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Tome XIV. FERM - FORL.
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vitesse ; elle doit par conséquent détruireles parties d u Fond les plus élevées , &Jes porter dans ies endroits plus bas , &sppiauir ainsi peu-à-peu le fond en le ren-dant plus horifontal. Plus l’eau aura devitesse, plus elle creusera son fond , &plus elle fe fera par conséquent un litprofond.

Quand l’eau da fleuve a rendu son litplus horizontal, elle commence alors acouler elle - même horizontalement, &par conséquent agit fur le fond de son litÏVCC moins de force, jufqu’à cc qu’à lafin fa force devienne égale à la résistancei!n fond. Alors le fond demeure dans unétat permanent , au moins pendant untemps considérable , & ce temps est plusou moins long selon la qualité du fol;car l'argille & la craie , par exemple , ré-sistent plus bng-tsmps que le fable & lelimon.

D’un autre côté , l’eau ronge conti-nuellement les bords de fou lit, & celaavee plus ou moins de force félon qu’elìeles frappe plus perpendiculairement. Parcet effort continuel , elle tend à rendreles bords de fou lit parallèles an. courant;& quand elle a produit cet effet autantqu’il est paisible , elle cesse alors de chan-ger U figure de Ces bords. En même temsque fou courant devient moins tortueux ,ion lit s’éiargit, c’est-à-dire , que lefleuve perd de fa profondeur , & par con-séquent de la force de fa preítion : ce quicontinue jufqu’à ce qu’il y ait équilibreentre la force de Peau & U résistance desbords ; pour lors \t fleuve ni les bords nechangent plus. tl est évident par l’expé-ricncc , qu'il y a réellement un tel équi-libre. puisque l’on trouve que la profon-deur L la largeur des rivières ne passepoint certaines bornes.

Le contraire de tout ce qu’on vient dedire peutaulsi quelquefois arriver. Lesfleuves dont les eaux font épaisses & li-momieufes, doivent déposer au fond deleur lit une partie des matières hétéro-gènes que ces eaux contiennent, & ren-dre par-là lear lit moins profond. Leursbords peuvent auísi fe rapprocher par ladépssition continuelle de ces mêmes ma-tières. Il peut marne arriver que ces ma-tières étant jettées loin du fil de l’eau ,entreles bord; & le courant, &. n’ayantpresque point de mouvement, sonnentpeu-à-peu un nouveau rivage.

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0r ces effets contraires & opposé»semblent presque toujours concourir , &fe combiner différemment ensemble , se.Ion les çirconstanfces , auísi est.il fort dif-ficile de juger de ce qui en doit résulter.II est cependant nécessaire de connoítrefort exactement de quelle maniéré ce*effets fe combinent, avant de faire aucimtravail qui tendent à produire quelquechangement dans une rivière, fur-toutlnrfqu’il s’agìt d’en détourner le cours.Le Lamone qui fe jette clans le Pô, ayantété détourné de son cours pour le fairedécharger dans la mer Adriatique , s étési fort dérangé par ce changement, & faforce si diminuée, que ses eaux abondoa-nées à elles-mêmes , ont prodigieuse-ment élevé leur lit par la déposition con-tinuelle de leur limon; de maniéré quecette rivière est devenue beaucoup plusliante que n’est le Pô dans le temps de faplus grande hauteur , & qu’il a fallu op-poser au Lamone , des levées & des di-gues très-hautes pour en empêcher ledébordement. Z 7 . Digue , Levée.

Un petit fleuve peut entrer dans uagrand , fans en augmenter la largeur nila profondeur. I.a raison de ce paradoxeest , que reddition des eaux du petitfleuve peut ne pioduired’autrc effet, quede mettre en mouvement les parties quiétoier.t auparavant en repos proche desbords du grand , & rendre ainsi la vitessedu courant plus grande, en même pro-portion que la quantité d’eau qui y passe.Ainsi le bras du Pô qu.i passe à Venise ,quoiqu'augmenté du bras de Jetrare &de celui du Panaro , ne reqoit point d’ac-croissement sensible dans aucune de sesdimensions. La même chose peut fe con-clure , proportion gardée, de tontes lesaugmentations que l’eau d’un fleuve peutrecevoir, soit par l’eau dlune riyier.e quis’y jette , soit de quelqu’autre maniéré.

Un fleuve qui se présente pour entrerdans un autre, soit perpendiculairement,soit même dans une direction opposée ancourant de celui où il entre , est détour-né petl-à-peu & par degrés d c cette direc-tion , & forcé de couler dans un lit nou-veau & plus favorable par l’uqion desdeux rivières.

L’union des deux rivières eu une doitles faire couler plus vite, par la raisonqu’au lieu du frottement de quatre riva-ges , il n’y a plus que le frottement d»