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«'influe en rien sur la prononciation,qui est le seul but de ['orthographe. Ellene doit que peindre h parole, qui est sonoriginal; elle ne doit point en doublerles traits ni lui en donner qu’il n’a pas,ni s’obstiner à le peindre à présent telqu’il étoit il y a plusieurs années.
Au reste les réflexions que je Fais icin’ent d’autre but que de tâcher de décou-vrir les sons de notre langue. Je necherche que le fait. O ailleurs je respectel'usage dans le temps même que j’en re-connois les écarts & la déraison, & jem’y conforme malgré la réflexion sage ducélébré prote de Poitiers & de M.Reìtaut,qui nous disent qu’i/ est toujours louableen fait d'orthographe de quitter une mau-vaise habitude pour en contraBer une meil-leure , c’est-à-dire, plus conforme auxlumières naturelles & au but de l’art.
Traité de t orthographe en forme de dic-tionnaire, édit. de 1739, page 42t. & IV.Édition corrigée par M. Restant, 1752,page 6 37.
Que si quelqu’un trouve qu’il y # de lacontrariété dans cette conduite, je luiréponds que tel est le procédé du genrehumain. Agissons-nous toujours confor-mément à nos lumières & à nos prin-cipes !
Aux quinze sons que notts venons deremarquer , on doit en ajouter encorequatre autres qui devroient avoir un ca-ractère particulier. Les Grecs n’auroientpas manqué de leur en donner un, commeils firent à Ve long, à l’o long, & auxlettres aspirées. Les quatre sons dont jeveux parler ici , font le ch qu’on nommeche, leg» qu’on nomme gne, le U ou Ilequi est un son mouillé fort, L le y qu’onnomme yé qui est un son mouillé foible.Figure. Nom. Exemples.
( Chapeau , chérir , chi-Ch , ch , che. \ cane , chose , chute ,
V chou , chemin , cheval.
ga , gne.
11 ne s’agit pasde ces deux lettres,quand elles gar-dent leur son pro-pre , comme dansgnomon , magnut ìil s’agit du sonmouillé qu’on leurdonne dans
Pays de Coca-gne.
Allema-gne.
Ma-gstanime,
I Champa-gne.
) Re-gne.lì-gne.
Injì-gne.Ma-gnifque.Avi-gnon. Qi-gnon,
LesEspagnols mar-quent ce son par un« surmonté d’unepetite ligne, qu’ilsappellent tilde ,
... s Montana, montagne.
\Esfana , Espagne.
11 , Ile mouille sert.
Nous devrions avoir auflì un caractèreparticulier destiné uniquement à mar-quer le son de l mouillé. Comme ce ca-ractère nous manque, notre orthographen'est pas uniforme dans la maniéré de dé-signer ce son ; tantôt nous l’indiquonspar un seul l, tantôt par deux U, quel-quefois par Ih. On doit seulement obser-ver que l mouillé est presque toujoursprécédé d’un i ; mais cet i n’estpas polircela la marque caractéristique du l mouil-lé, comme on le voit dans civil, Nil ,exil, fil, file, vil, vile, où le / n’eífcpoint mouillé, non-plus que dans Achille,pupille, tranquille, qu’on feroitmieuxdçn’écrire qu’avec un seul /.
II faut observer qu’en plusieurs mots »17 fe fait entendre dans la syllabe avantle son mouillé ; comme dans péris, 01»entend 17 , ensuite le son mouillé fé-ri-l.
II y a au contraire plusieurs mots oùt17 est muet, c’est-à-dire, qu’il n’y estpas entendu séparément du son mouillé;il est confondu avec ce son, 011 plutôt iln’y est point quoiqu’on l’écrive, ou il yest bien foible.
EXEMPLES où si est entendu,Pért.l. Babi-Ue.
Avri-l. Véti-Ue,
Ba-bil. Fréti-Ue.
Du mi-l. Chevi-ttt.
Un genti-l-homme. Fami-Ue.
Brísi-l, Çéii-tte.
Fi-tte. Sévi-tte,
EXEMPLES où fi est muet cois*fondu wvec le son. mouillé.
De Va-il, de l’ail. Ni sou ni ma-ille.Qu’il s'en tti-íle. Sans pare-Ule.Bou-ìU-on , bouillir, II ra-ille.
Boute-ìUe,
Berca-ìl,
Ema-il.
Eventa-il.
Qu'ìl fou-ìïïe.Qtt'il fa-iUe.
Le village dcjutti.Merve-iMe,
Le duc de SulU.
Le seu-il de la porte.Le somme-il, il som-•me-itte,
Sou-iUer.
Trava-il, trava-iUer.Qtt'il veu-iUe.
La ve-ille.
H .