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Tome XIV. FERM - FORL.
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car les fiefs liges n’ayant commencé àêtre connus que bien avant dans le xijesiecle, comjne on le prouvera dans unmoment, i! est aisé de connoître par lesauteurs de ce temps, que leur langage«’étoit point thiois.

Quelques-uns ont encore voulu tirerle mot %edu grec èaíxo-yoc, à quoi il n’ya aucune apparence , la langue grecquen’étant pas alors assez familière pour entirer cette dénomination.

S. Antonin, fous l’an 1224, écrivantla maniéré dont 8. Jean d’Angely se ren-dit à Louis VIII, dit que l’abbé & lesbourgeois rendirent la ville au roi, eili-eaw exhibentes fidelitatem. Le jésuiteMaturus explique ce mot ligit par obfe-quiwn : mais S. Antonin qui vivoít jus-qu 'su milieu d u xve liecle , n’a parlé quesur la foi de Vincent de Beativais, en sonmiroir historial, ou fous Lan 1224; il diten parlant d» même fait, legitimam fa-cìentes eìfidelitatem ; ainsi ouïe texte aété corrompu , on c'est une abréviationqui a été ma! rendue.

Parmi tant d’opinions controverfées,la premiere qui fait venir le mot lige àiigando , parait la plus naturelle.

Pour ce qui est de l’origíne des fiefsliges, ou du moins du temps où ils ontcommencé à être qualifiés du surnomde liges, l’époque n’en remonte guereplus haut que dans le xije ficelé, versPan 1130.

En effet, il n’en est fait aucune men-tion dans les monnmens qui trous restentdu temps des deux premieres races denos rois, tels que la loi falique, les for-wmles deMsrculphe, & celles des au-teurs anonymes ; ni dans les ouvragesde Grégoire de Tours, Frédégaire , Ni-tard , Tbegan , Frodoard, Aymoin, Flo-doard; ni même dans les capitulasses deCharlemngne, de Louis le Débonnaire &de Charles le Chauve, quoique les usa-ges des fiefs, tant simples que de dignité,qui se pratiquoient alors en France , &les devoirs réciproques des seigneurs &des vassaux, y soient assez détaillés.

On ne voit même point que les termesde lige , ligence & ligeité , fussent encoreusités fous les quatre premiers rois de latroisième race , dont le dernier, qui futPhilippe I, mourut en 1108.

Fulbert, chancelier de France, élevéà.l’évíché de Chartres en 1007, & que

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l’on a regardé comme un homme consom-mé dans la jurisprudence féodale de sonsiecle , ne parle point des fiefs liges dansles épîtres, quoique dans plusieurs il trai-te des fiefs, & notamment dans la 101 e .qui comprend en abrégé les devoirs réci-proques du vassal & du seigneur.

Les fragmeos des auteurs qui ont écritfous Henri I & fous Philippe I, n’en di-sent pas davantage, non plus que Yves,évêque de Chartres fous Philippe I &sous Louis le Gros.Sugger, abbé deSaint-Denis , n’en dit rien dans la vie de Louisle Gros, ni dans ies mémoires qu’il a lais-sés des choies les plus importantes quife fout passées de fou temps, quoiqu’il ydonne plusieurs éclairciilemens fur lesusages des fiefs.

On trouve dans le livre des fiefs unchapitre exprès defeudoligio} mais il estessentiel d’obferver que ce chapitre n’c-stpoint de Gérard le Noir, ni de Ohertus deRorto. Ces deux jurisconsultes, qui vi-voient vers le milieu du xije siecle , 11efont auteurs que des trois premiers li-vres des fiefs, dans lesquels iin’est nendit du fief lige.

Le chapitre dont on vient de parler,fait partie du quatrième livre, dans le-quel on a ramassé les écrits de plusieursfendisses anonymes; L par les constitu-tions qui y font citées de Frédéric I, ditBarbcronje , qui tintl’empire jufqu’en1190,il paroît que ces auteurs ne peuventêtre au plutôt que de la fin du xije siecle,ou du commencement du xiije; auffi Du-molin fur Paneienne coutume de Paris,§. 1, gl. 5 , n. 12, dit que ce mot ligeeílbêrbariusfeudo-, qu’il étoit encore incon-nu du temps des livres des fiefs, & qu’ilfut ensuite introduit pour exprimerqu’on fe rendoit homme d’un autre.

II y a lieu de croire que la dénomina-tion &i les devoirs da fief lige furent in-troduits d’abord en France j que ce futfous le régné de Louis VI, dit le Gros,lequel régna depuis l’an 110S juí'qu’enii 37-

Ce prince fut obligé de réprimer l’in-folence des principaux vassauxdela cou-ronne , lesquels refufoient absolumentde lui faire hommage de leurs terres; ous’ils lui prétoient serment de fidélité , Ufe mcitoient peu en pcinedel’enfreindre,s’imaginant être'libres de s’en départir,selon que leurs intérêts particuliers 0*