t compté pom- rien la vie d'autruì,rendoient les chemins très-dangereux.Hercule & Thésée n’avoient point encorepurgé leur pays de divers monstres quiJ’infeftoient. On étoit donc peu tenté devoyager ; chacun se tenoit dans le lieuoù il étoit né , uniquement occupé à cul-tiver l’héritage de ses peres. O11 labouroitla terre avec des bœufs; on ne connois-soitque l’âne pour bête de somme: cetanimal dur à la fatigue & facile à nour-rir , étoit alors autant en estime qu’il esten mépris aujourd’hui. On ne s’avifoitpoint de souhaiter une monture ou plushonorable ou meilleure, parceqiie cel-le-là luffisoit. Le luxe & la délicatessen'ayoient point fait à i’homme une infini-té de besoins imaginaires. Les besoins na-turels étoient les seuls que l’on fe mît enpeine de satisfaire , & le sentiment géné-ral étoit celui-là même qu’un de nospoètes a exprimé ft bien daus ces vers :

Heureux qui se nourrit du lait de sesbrebis ,

Jìt qui de leur toison voit filer ses habits,

Qui ne fait W autre mer que ía Marneou la Seine ,

Et croit que tout finit oii finit fort do-maine ì

Mais bientôt les mœurs changèrent,Lt d’autres mœurs amenerent d’autresplages.

Cinquante ans après le déluge deDeu-çsiion qui affligea la Grece du temps deMoïse , Clyménus , un des deseendansdTfercule Idéen, vint de Crete en Elide,y régna & donna le spectacle d'une coursedans Olympie. Endymion < fils d'jîîth-Jius , chafl'a Clyménus de l’Elide , s’em-para du trône, & proposa à ses proprese,issus le royaume pour prix dn mêmeexercice. Ces deux courses , comme lespremières , furent encore des courses àpied; mais quelque temps après, on-VÎt paroîrre en Grece un jeune hérosplein de courage & de vertu, e’étoitBel-Jçrophon. II trouva !e secret de dompterçç cheval, qui depuis a été si fameuxfousîe nom de Pégase', & ì! s’en servitutilement à combattre un monstre ter-rible , qui! tua enfin q coups de flèches.La fable dit que Minerve elle-mêmepvnit dompté le Pégase en lui mettantitr. mors z ct qui lit donner à í? dé elfe !e

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nom de Minerve-Ckalinitis , dn mot grecuìç , qui signifie un frein. II est aisérie vhir que cette fable ne signifie autrechose , sinon que Bellérophon , par sonadresse & sa dextérité, s’étoitrendu maî-tre dc ce fougueux animal.

Bellérophon , fils de Glaucus & petit-fils de Syfiphe , descendoitde Deucalionpar fix degrés de génération , & vivoitdu temps qu’Aod exerçoit la judicatureen Judée. On peut inférer de-là, quel’usage de monter à cheval ne commençaen Grece qnc l’an du monde î 6 ço , treizeà quatorze cents ins avant l'ere chrétien-ne. Nous disons en Grece ; car il est cer-tain qu’en Egypte on l'e servoit de che-i vaux long-temps auparavant. Le Pha-raon qui fut englouti dan,Ta mer Rougeen poursuivant les Israélites , traînoitaprès lui tine nombreuse cavalerie &beaucoup de chariots. Les Israélites, quiavoient fait un long séjour en Egypte, nepouvoient non plus ignorer l’&rtde tirerdu service d’un animal aussi utile que lecheval.

Nous ne nous arrêterons point à uneancienne tradition qui avoit cours enGrece, que Neptune disputant avec Mi-nerve à qui feroitaux hommes le présentle plus utile , frappa la terre de son tri-dent & en fit sortir un beau cheval, d’oùil prit le surnom de Hiffius ; surnomdont on pourroit rendre d’autres raisons.On chercheroit en vain un sens allégori-que dans cette fable. Quelques-uns pré-tendent que le cheval est le symbole dela navigation ; mais apparemment ilsignorent que Pamphus, poète plus ancienqn’Homere, dit Formellement que leshommes font redevables à Neptune ducheval, & de ces tours flottantes que nousappelions des vaisseaux. II distingue cesdeux choses, loin de les confondre & defaire l’unq îe symbole deTautre. SelonM. l’abbé Gédoyn, c’étoit en effet unecspece de tradition , que les Athéniensprenoient plaisir à débiter parce qu’elteftattoit leur vanité, L le vulgaire tou-jours crédule pou voit y ajouter foicomme à mille autres absurdités. Lespoètes, qui saisissent le merveilleux par-tout où ils le trouvent, n’ont pas man-que de faire honneur à Neptune de cecheval créé, pour ainsi dire, par lttípour It service de l’homme i