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Antiochus, au rapport ris Tite-Lîve(.liv. XLIX , ch. Ixiv U lw ) s’étantégaré dans les bois, passa la nuit chez nupaysan ; & lui ayant demandé ce qu’ondisoitdn roi, le paysan lui répondit , “que c’étoit un bon prince, mais qu'il sefioit trop à ses Favoris, & que la passionde la chasse lui Faisoit souvent négligerdes choses très-essentielles Le lende-main tontes les personnes de la fuited’Antiochusleretrouverent, & sabordè-rent avec les témoignages du zele le plusvif, &du respect le plus empressé. Alorsreprenant fa pourpre & son diadème : „depuis la premiers Fois , leur dit-il , queje vous ai quittés,on ne m’a parlé qn’hiersincèrement fur moi-même On croirabien qu’il le sentoit ; & peut-être n’y a-t-il eu qu'ttn Sully dans le monde quiait osé dire à son maître la vérité, lots.qu’il importoit à Henri IV de la connoi-tre.
La flatterie se trouvera toujours venirdes inférieurs aux supérieurs : ce n’estqu’avec Légalité, & avec la liberté, sour-ce de Légalité , qu'eile ne peut subsister.La dépendance La fait naître : les captifsl’emploient pour leurs geôliers , commeles sujets pour leurs souverains, dit uneFemme d’esprit dans les mémoires de favie si bien écrits par elle-même, & misau jour en 17;;. Mémoires de madamede Staal, Paris , q vol. ìn- 8°.
Les esclaves,dit Démosthene,Ies lâchesflatteurs ,voilà ceux qui ont vendu à Phi-lippe notre liberté & qui la vendent en-core maintenant à Alexandre; ce font euxqui ont détruit parmi nous cette réglé, oùles anciens Grecs faifoient consister touteleur félicité, de ne point connoître de su-périeur , de ne souffrir point de maître.ûrat. de coroná. Aussi Ladulation prend-elle fou accroissement & ses forces, àproportion de la dépendance & de la ser-vitude : aiulationì feedum crimen fervi-tutisìnejì. Les Samiens ordonnèrent parun décret public , que les fêtes qu’il s cé-lébroient en l’honneur de Junon , & quiportoient le nom de cette déesse, seroientappellées les fêtes de Lyfandre. Adrienayant perdu son mignon Antinous, désiraqu’on lui bâtit des temples & des autels;ce qui fut exécuté avec tout le dévoue-ment qu’on ponvoit attendre d’une na-tion accoutumée depuis long-temps auxplus honteuses bassesses.
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Fnfin la flatterie monte I son demiespériode sous les tyrans , quand la libertéest perdue; & avee la perte de la libertécelle de la honte & de Lhonneur. Tacitepeint énergiquement les malheurs de fapatrie, lorsque parlant deSéjan, qui dansson administration avoit été la principaleidole des Romains,il mit ces paroles dansla bouche de Térentius : “ Nous avonsadoré les esclaves qu’il avoit affranchis ,nous avons vendu nos éloges à ses valets,& nous avons regardé comme un hon-neur de parler à ses concierges
On fait le trait de flatterie impudente,& si l’on veut ingénieuse, de Vitellius àCaligula. Ce Vitellius étoit un de cescourtisans, quibus principum bonefta atijueìnhonefla laudaremos ejl , qui louent éga-lement tontes les actions de leurs prin-ces, bonnes ou mauvaises. Caligula ayantmis dans fa tête d'être adoré.comme undieu.quoiqu’il ne fûtqu’un monstre,pen-sa qu'il lui étoit permis de débaucher lesfemmes du premier rang, comme il avoitfait ses propres sœurs. “Parlez Vitellius,lui dit un jour , ne m’avtZ-vous pas vuembrasser Diane ? C’eft un mystère , ré-pondit le gouverneur de Syrie ; il n’y*qu'un dieu tel que votre majesté quipuisse te révéler
Les flatteurs infâmes allerent encoreplus loin fous le régné de Néron, que lesVitellius fous celui de Caligula : ils de-vinrent alors des calomniateurs assidus ,cruels & sanguinaires. Les crimes dontils chargèrent le vertueuxThraféaPétus,étoientde n’avoir point applaudi Néron,ni encouragé les autres à lui applaudir}de n’avoir pas reconnu Poppée pour unedéesse , de n'avoir jamais voulu condam-ner à mort lesanteurs de quelques versfatyriques contre Lempereur , non qu’ilapprouvât de telles gens & leurs libelles,ajonterent ces délateur- , mais parce qu’ilappuyoit son avis de ce qu’il lui fembloitqu’on ne pou voit pas fans une efpece decruauté , punir capitalement une fautecontre laquelle les loix avoient prononcedes châtimens plus modérés. Si Néron eûtrégné dans le goût de Trajan, il auroitméprisé les libelles,comme les bons prin-ces ne soupçonnent point de fausseté lesjustes éloges qu’ils méritent, ils n’appré-hendent pas la satyre & la calomnie.“Quand je parle de votre humanité , devotre générosité, de votre clémence, & dt