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Tome neuvieme. CON - CRI.
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ter les couleurs changeantes de la gorgedes pigeons & de la queue des paons.

Après avoir donné une idée suffisantede la qualité &du nombre des couleurs,& après avoir indiqué la maniéré dontles anciens les employoient, ou fur latoile, nu fur la peau , ou fur le bois ,ou à fresque, ou eu détrempe, & com-ment ils Ics garantiffoient des injuresde l’air & de l’humidité par des vernis,nous devons ajouter fur cette matière,que comme l’on s’est apperqu depuisplusieurs années que toutes les peintu-res antiques, â fresque, ou en dé-trempe, que l’on avoit trouvées dansles tombeaux des blasons, de Ceílius,dans les ruines du palais de Tite , fisc.étoient péries en p-u d’années , & quecelles d’Hercnlane se dégradoient ; leroi de Naples a chargé le signor Mori-coni , Sicilien , officier d’nrtiileríe forthabile dans l’art de composer des ver-nis, d'en appliquer fur tous les tableauxque l’on a fait scier sur les murs d’Her-culane ; mais le vernis de M. Moriconia beaucoup endommagé le coloris destableaux.

On peut fur cette matière consulterle royale d'Italie , par M. de la Landfc :les Lettres fur Hcrculanc , par M. Sei-gneux de Correvon , imprimées à VVer-dun, en 1770, 2 vol. in. 12: & les Ob-servations périodiques fur la Physique,!Hìfiotre naturelle éf les beaux - arts ,aout 1756. On verra dans ce dernierouvrage que les anciens n’avoient pas,comme nous, !a cochenille & quantitéde couleurs que nous tirons de ì'Asie& de l’Amvriqne ; mais ils en avoientqui étoient équivalentes.

II nous relie à rapporter en peu de motsle jugement que MM. Couhin & Bel-licart ont porté du coloris des tableauxd’Herculane, dans le petit ouvrage quia pour tirer : Observations fur les anti-quités d'Herculane , in-ic. à Paris , 17;;.Ces MM. disent u qu’cn général le co-loris des figures humaines de ces pein-tures n’a ni finesse, ni beauté, ui va-riété; les grands clairs y font d’assezbonne couleur', mais les demï-teintes yfont depuis la tête jnsqu’au pié d’ungris jaunâtre ou olivâtre , fans agrémentni variété : le ronge domine dans lesombres dont le ton est noirâtre : les om-

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bres des draperies siir-tout n’ont pointde force ; mais la peinture à Fresque estsujette à cet inconvénient. Un autre dé-faut qu’on ponrroit également repro-cher à beaucoup de fresques, même desmeilleurs maîtres modernes de l’Italie,c’est que la couleur des ombres n’estpoint rompue, elle est la même que celledes lumières, fans avoir d’autre diffé-rence que ,1’avoir moins de blanc.

Les peintres d'Herculaue soudoient ra-rement leurs couleurs , ils peignoient parhachures. Les tableaux en général fontpeu finis, & peints à peu-près commenos décorations de théâtre; la maniéréen est alfez grande, & la touche fa-cile; mais elle indique plus de har-di elfe que dc savoir, &c. „ Les pein-tres Italiens, au contraire , regardentles tableaux d’Hercu'ane comme desmerveilles pour le coloris. On peut,fur la matière des couleurs , consulterles 3 Iémoires des académies des sciencesde France, d’Angleterre, &V. V His-toire de l'art , par M. J. Wìnckelmann ,2 vol. in- 8°. à Amsterdam , 1766. LaChymie métallurgique de 6el ier t. Fran-cij'eì Jmiìi pUtoris de pilíurà veterum,Roterodausi , in-fol, 1694, & \'article sui-vant. Nous finissons en observant qu’ilseroit à souhaiter que les nations s’ac-cordaffent à fixer par le moyen desverres colorés, Ics degrés de chaquecouleur ; alors notre postérité ponrroitjuger de ce que nous appelions saphirdu troisième degré, diamant verd , rose,limpide glace ', &c .marbre rouge du troi-sième degré, & c, ( V. A. Z.)

Les couleurs peuvent être considéréesen fait de peinture fous deux points devue différois: d’abord comme simplesmatériaux, dont la qualité physique in-flue considérablement fur feffet & la con-servation d’nn tableau ; & ensuite commeune simple lumière, qui parla variétéde ses modifications met le peintre enétat d’imiterles couleurs Ile chaque objetvisible.

Dans le premier point de vue !es cou-leurs font au tableau ce qúe le bois, lapierre & la chaux font au bâtiment. Ainsil’on dit d’une couleur qn’clle a plus onmoins ne corps, selon qu’il 1 n faut plusou moins pour produire un certain ef-fet. Dans ce sens les peintres disent