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épaules. Cette troupe íie gens étoit précé-dée de plusieurs prêtres , montrant tousl’exemple d’une flagellation qui n’étoitque trop bien imitée.
Cependant la fougue de ce zele insenséeommenqoit à tomber entierement,quandla peste qui parut en 1348 , & qui em-porta une prodigieuse quantité de person-nes, réveilla la piété, & fit renaître avecviolence le fanatisme des flagellons , quipour lors p a si a de la folie juí'qu’au bri-gandage , & se répandit dans presquetoute l’Europe. Ceux-ci faisoìent profes-sion de se fouetter deux fois le jour &une fois chaque nuit; après quoi ils seprosternoient en terre en forme de croix,& crioient miséricorde. Ils prétendoientque leurs flagellations uniQToient si bienleur sang à celui de Jésus-Christ , qu’aubout de 34 jours ils gagnoient le pardonde tous leurs péchés , fans qu’ils eussentbesoin de bonnes œuvres, ni de Rappro-cher des sacrentens. Ils se porterent enfinà exciter des séditions, des meurtres &des pillages.
Le roi Philippe de Valois empêcha cet-te secte de s’établir en France ; Gersonécrivit contre, & ClémentVI défenditexpressément toutes flagellations publi-ques ; en un mot, les princes par leursédits, & les prélats par leurs censures,tâchèrent de réprimer cette dangereuse &criminelle manie. V. Sigonius,!. XIX,de regno ifn/. Sponde, annal, ecclése (l. C.1 s6o, 1349 ; le continuateur de Guillau-me de Naugis, £fc.
Tout le monde connoît auffi l’histoirelatine des flagellans, historia Flagellan-tium , imprimée à Paris en 1700 & com-posée par Jacques Boileau , chanoine dela Sainte Chapelle , mort en 1716. Si cedocteur de Sorhonne ne s’étoit attachéqu’à condamner la secte des flagellons , &même à justifier que Tissage de la disci-pline particulière s’est établi dans le xi.siecle, ou du moins qu’eile n’étoit pasconnue dans les siécles antérieurs,excep-té pour punir les moines qui avoient pé-ché , on pourroit embrasser ou défendreson opinion ; mais on doit justement blâ-mer les descriptions trop libres seméesdans son ouvrage , qui ne convenoientpoint à son caractère , Sc qui ne peuventproduire aucun bon effet.
Au reste on voit encore en Italie , àAvignon , & dans plusieurs lieux de la
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Provence, des ordres de'pénítens quisontobligés parleurs instituts de fe fouelteïen public ou en particulier, & qui croienthonorer ìa divinité en exerçant fur eux-mêmes urre forte de barbarie ; fanatismepareil à celui de quelques prêtres parmiles Gentils , qui fe déchiraient le corpspour fe rendre les dieux favorables. Ilfaut espérer que l’esprit de philosophie &déraison qui régné dans ce siecle, pourracontribuer à détruire les restes d'une tris-te manie, qui loin d’êtreagréable à Dieu,fait injure à sa bonté, à sa sagesse , à tou-tes ses perfections, & déshonore Thuma-nité.
* FLAGELLATION , f. f. Hist. cmc. .punition parle Fouet. Elle fut en usagechez les Juifs.On l’eneouroit facilement,elle ne déshonorait pas. On la subissaitdans la synagogue. Le pénitent étoit atta-ché à un pilier, les épaules nues. La loiordonnoit quarante coups,que Ton rédui»soit à treize coups d’un fouet à trois cour-roies. Le pénitent étoit censé recevoirtrois coups à la fois, & on lui faisoitgrs-ce du quarantième coup, ou du quator-zième. On aimoit mieux qifil eût uncoup de moins que deux coups de trop.II falloit à cette efpeoe de discipline laprésence de trois juges : l'un lisoit lesparoles de la loi; le second comptoiílescoups ; le troisième encourageoit l’exéca-teur , qui étoit communément le prêtrede la semaine.
La flagellation fut auffi commune chezles Grecs & les Romains. C’étoït un sup-plice plus cruel que la Fustigation. Onflagellait d’abord ceux qui dévoient êtrecrucifiés ; mais on ne crucifioit pas tousceux qui étalent flagellés. O11 attachoitàune colonne dans les palais de la justice,ou Ton promenoit dans les cirques , lespatiens qui étoient condamnés à la flagel-lation. II étoit plus honteux d’être flagelléque battu de verges. Les Fouets étoientquelquefois armés d’os de piés de mou-ton : alors le patient expiroit íommuné-ment fous les coups. On appelloit cesfouets, flagella talaria.
FLAGELLATION,/fi/?. eccl. U Philos.,peine du fouet ou de la discipline que fedonnent on que se donnoient autrefoisdes pénitens. V. DISCIPLINE fif Fla-GELLANS.
On trouve dès Tan Ç08 la flagellationétablie comme peine contre les reiigieu-