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homme de la cour, sur-tout lorsque courti-san est adjectif ; car je ne prétends point,dans cet article, faire la satyre de ceuxque le devoir ou la nécessité appellent au-près de la personne du prince: il seroitdoncà souhaiter qu’on distinguât toujoursces deux mots; cependant Lissage estpeut-être excusable de les confondrequelquefois, parce que souvent la' na-ture les confond; mais quelques exem-ples prouvent qu’on peut à la rigueurêtre homme de la cour faus être courti-san ; témoin M. de Montaufier qui dési-rait fi fort de ressembler ail misanthropede Molière & qui en effet lui reffembloitassez. Au reste, il est encore plus aiséd’être misanthrope à la cour,quand on n’vest pas courtisan, que d’y être simplementspectateur & philosophe; la misanthropieest même quelquefois un moyen d’y réus-sir, mais la philofophieyeft presque tou-jours déplacée & mal à l'on aise. Aristotefinit- par être mécontent d’Alexandre.Platon, à la cour de Denis, fe repro-chait d’avoir été essuyer dans fa vieillesseles caprices d’un jeune tyran , & Dioge-ne reprochait à Aristippe de porter l’ha-bit de courtisan fous le manteau de philo-sophe. En vain ce même Aristippe, quise prosternait aux piés de Denis, parcequ’il avoit, disait - il, les oreilles auxpiés, cherchait à s’excufer d’habiter lacour, en diíánt que les philosophes doi-vent y aller plus qu’ailleurs, comme lesmédecins vont principalement chez lesmalades: on anroit pn lui répondre-queqtiand les maladies font incurables & con-tagieuses, le médecin qui entreprend deles guérir ne fait que slexposerà les ga-gner lui-même. Néanmoins (car nousjie -voulons rien outrer!) il faut peut-êtrequ’il y ait à ia cour des philosophes,comme il faut qu’il y ait dans la républi-que des lettres ries professeurs en Arabe’'pour y enseigoer gne langue que presque:personne n’étudie , & qu'ils sont eux-inêmes en danger d'oublier s’ils ne fe larappellent fans cesse par un fréquent exer-cice. ■ ( O)
. COURTISANE , -f, f.-Morale-, on ap-pelle ainsi une femme livrée à la débau-che publique , sur-tout lorsqu'elle exer-cé, ce métier honteux avec une sorte d’a-grément & de décence , & qu’elle saitdgiraer au libertinage l’aítrait que la
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prostitution lui ôte presque toujours.Les courtisanes semblent avoir été pusen honneur clicz les Romains que par-mi nous, & chez les Grecs que chezles Romains. Tout le monde connoît lesdeux Afpasies, dont l'une donnoit desleçons de politique & d’élnquence à Sn-crate même; Pbryné, qui fit rebâtir àses dépens la ville de Thebes détruitepar Alexandre , & dont les débauchesservirent ainsi en quelque maniéré à ré-parer le mal fait par le conquérant ;Lais qui tourna la tête à tant de philo-sophes , à Diogene même qn’elle renditheureux, à Aristippe, qui disoit d’elle,je poJseAe Lais , mais Luis ne me fojseiepas (grande leçon polir tout homme sa-ge) ; enfin la célébré Léontium , quiécrivit sur la philosophie & qui fut aiméed’Epicure & de ses disciples. Notre fa-meuse Ninon Lenclos peut être regar-dée comme la Leontium moderne ; maisesse n’a pas eu beaucoup de semblables,& rien n’est plus rare parmi »o»s queles courtisanes philosophes, si ce n’estpas même profaner ce dernier nom quede le joindre au premier. Nous ne nousétendrons pas beaucoup fur cet article ,dans un ouvrage aussi grave que celui-ci.Nous croyons devoir dire feulement',indépendamment des lumières de la re-ligion, & en nous bornant au pur mo-ral , que la passion pour les courtisanes: énerve également l’ame & le corps , &qu’elle porte les plus Funestes atteintesà la fortune , à la santé , au repos & aubonheur. Òn peut fc rappelles à cetteoccasion le mot de Démofthene , je n'a-■chctc pas Jì cher un repentir, & celui del’Empereur Adrien, à qui l’on demandoit-pourquoi l’on peint Vénus nue : il répon-dit, quia nttios Aimittit.
Mais les femmes fausses & coquettesne font - elles pas plus méprisable» en•un sens , & plus dangereuses encorepolir- le cœur & pour l’efptit, que ne lefont les courfisanesl C’est une question'que nous laisserons à décider.
Un célébré philosophe de nos joursexamine dans .son histoire naturelle,pourquoi l’amour fait le bonheur detous les êtres, & le malheur de !’hom-me. 11 répond que c’est qu’il n'y a danscette passion que le physique de hou ,& que le moral, c’eít - à - dire, le son-