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Tome XIV. FERM - FORL.
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'Horace, dans la peinture des mœurs,laisse le choix ou de suivre l’opinion , ouíVobl'erver les convenances ; mais le der-nier parti a cet avantage fur le premier,que dans tous les temps les convenan-ces suffisent à la persuasion & à Titvtérêt.Onn’a besoin de recourir ni aux mœu-rsni aux préjugés du siecle d’Homere,pourFonder les caractères d’Ulysse & d’Achil-k : le premier est dissimulé , le poète luidomie pour vertu la prudence : le secondest colère, il lui donne la valeur. Lesconvenances sont invariables comme lesessences des choses, an lieu que l’auto-rité de l’opinion tombe avec elle: toutce qui est faux est.passager : Terreur elle-mème méprise Terreur : sa vérité seule,cu ce qui lui ressemble , est de tous lespays & de tous les siécles.

LnfiíHon doit donc être la peinture dela vérité, mais de la vérité embellie, ani-mée par le choix & le mélange des cou-leurs qu’elle puise dans la nature. II n’ya point de tableau si parfait dans la dispo-sition naturelle des choses, auquel l’i-■magination n’ait encore à retoucher. Lanature dans ses opérations ne pense àrien moins qu’à être pittoresque. Ici elleétend des plaines , où l’œil demande des•collines; là elleresserre Thorizon par desmontagnes, où Tœil aimeroit à s’égarerdans le lointain- II en est du moral com-me du physique. L’histoirea peu de su-jets que la poésie ne soit obligée de cor-riger & d’emhellir pour les rendre inté-ressans. C’est donc au peintre à composerdes productions & des accidens de la na-ture un mélange plus vivant, plus varié,plus touchant que ses modèles. Et quelest le mérite de les copier servilement ?Combien ces copies font froides & mono-tones, auprès des compositions hardiesdu génie en liberté ? Pour voir le mondetel qu’il est, nous n’avons qu’à le voir enlui-même; c’est lin inonde nouveau qu’ondemande aux arts ; un monde tel qu’ildevroit être, s’ii n’étoit fait </ue pournos plaisirs. C’est donc à Tartifte â semettre à la place de la nature, L à dispo-ser les choses suivant i’espcce d’émotionqu’il a dessein de nous causer, commela nature les eût disposées elie-même, sielle avoir eu pour premier objet de nousdonner un spectacle riant, gracieux , òupathétique.

.Ou a prétendu que .ee genre àefiâiou

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n’arvoit point de réglé sure, par la raisonque l’idée du beau , soit en morale , soiten physique , ifétoit ui absolue ni inva-riable. Quoiqn’i! en sait de la beautéphysique, sur laquelle du moins les no-tions éclairées & polies font d’accord de-puis trois mille ans, !a beauté morale estla mêmceliez tons les peuples de la ter-re. Les Européens ont trouvé une égalevénération pour la justice, la générosité,la-eonstsnce; une égale horreur pour lacruauté, la lâcheté, la trahison, chezles sauvages du nouveau inonde, quechez les peuples les plus vertueux.

Le mot du cacique Guatimofin, Umoi, suis-jeJur un lit de roses ? suroît étébeau dans l’ancienne Rome ; & la répon-se de T n n des proscrits de Néron an lic-teur, sitinam tu tam fortiter sérias , au—roit été admirée dans la cour de Monté-suma.

Mais plus Tidée & le sentiment de Ubelle nature sont déterminés & unani-mes, moins le choix en est arbitraire, &pins par conséquent ('imitation en estdifficile , & la comparaison dangereusedu modelé à Limitation. C'est-là ce quirend si glissante la carrière du génie dansXzfiííion qui s’éleve an parfait; c’est suri-tout dans la partie morale que nos idéesse font étendues. Nous ne parlonspoint de cette anatomie subtile qui re-cherche, s’il est permis de s'exprimerainsi, jusqu’aux fibres les plus déliéesde l'ame : nous parlons de ces idéesgrandes & justes, qui embrassent le sys-tème des passions, des vices & des ver-tus,dans leurs rapports les plus éloignés.Jamais le coloris, le dessin, les nuan-ces d’un caractere;jamais le contraste dessentimens & le combat des intérêts n’ontendos juges plus éclairés ni pins rigou-reux; jamais par conséquent on n'a eubesoin de plus de talens & d’étude pourréussir, aux yeux de son ficelé , dans lafiction morale en beau. Mais en mêmetemps que les idées des juges se fontépurées, étendues, élevées, le goût &les lumières des peintres ont dû s’tpu-rer, s'élever & s’étendre. Homere seroitmal reçu aujourd’hui à nous peindre linsage comme Nestor; mais aussi ne le pein-droit-il pas de même. On volt l’cxempledes progrès de la poésie philosophiquedans les tragédies de M. de Voltaire. Lesprémices maîtres du théâtre íembloiatç

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