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Tome neuvieme. CON - CRI.
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étincelle que par la force ; niais ils nefaisoient pas attention à cette doublesensation simultanée, que l'on éprouvetoujours dans cette expérience , quelquefoiblemême que soit i’électricité , & quipar-ìàen fait, pour ainsi dire, le carac-tère.

L’expéricnce suivante forme 1111e nou-velle preuve en Faveur de l’explicationque nous venons de donner des causes ducoup foudroyant.

Que tout restant de même , on sup-pose la bouteille placée sur un guéridonde bois, & deux personnes ayant cha-cune une main posée dessus, toujoursdans la partie qui répond à celle oùl’eau se trouve intérieurement; si l’uneri’eiies tire une étincelle du conducteur,elles feront frappées tontes les deux enmême temps ; mais i’mie , celle qui toutà la fois touche la bouteille & tire i’é-tinceHe , recevra le coup foudroyant ; &l'autre, dont la main repose dessus, nefera frappée , quoiqu’assez vivement,que dans lc bras & le poignet de la mainqui touche à la bouteille. La raison enest sensible. Lorfqu'une des personnestire rétinceile du conducteur, le verrede la bouteille pompe le fluide électri-que de tous les corps qui touchent lespoints de la surface extérieure répon-dant à ceux que touche l'eau intérieu-rement: il doit donc nom feulement enpomper de la personne qui tire J’ctin-celle , & par-là lui Faire recevoir lc coupfoudroyant, mais encore de celle qui nefait que reposer fa main dessus, quoi-que cette personne ne participe aucune-ment ail reste de 1’expérieiice.

Avant d’aíler plus loin, il est à pro-pos de répondre à une difficulté quel'on pourroit nous faire. Selon vous,nous dira-ton, les secousses que l’onressent dans le coup foudroyant , font pro-duites par l’ontrée dp fluide électriqued'un coté , & par fa sortie de l’autre.Or ce fluide entrant par la main quitire l'étincelie, & sortant par celle quitjent ia bouteitie , il sembleroit que co*secousses devroient se faire sentir auxdeux mains, & cependant vous ditesque c’est aux poignets, aux coudes,&c. Comment cela fe fa st-il ? Le voici.Ce n’est pas tant feutrée ni la sortie dufluide électrique daus un corps , qui

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produit un esset ou une sensation , que,la.maniéré dont ce fluide entre ou sort.La raison en est que la transmission deréicctricité d’un corps à un autre quile touche immédiatement, se fait sanschoc, fans'étincelle , enfin fans aiiasin.effet apparent ; au lieu que fl elle lé faitd’un corps à un autre qui ne le touchepas, il y a toujours étincelle & choc.Ainsi, que l’on élestrife une chaîne defer non tendue , & dont les chaînons,soient à quelque distance les uns desautres, le passage de ['électricité de Tanà l’autre deviendra sensible par une étin-celle qui partira successivement de cha-cun d’eux ; niais si la chaîne est bientendue, en forte que tous les chaînonsfe touchent bien intimement, la trans-mission se fera d’un bout à l’autre dansun instant, & fans que l’on s’en apper-qoive. Appliquons ceci à ce qui fe passedans un homme qui fait l'cxpérience dttcoup foudroyant. Dans cet . homme letrouvent des articulations aux poignets,aux coudes , aux épaules , &c. Dan^ces parties la continuité n’est pas bienentiere ; elles ressemblent donc en quel,que faqon aux chaînons qui ne fe tou-chent pas immédiatement : il s’cnfcitdonc qu’il doit y avoir une espece dechoc lorsque l'électricité passe de l’une» l’autre , comme nous avons dit qu’onl’obferve. Cependant le doigt ne laissepas de ressentir une douleur, mais piu-tot d'nnc forte piquure brûlante, L sila main qui touche la bouteille ne res-sent rien ordinairement , c’est qne lefluide électrique se déchargeant partonslés pores, l’inipreíìion qu’elle fait esttrop foible pour être apperque. .Vousvous assurez que c’cn est là l'uniquecause , si au lieu d’sppuyer la main touteentiere fur une bouteille bien électrifée,vous ne la touchez que du bout desdoigts ; car vous y ressentirez une dou-leur très-vive en faisant l’expérience ,le fluide électrique Failant alors une im-pression fort sensible , parce qu’il ne fortque par le petit nombre des pores quilbnt au bout des doigts.

Xon-siuiemeut l’expéricnce qne nousavons rapportée plus haut, paroît con-firmer notre explication des effets dela bouteilìe de Leyde , mais encore laplupart de celles qne l’on peut faire avçcX x 3